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  • Mérignac d’antan: L’Aéroport, histoire, développement et erreurs d’urbanisme

    Mérignac d’antan: L’Aéroport, histoire, développement et erreurs d’urbanisme

    Architecte et urbaniste, Michel Petuaud-Létang revient sur la naissance et le développement de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, une infrastructure déterminante pour l’économie locale, mais dont l’essor rapide a aussi généré des choix d’urbanisme aujourd’hui discutés.

    Un aérodrome né d’un terrain idéal

    L’implantation de l’aéroport à Mérignac n’est pas le fruit du hasard.

    « Il y a à Mérignac un terrain totalement plat, qui est le terrain de l’aérodrome », rappelle Michel Petuaud-Létang. Dès l’origine, ce site attire les pionniers de l’aviation, notamment « un Monsieur Issartier, passionné d’avions, qui avait créé un terrain d’aviation ».Rapidement, l’activité se structure autour de l’aéronautique.

    « Une aérogare s’est développée grâce à Dassault, grâce à la SOGERMA, pour l’entretien des appareils, avec de nombreux sous-traitants qui se sont installés autour. »

    Un véritable pôle industriel émerge alors au nord de l’aéroport, spécialisé dans les métiers de l’aéronautique.

    Un pôle stratégique, aux portes de l’international

    Dès les premières décennies, l’aéroport ouvre Bordeaux et Mérignac vers l’extérieur.

    « Il y avait des lignes qui partaient de Bordeaux sur le Maroc, sur l’Afrique, et sur Paris bien sûr. » L’agrandissement du site entraîne la création de l’avenue Kennedy et d’une nouvelle aérogare au sud des pistes, en lien avec la construction progressive de la rocade. Mérignac bénéficie alors d’un avantage décisif : « Les pistes sont beaucoup plus libres d’accès ici, ce qui n’est pas le cas à Toulouse. À Toulouse, on fabrique des avions, mais à Bordeaux, on les répare ou on les fabrique pour l’industriel et le militaire. »

    Une ville ouverte, mais confrontée à ses propres limites

    L’aéroport joue un rôle central dans l’ouverture internationale de la commune. « Mérignac a toujours été une ville ouverte vers l’étranger avec cet aéroport. »Sa configuration géographique y contribue :« Onze kilomètres de long sur quatre kilomètres de large, avec de l’air, de l’espace, et côté ouest, rien. Mais cette capacité d’extension a aussi généré des tensions.

    « On a laissé construire des habitations près des tracés d’envol ou d’atterrissage, et ça, c’est un urbanisme qui a été mal pensé. » À l’époque, reconnaît-il, « on n’avait pas cette notion de développement durable. On n’y pensait pas. » Avec l’augmentation du trafic, les nuisances se sont accentuées. « Avant, les avions faisaient 70 décibels, aujourd’hui ils en font plus de 100, et ils sont beaucoup plus nombreux. »

    Un phénomène amplifié par la mondialisation : « Aujourd’hui, le monde utilise beaucoup l’avion pour transporter des colis, même pour un objet qui pèse 100 grammes. »

    Une concurrence féroce entre communes

    Le développement de l’aéroport s’inscrit aussi dans un contexte de rivalités territoriales fortes. « Chaque commune avait son propre service pour attirer les entreprises. C’était la bagarre », se souvient Michel Petuaud-Létang. Mérignac, Le Haillan, Pessac ou Bordeaux cherchaient à capter les grands projets économiques.

    C’est dans ce contexte qu’intervient une anecdote révélatrice.

    « Un jour, je suis assis dans un avion à côté de Jacques Chaban-Delmas », alors maire de Bordeaux. Interrogé sur son travail, l’architecte répond simplement :

    « Je lui dis que je suis en train de dessiner IBM à Mérignac. »La réaction semble bienveillante :« C’est bien mon petit, bravo ! » Mais quinze jours plus tard, le projet change de cap.

    « Mon maître d’ouvrage m’appelle et me dit : IBM ne viendra pas à Mérignac. Ils vont aller à Bordeaux. »

    Avec le recul, Michel Petuaud-Létang analyse :

    « J’avais fait l’erreur, la sottise, gentiment, de dire au maire de Bordeaux ce que je faisais. C’est pour ça que IBM n’est pas installé à Mérignac. »

    Un moteur économique à encadrer

    L’aéroport reste un atout majeur.« Qu’il puisse se développer et accueillir des entreprises, c’est très bien. » Mais l’architecte met en garde :« Il faut gérer l’urbanisme autour, la mobilité et l’implantation des zones habitées. »Selon lui, Mérignac a payé le prix de son attractivité.

    « La ville a été victime de son succès : ça a été trop vite, trop incontrôlé. »

    Jusqu’à permettre des usages inattendus, comme l’implantation de la célèbre discothèque.

    « C’est grâce à l’aéroport qu’on a pu faire le Macumba, parce que c’était sous les pistes, dans une zone peu constructible, et le bruit ne posait pas de problème. »

    Un symbole, selon Michel Petuaud-Létang, d’un développement mené à grande vitesse, parfois sans vision d’ensemble, mais qui a durablement façonné le visage de Mérignac.

  • Coupe Gambardella : le SAM Football écrit une nouvelle page de son histoire en U18

    Coupe Gambardella : le SAM Football écrit une nouvelle page de son histoire en U18

    Une fierté vécue avec humilité

    Être encore en lice à ce stade de la compétition n’est pas anodin pour un club amateur. « C’est toujours plaisant, une vraie fierté, mais il faut le prendre avec humilité et surtout en profiter », confie Lucas Serra. Louka Berméjo souligne, lui, la singularité du SAM : l’un des rares clubs amateurs encore présents parmi des noms prestigieux comme Paris, Rennes, Nantes, Monaco ou Toulouse.

    Ce parcours marque un retour sur le devant de la scène pour la formation mérignacaise. Le dernier grand souvenir en Gambardella remonte à cinq ans, avec un quart de finale finalement annulé par la crise sanitaire. Depuis, le club a perdu ses catégories nationales, rendant cette aventure encore plus symbolique.

    Un groupe jeune, structuré et tourné vers l’avenir

    Engagée en U18 Régional 1, l’équipe est composée de joueurs nés en 2008 et 2009, issus pour certains des anciens groupes nationaux du club. L’objectif est clair : finaliser leur formation et les préparer au monde senior. « On est sur un pôle post-formation. L’idée, c’est de les accompagner au mieux dans cette transition », explique Lucas Serra, lui-même ancien joueur du club.

    Ancien Samiste passé par la pré-formation des Girondins de Bordeaux, Lucas Serra connaît parfaitement l’ADN du club. « Le SAM, c’est un club qui compte. Il m’a permis d’évoluer, de me former, et aujourd’hui d’accompagner des jeunes dans leur parcours », souligne-t-il.

    Un capitaine de 17 ans, moteur du collectif

    À seulement 17 ans, Louka Berméjo porte le brassard de capitaine. Un rôle qu’il assume par son état d’esprit et sa proximité avec le groupe. « Je m’entends bien avec tout le monde, j’essaie d’être toujours positif », explique le jeune joueur originaire de la région paloise, arrivé au club la saison dernière.

    Pour son entraîneur, le choix est évident : « Il coche beaucoup de critères, sur le terrain comme humainement. Il est le reflet de cette équipe, saine et soudée. »

    Résilience et mental, clés du parcours

    Menée à plusieurs reprises, notamment à Limoges où le SAM est revenu de 2-0 pour s’imposer 3-2, ou encore lors de la qualification aux tirs au but face à Saint-Clément Montferrier, l’équipe a démontré une force mentale remarquable. « Ce match à Limoges a été fondateur. Il a créé quelque chose dans le groupe », analyse Lucas Serra.

    Pour Louka Berméjo, ces moments difficiles forgent le collectif : « Quand on est mené, il faut rester ensemble, motiver, dire qu’il reste du temps. C’est là que tout se joue. »

    Trouver le bon équilibre avant le 16ᵉ de finale

    À l’approche de la rencontre face à Dunkerque, le staff veille à ne pas tomber dans l’excès. « Il faut rester naturel, ne pas surmotiver. La Gambardella est une aventure unique, surtout pour les U18 qui ne la vivront qu’une seule fois », rappelle l’entraîneur, tout en gardant un œil sur le championnat, où l’équipe joue également les premiers rôles avec, en ligne de mire, une possible montée.

    Un club, une famille, un élan collectif

    Au-delà du terrain, ce parcours met en lumière la force du collectif élargi : staff investi, bénévoles, parents présents sur chaque déplacement, parfois jusqu’à l’hôtel. « Sans eux, rien ne serait pareil », insiste Lucas Serra, saluant l’engagement de tous ceux qui gravitent autour de l’équipe.

    Pour Louka Berméjo, le SAM Football apporte aussi de la visibilité et une progression constante. « On devient meilleurs tous les jours, et vivre ça à 17 ans, c’est énorme. »

    Une aventure déjà gravée dans les mémoires

    Quand on leur demande ce qu’ils aimeraient retenir de cette épopée, les réponses sont claires. « Le plaisir, la passion et l’aspect humain », pour l’entraîneur. « Un groupe génial qui n’a jamais lâché », pour le capitaine.

    Rendez-vous est pris le 1er février au stade du Jard. Quel que soit le résultat, cette génération U18 du SAM Football aura déjà marqué l’histoire du club, en incarnant une équipe résiliente, saine et mentale, fidèle aux valeurs samistes.

  • Mérignac d’antan:  » On aurait dû empécher de construire de part et d’autre de la rocade! »

    Mérignac d’antan:  » On aurait dû empécher de construire de part et d’autre de la rocade! »

    Architecte-urbaniste et Mérignacais, Michel Petuaud-Létang livre un éclairage historique et critique sur le développement de Mérignac, l’impact de la rocade bordelaise et les grandes décisions d’aménagement qui ont façonné l’ouest de la métropole.

    Un mouvement ancien, bien avant la rocade

    Contrairement à une idée répandue, l’intégration progressive de Mérignac dans l’aire bordelaise n’est pas née avec la rocade. « Le processus était en marche », rappelle Michel Petuaud-Létang.Cette dynamique s’explique par un phénomène historique observé dans de nombreuses villes :« Toutes les villes se développent à l’ouest, parce que les vents dominants vont de l’ouest vers l’est. Les activités polluantes ont longtemps été installées à l’est, avec les quartiers ouvriers. »

    À Bordeaux, cette logique a contribué à une opposition durable entre les deux rives de la Garonne.« La rive droite a longtemps été mal considérée, perçue comme un quartier populaire et industriel, alors que la rive gauche concentrait les quartiers jugés plus favorables. »

    Mérignac, terre de villégiature puis d’opportunités

    Dès le XVIIIᵉ siècle, Mérignac attire les élites bordelaises.

    « Les riches banquiers et négociants en vin ont acquis à l’ouest de grandes propriétés magnifiques », explique l’urbaniste, évoquant la création d’hôtels particuliers et de vastes domaines.

    La commune mêle alors grandes propriétés bourgeoises et quartiers beaucoup plus anciens :« À Mérignac, il y a des quartiers qui datent des Romains, comme les Eyquems. »

    L’arrivée des boulevards à Bordeaux au XIXᵉ siècle renforce cette attractivité.

    « Les boulevards ont été un appel : on circulait mieux, il y avait du terrain, et les entreprises sont venues naturellement de ce côté-là. »

    La rocade : un accélérateur mal maîtrisé

    Pour Michel Petuaud-Létang, la rocade a reproduit les mêmes erreurs que les boulevards.

    « On a permis une urbanisation facile le long de la rocade », regrette-t-il, estimant qu’un large corridor vert aurait dû être préservé. « Si j’avais été urbaniste à l’époque, j’aurais interdit de construire de part et d’autre de la rocade. »

    Pensée dans les années 1960 pour désengorger Bordeaux, notamment sous l’impulsion de Jacques Chaban-Delmas, la rocade facilite aussi les échanges économiques européens.

    « C’était beaucoup plus simple pour les camions et les échanges entre le nord et le sud de l’Europe, ainsi qu’avec l’Afrique du Nord. »

    Aéroport, industrie et naissance des zones d’activités

    Le développement de l’aéroport de Mérignac et l’implantation de Dassault dans les années 1930 jouent un rôle déterminant.

    « Dès qu’une grande entreprise s’installe, il y a toujours des sous-traitants autour. C’est un appel. »

    Dans les années 1960-1970, Mérignac reste encore largement rurale. « C’était un pays de paysans et de grandes propriétés bourgeoises », se souvient-il, décrivant un territoire en pleine mutation.

    Cette transformation s’incarne avec la création de la zone d’activités CADERA.

    « On a inventé le mot CADERA, pour Centre d’Activités Deux échangeurs, Rocade, Aéroport. Le terme est devenu un nom commun. »

    Le projet repose sur une règle innovante pour l’époque :

    « Pas plus de 30 % d’emprise au sol pour les bâtiments, 30 % pour les voiries et parkings, et 40 % d’espaces verts. »

    Une vision qui fera de CADERA « l’un des premiers parcs d’activités par club en Europe ».

  • Hop Hop Immo : « Une appli de rencontre… de l’immobilier. Faut que ça matche ! »

    Hop Hop Immo : « Une appli de rencontre… de l’immobilier. Faut que ça matche ! »

    Leur ambition : simplifier un parcours souvent jugé complexe, chronophage et décourageant, tout en répondant à une crise du logement qu’ils qualifient eux-mêmes de « problème politique, économique et social majeur ».

    Créée il y a huit mois, la société Hop Hop Immo se positionne comme une plateforme nouvelle génération dédiée, pour l’instant, exclusivement à l’immobilier neuf. Un choix assumé par Gaëtan Benezech, ancien du monde de la promotion immobilière : « C’est une verticalité qu’il faut d’abord maîtriser parfaitement avant d’aller vers d’autres marchés. »

    Du “site d’annonces” au “site de rencontre” immobilier.

    À l’origine du projet, un constat simple : malgré la multiplication des plateformes, chercher un logement reste fastidieux. « On rentre des critères froids : budget, localisation, nombre de pièces et on ressort des listes de programmes. Ensuite, c’est à l’utilisateur de se débrouiller pour trouver le bon lot », résume Julien Mellano.

    Hop Hop Immo entend inverser la logique. Au cœur du système : un algorithme de matching affinitaire. Concrètement, la plateforme analyse le besoin réel de l’utilisateur et le compare à l’ensemble de son offre pour afficher un pourcentage de compatibilité avec chaque logement.

    « L’idée, c’est un site de rencontre de l’immobilier. Il faut que ça match », sourient les deux associés. Chaque bien est ainsi “scoré” en fonction de dizaines de critères : étage, exposition, balcon, environnement, mais aussi priorisation personnelle de l’acheteur. Résultat : plutôt que des milliers d’annonces, l’utilisateur voit remonter les logements qui correspondent le mieux à son profil.

    Aujourd’hui, le portail recense déjà près de 25 000 logements partout en France, avec une projection à 35 000 voire 40 000 lots dans les prochaines semaines, grâce à des partenariats avec de grands promoteurs, dont Nexity.

    Une recherche plus humaine, enrichie par l’IA.

    Autre innovation majeure en préparation : un agent immobilier virtuel, actuellement en phase de prototype. Prévu pour un premier déploiement dès la fin du mois, il doit évoluer sur six mois avant une version pleinement opérationnelle d’ici l’été.

    Accessible en mode vocal, cet assistant intelligent aura pour mission de dialoguer avec l’utilisateur, de préciser ses attentes, mais aussi de les challenger. « Est-ce que tu as vraiment besoin d’un trois-pièces ? Est-ce que cet emplacement est pertinent pour toi ? », explique Julien Mellano. L’objectif est de reproduire le rôle d’un professionnel de terrain, tout en apportant une dimension pédagogique sur les aspects juridiques, fiscaux ou financiers.

    Hop Hop Immo intègre déjà des fonctionnalités inédites, comme la recherche par mensualité ou par effort d’épargne, plutôt que par simple prix d’achat. « 300 000 euros, ça ne veut rien dire. Ce qui compte, c’est : est-ce que je peux acheter avec 1 000 euros par mois, par exemple ? », insiste Gaëtan Benezech.

    La plateforme s’apprête également à enrichir ses annonces avec une trentaine de points d’intérêt : écoles, collèges, crèches, commerces, transports, accessibles à pied, à vélo ou en voiture. Des profils types jeunes actifs, familles, seniors viendront compléter cette lecture du territoire, pour proposer des logements en phase avec les modes de vie.

    Une start-up ancrée localement, tournée vers la croissance.

    Incubée par Bordeaux Techno-Ouest, adhérente à la French Tech et récemment labellisée French PropTech, Hop Hop Immo revendique son ancrage girondin tout en visant un déploiement national. La jeune pousse est aujourd’hui en phase de levée de fonds afin de structurer son équipe et d’accélérer le développement de ses outils.

    « On est pragmatiques. On avance étape par étape », confie Gaëtan Benezech, qui lance au passage un appel aux investisseurs.

    Chaque semaine, les deux entrepreneurs interviendront également sur C6 Radio dans un format court de 66 secondes, destiné à démocratiser les sujets immobiliers et répondre aux questions concrètes des auditeurs.

    Le logement, enjeu majeur de société.

    La crise du logement est devenue centrale. Manque de foncier, difficultés d’accès à la propriété pour les jeunes, séparations familiales multipliant les besoins en logements, tensions locatives dans les métropoles… Pour Gaëtan Benezech, « l’immobilier est le premier sujet de discussion des Français ».

    Dans ce contexte, le neuf retrouve même un certain attrait : prix en baisse, rapprochement avec ceux de l’ancien, garanties constructeur, normes acoustiques et thermiques renforcées, livraisons parfois immédiates. « Aujourd’hui, c’est clairement un bon moment pour acheter », affirment les fondateurs, évoquant également promotions des promoteurs et stabilisation des taux.

    Avec Hop Hop Immo, Gaëtan Benezech et Julien Mellano ambitionnent ainsi de réconcilier innovation technologique et réalité du terrain, en mettant l’utilisateur au centre du parcours. Une manière de transformer une expérience souvent perçue comme anxiogène en un processus plus fluide, plus humain… et résolument tourné vers l’avenir.

  • À Saint-Jean-d’Illac, le centre associatif et culturel Joséphine Baker ouvre un nouveau chapitre pour la vie locale

    À Saint-Jean-d’Illac, le centre associatif et culturel Joséphine Baker ouvre un nouveau chapitre pour la vie locale

    Ce mardi 27 Janvier 2026, autour du maire Édouard Quintano étaient réunis Amélie Bosset-Audoit, conseillère départementale, Camille Duvette pour l’agence d’architecture Métaphore, ainsi qu’Amin Ziani, représentant du préfet de la Gironde Étienne Guyot. Une inauguration marquée par l’aboutissement d’un projet lancé dès le second semestre 2020, dans le cadre de l’opération Cœur de Bourg, pour remplacer un ancien centre associatif devenu inadapté.

    Une conception collective au service des usages

    « Ce moment est important pour notre commune parce qu’il marque l’aboutissement d’un projet mûri dans le temps, construit avec méthode et pensé avant tout pour répondre aux besoins des Illacaises et des Illacais », a souligné Édouard Quintano.

    Dès l’origine, la municipalité a associé services municipaux et associations, qu’elles soient ou non utilisatrices de l’ancien équipement. Pour garantir une approche structurée et objective, la commune s’est appuyée sur un programmiste indépendant, missionné fin 2021. Son travail a permis de formaliser un programme intégrant contraintes techniques, financières et urbanistiques, tout en tenant compte des usages réels attendus.

    Le choix d’implantation n’est pas le fruit du hasard. L’extension de l’espace Villenave, ancien restaurant emblématique de la commune, s’inscrit dans une logique de cohérence territoriale. Le nouveau bâtiment s’intègre dans un véritable « cheminement culturel, associatif et économique », reliant le parc Edouard Darriet, la maison d’exposition, l’espace culturel, les commerces de proximité et la bibliothèque Olympe-de-Gouges. Un parcours pensé comme un trait d’union entre culture, vie associative et dynamisme local.

    Un bâtiment durable et techniquement exigeant.

    Retenue à l’issue de la consultation lancée fin 2022, l’agence Métaphore, représentée par l’architecte Camille Duvette, a conçu un projet conciliant patrimoine et modernité. « Nous avons voulu porter une attention particulière au contexte paysager du parc Edouard Darriet et au caractère patrimonial de la salle Villenave. Cela a été la base de notre réflexion », explique-t-elle.

    Le parti pris architectural valorise l’existant tout en ouvrant largement les espaces du rez-de-chaussée sur le parc, avec un étage créé afin de limiter l’emprise au sol et préserver les espaces verts. L’ensemble a été pensé comme un lieu de vie accessible et accueillant, composé d’espaces polyvalents destinés aux rencontres, aux loisirs, à la culture et à la convivialité.

    Sur le plan technique, l’équipement se distingue par des fondations sur micropieux, adaptées à la présence de nappes phréatiques affleurantes, garantissant stabilité et pérennité. Le bâtiment bénéficie également d’une isolation thermique et acoustique renforcée, répondant aux exigences des pratiques musicales, théâtrales et chorégraphiques.

    Autre élément clé : l’installation d’un puits climatique (dit canadien), permettant de préchauffer l’air en hiver et de le rafraîchir en été, sans recourir à la climatisation. « C’est un choix à la fois écologique, responsable et tourné vers l’avenir », souligne le maire.

    756 m² dédiés à la vie associative et culturelle.

    Le centre Joséphine Baker offre aujourd’hui 756 m² d’espaces fonctionnels partagés. Au rez-de-chaussée, des locaux sont dédiés aux pratiques artistiques et musicales, ainsi qu’un espace Villenave à nouveau accessible aux associations et au public. À l’étage, plusieurs salles polyvalentes accueillent réunions, ateliers et temps de travail collectif.

    Le projet anticipe également l’avenir, avec la possibilité d’un agrandissement futur au-dessus de la salle de danse. Les associations anciennement installées dans le centre associatif bénéficient désormais de conditions d’accueil modernisées, favorisant la mutualisation des espaces.

    L’association musicale et chorégraphique Illacaise (AMCI) a notamment rejoint des locaux adaptés à ses besoins, indispensables au développement de ses activités artistiques.

    Joséphine Baker, un choix porteur de sens

    Le nom du centre, Joséphine Baker, a été choisi à l’issue d’une consultation citoyenne, sur le même modèle que la bibliothèque Olympe-de-Gouges. Un choix symbolique fort, salué par l’ensemble des intervenants.

    Pour Amélie Bosset-Audoit, cette dénomination fait écho aux valeurs portées par le lieu : « Donner le nom de cette femme engagée, artiste, résistante, c’est mettre en lumière une figure inspirante. C’est aussi reconnaître le rôle fondamental des associations comme espaces de rencontre, de partage et d’émancipation. »

    Amin Ziani, représentant du préfet, a également souligné la portée de ce choix : « Joséphine Baker incarne la liberté, l’égalité, la fraternité. C’est une artiste, une militante, une femme engagée. Le message est clair : ici, on parle d’engagement citoyen, de culture, de fraternité et de joie de vivre. »

    Un partenariat institutionnel fort.

    Le projet a bénéficié du soutien financier de l’État, à hauteur de plus de 300 000 euros : 150 000 euros au titre de la dotation de soutien à l’investissement local et 175 000 euros via la dotation d’équipement des territoires ruraux (DETR). Un accompagnement salué comme l’illustration d’une coopération réussie entre l’État et les collectivités en faveur de la culture et du tissu associatif.

    La municipalité a également remercié l’ensemble des partenaires institutionnels, les services municipaux, les bureaux d’études, les entreprises mobilisées, ainsi que l’agence Métaphore pour le respect des délais et la qualité d’exécution du chantier.

    Un lieu appelé à vivre et à évoluer

    « C’est en vivant un bâtiment qu’on l’apprécie pleinement », a conclu Édouard Quintano, se disant « excessivement fier » de cette réalisation. Déjà salué pour sa luminosité, sa fluidité et son énergie, le centre associatif et culturel Joséphine Baker est appelé à devenir un véritable cœur battant de la vie illacaise.

    Plus qu’un simple équipement, il se veut un espace d’épanouissement, de créativité et de lien social, au service des habitants et des bénévoles qui font vivre au quotidien le tissu associatif de Saint-Jean-d’Illac.

  • Mérignac des quartiers: « Arlac, la bourgeoise, c’était trop Bordeaux! »

    Mérignac des quartiers: « Arlac, la bourgeoise, c’était trop Bordeaux! »

    Aujourd’hui encore, Mérignac revendique une identité plurielle. Une réalité profondément ancrée dans son histoire, comme le raconte Michel Petuaud-Létang, architecte, urbaniste et témoin direct du Mérignac d’après-guerre.« Mérignac, c’est aussi une commune de quartiers. Et ça a toujours été le cas. »

    Des quartiers séparés par la nature

    À la fin des années 1940, les quartiers ne se touchent pas. Ils sont séparés par de vastes zones agricoles et horticoles.

    « Il y avait de grandes zones vertes entre ces quartiers, parce que c’étaient des agriculteurs ou des horticulteurs. »

    Entre le bourg de Mérignac, Capeyron, Pichey ou les Eyquems, les champs, les pépinières et les exploitations structurent le paysage. Le maire de l’époque, Robert Brettes, est lui-même horticulteur, symbole d’une ville encore intimement liée à la terre.

    Une vie de quartier très affirmée

    Chaque quartier possède sa propre vie sociale. « Chacun avait sa fanfare ou son groupe, et une grande fête. »Les fanfares sillonnent les rues, rassemblent les habitants, entraînent les enfants. « Les gens sortaient de leurs maisons, se mettaient derrière la fanfare et allaient jusqu’à la place du coin. »

    Capeyron, Pichey, les Eyquems ou le centre-bourg disposent chacun de leur place, de leur fête, de leur identité. Le 14 juillet est un temps fort, mais la vie collective s’exprime tout au long de l’année.

    Une identité commune, des caractères distincts

    Si le sentiment d’appartenance à Mérignac est fort, chaque quartier revendique sa singularité.

    « Tout le monde avait le sentiment de faire partie d’une même communauté, mais revendiquait son identité de quartier. »

    Certains secteurs se distinguent nettement :

    Arlac, jugé plus bourgeois car trop proche de Bordeaux : « C’était Bordeaux, quoi, Arlac ! »

    Pichey, plus populaire et plus animé, « petit Montmartre », fréquenté par les soldats américains attirés par les serveuses des bars.

    Les quartiers agricoles, où les enfants participent aux travaux des champs pendant les vacances. « Moi, pendant les vacances, j’allais faire les foins, aider à ramasser le maïs. »

    Industrie, Américains et modernité vue depuis le cinéma

    Mérignac n’est pas seulement rurale. La commune accueille déjà une zone industrielle importante avec Dassault et Sogerma, mais aussi une base militaire américaine. Pour le jeune Michel Petuaud-Létang, la modernité américaine ne se découvre pas directement dans les rues, mais sur grand écran.

    Grâce à un camarade dont le père est concierge de la salle des fêtes de Mérignac, il assiste, en secret, aux projections réservées aux soldats américains.

    « On rentrait en douce et je voyais des films américains en Eastman Color, puis après en Technicolor. »

    À travers ces films, il découvre un autre monde, en contraste total avec la réalité locale.

    « On sortait de la guerre, on avait encore des chevaux sur la place, et on voyait ces rues avec des gazons impeccables. »

    Ces images venues d’Hollywood marquent durablement l’enfant.

    « Je me disais : qu’est-ce que c’est formidable. C’est le pays de demain. »

    Un choc visuel et culturel qui influencera plus tard son regard d’urbaniste.

    Exode, solidarité et reconstruction

    À Pichey notamment, d’anciens bâtiments en bois construits pendant la guerre sont conservés pour loger des réfugiés espagnols, des familles déplacées ou des habitants en exode rural.

    Même le stade de Mérignac recycle ces structures pour ses vestiaires.« Les douches et les vestiaires étaient faits avec ces maisons en bois récupérées. C’était abominable. »

    Une histoire locale devenue mondiale

    Anecdote étonnante. Sur la place de Mérignac, une petite épicerie tenue par une femme discrète.

    « On avait appris qu’elle avait un fils parti à New York. »

    Ce fils participera à l’invention de la photographie instantanée : Polaroid.

    « Le fils de l’épicière de Mérignac avait participé à l’élaboration du Polaroïd. »

  • Bordeaux Aéroport : 250 millions d’euros de travaux pour un aéroport plus vertueux

    Bordeaux Aéroport : 250 millions d’euros de travaux pour un aéroport plus vertueux

    Service aux passagers : lucidité sur les faiblesses, investissement massif.

    Confronté à des classements contradictoires sur la qualité de service, le président du Directoire adopte une posture sans détour : l’infrastructure actuelle est parfois vieillissante. En revanche, Bordeaux se distingue par sa ponctualité, figurant parmi les meilleurs aéroports français sur ce critère.

    Pour franchir un cap, la société engage 250 millions d’euros d’investissements sur cinq ans, le plus important programme jamais lancé sur la plateforme.

    Objectif : proposer un niveau de service aligné sur les meilleurs standards européens et internationaux, avec notamment :

    • création d’un bâtiment central reliant les halls A et B,
    • mise en place d’un contrôle de sûreté unique sur 3 000 m², équipé de scanners de dernière génération (fin de l’obligation de sortir liquides et ordinateurs),
    • grands volumes, plafonds plus hauts et parcours passagers simplifié,
    • 3 000 m² de commerces mettant en avant l’identité locale,
    • un ensemble immobilier de près de 30 000 m², intégrant systèmes de tri bagages de nouvelle génération.

    Les travaux débutent cette année pour une durée de quatre ans, avec des livraisons progressives, l’aéroport restant ouvert pendant toute la phase chantier.

    Parallèlement, le terminal low cost Billi fait l’objet d’améliorations : près de 3 millions d’euros investis pour moderniser l’entrée, rénover les sanitaires, installer des fontaines à eau et renforcer les services.

    Ressources 27 : un plan stratégique centré sur la transition écologique.

    Baptisé Ressources 27, le plan stratégique de Bordeaux Aéroport vise une transformation profonde de la plateforme.

    Sur le volet environnemental, l’objectif est d’atteindre la neutralité carbone sur les scopes 1 et 2 d’ici 2030, soit les émissions propres à l’exploitation de l’aéroport (bâtiments, énergie).

    Pour le scope 3 – celui des avions –, la stratégie repose notamment sur les biocarburants, capables de réduire jusqu’à 80 % les émissions des vols. Bordeaux figure déjà parmi les aéroports français les plus avancés sur ce sujet. Certaines compagnies, comme Wizz Air, se sont engagées à s’approvisionner en carburants durables sur la plateforme.

    L’aéroport développe également :

    • production photovoltaïque,
    • géothermie pour réduire la consommation de gaz,
    • récupération des eaux pluviales,
    • bâtiments à haute qualité environnementale.

    À terme, Bordeaux Aéroport ambitionne de devenir l’un des aéroports les plus décarbonés d’Europe.

    Dialogue avec les riverains et réduction des nuisances sonores des avions

    Conscient des enjeux de bruit, Simon Dreschel met en avant un travail de proximité avec les communes riveraines : permanences en mairie, rendez-vous individuels, guichet unique pour traiter chaque réclamation.

    Bordeaux Aéroport a investi plus de 7,5 millions d’euros pour l’insonorisation de plus de 800 logements, finançant une partie des travaux de menuiserie et de vitrage.

    Par ailleurs, les avions les plus anciens et les plus bruyants sont pénalisés financièrement, incitant les compagnies à moderniser leurs flottes. À trafic passagers équivalent, le nombre de mouvements diminue grâce à des appareils plus grands et mieux remplis.

    Maintien de la piste secondaire.

    Décidée en juin 2025 par le préfet, la conservation de la piste secondaire constitue un élément clé pour la poursuite du plan stratégique. Des travaux y sont programmés, permettant à l’aéroport de sécuriser ses opérations et ses investissements.

    Une marque internationale : Bordeaux Aéroport.

    Si le nom officiel reste « aéroport de Bordeaux-Mérignac » dans les documents réglementaires et la signalisation, la plateforme communique désormais sous l’identité Bordeaux Aéroport.

    Un choix assumé : « Bordeaux est une marque internationale », rappelle Simon Dreschel. Lors des démarches commerciales en Europe, la notoriété de la métropole girondine – son vignoble, son littoral, son patrimoine – constitue un levier puissant pour attirer de nouvelles compagnies.

    Multimodalité et modèle économique.

    L’arrivée du tramway a marqué une étape clé, faisant de Bordeaux Aéroport un véritable hub multimodal et renforçant les alternatives décarbonées.

    Concernant les parkings, souvent critiqués, Simon Dreschel rappelle qu’ils constituent une ressource essentielle : comme toute société privée, l’aéroport finance seul ses investissements, sans subvention publique directe. Ses revenus proviennent :

    • des redevances aéronautiques payées par les compagnies,
    • des activités extra-aéronautiques (parkings, commerces).

    Ces recettes permettent de soutenir la modernisation du site.

    Navette Orly et Ryanair : deux chocs, deux réponses différentes.

    Parmi les événements marquants de ces dernières années figure l’arrêt de la navette Bordeaux-Orly, qualifié de « subi ». Cette liaison représentait à elle seule 600 000 passagers annuels. Une perte définitive, selon Simon Dreschel, qui reconnaît un impact durable sur le territoire : certaines entreprises s’étaient implantées autour de l’aéroport précisément pour bénéficier de cette connexion rapide avec Paris.

    À l’inverse, le départ de Ryanair relève davantage d’un choix stratégique. La compagnie low cost détenait environ 25 % de parts de marché à Bordeaux. Mais ses exigences ne correspondaient plus au projet porté par l’aéroport, centré sur des partenariats durables.

    « Nous voulons un réseau pérenne, avec des lignes qui durent, pas des destinations éphémères », insiste le dirigeant. L’objectif est clair : éviter toute dépendance à un acteur unique et construire une offre diversifiée, plus résiliente.

    Un trafic en reconstruction après le Covid.

    En 2024, Bordeaux Aéroport a accueilli 6,6 millions de passagers. En 2025, la plateforme devrait légèrement reculer, à un peu moins de 6 millions. Une baisse modérée malgré la perte de Ryanair, que Simon Dreschel interprète comme un signe d’attractivité.

    Avant la crise sanitaire, le trafic culminait à 7,7 millions de passagers, ce qui mesure l’ampleur du chemin restant à parcourir. Néanmoins, la recomposition du réseau est déjà engagée :

    • arrivée de Wizz Air,
    • renforcement de Transavia,
    • forte croissance de Volotea (+50 % de sièges l’an dernier, +20 % attendus cette année),
    • développement d’easyJet.

    Bordeaux conserve ainsi environ 100 destinations, soit un volume équivalent à celui d’avant le départ de Ryanair. Sur les 22 destinations exclusives opérées auparavant par la compagnie irlandaise, 15 ont déjà été reprises, les autres étant principalement des lignes saisonnières atypiques.

    Un trafic appelé à croître… différemment.

    Si la croissance se poursuit, Simon Dreschel estime que les progressions à deux chiffres appartiennent au passé. Hausse du prix des billets (+40 % en deux à trois ans), contraintes géopolitiques et exigences environnementales modifient la dynamique.

    Les études récentes montrent une évolution du profil des passagers : davantage de jeunes, une légère baisse des catégories socio-professionnelles supérieures. L’aérien se démocratise, et l’aéroport entend accompagner cette croissance de manière « raisonnée ».

    Un site stratégique au-delà du transport commercial.

    L’activité de Bordeaux Aéroport ne se limite pas aux vols commerciaux. Le site accueille également :

    • une base aérienne,
    • des industries de défense,
    • l’aviation d’affaires.

    Les pistes sont ouvertes 24h/24, 365 jours par an, conférant à la plateforme un rôle stratégique pour le territoire et l’État.

    Le projet actuel n’est pas capacitaire : aucune création de piste n’est envisagée. L’infrastructure existante permet déjà d’absorber le trafic futur. Les investissements portent avant tout sur la qualité de service.

    Une transformation structurelle

    À travers ce programme inédit, Bordeaux Aéroport s’engage dans une mutation profonde : modernisation de l’expérience passager, diversification du trafic, transition énergétique et dialogue territorial. Pour Simon Dreschel, l’ambition est claire : bâtir un aéroport plus résilient, plus sobre en ressources et pleinement intégré à son territoire, capable d’accompagner un transport aérien en pleine recomposition.

  • « Il faut transformer les spectateurs en supporters » : le SMRC accélère sa dynamique sportive et territoriale

    « Il faut transformer les spectateurs en supporters » : le SMRC accélère sa dynamique sportive et territoriale

    D’un parcours de joueur à un rôle clé dans le projet du club

    Arrivé au SMRC en 2021 en provenance de l’Union Cognac–Saint-Jean, le Charentais d’origine, natif de Surgères près de La Rochelle, a d’abord intégré le club comme joueur. Dès sa première saison, il participe à la montée en Fédérale 1, une étape marquante pour l’histoire récente de Saint-Médard.

    Contraint d’arrêter sa carrière sportive à la suite de blessures à répétition à la cheville, Mathis Airault rebondit au sein de la structure. Il rejoint l’équipe dirigeante, d’abord sur un poste commercial, avant d’évoluer vers ses fonctions actuelles. Une transition qu’il assume pleinement : son expérience du terrain nourrit aujourd’hui sa vision du développement, avec la même logique que celle d’un joueur : progresser, rester humble et avancer étape par étape.

    Un club ambitieux qui reste profondément familial

    Si le SMRC affiche des ambitions sportives affirmées, il revendique avant tout une identité familiale, portée par des bénévoles présents parfois depuis plus de quarante ans. Les coprésidents, eux-mêmes bénévoles, gèrent le club avec une rigueur proche de celle d’une entreprise, tout en préservant une atmosphère conviviale et fédératrice.

    Dans un contexte économique et géopolitique incertain, cette stabilité fait la différence. Le club parvient à attirer et fidéliser des joueurs venus parfois de très loin, dont certains internationaux, qui s’inscrivent sur plusieurs saisons dans le projet Saint Médardais. Une continuité rare à ce niveau, rendue possible par un environnement structuré et un accompagnement quotidien assuré par dirigeants, salariés et bénévoles.

    Innover pour exister dans un paysage sportif concurrentiel

    Responsable du développement, Mathis Airault pilote notamment l’animation des jours de match et la création d’événements destinés à élargir le public. Son credo : ne jamais se reposer sur ses acquis.

    Parmi les initiatives récentes figure le Cars N Match, un rassemblement de voitures de collection et de prestige organisé avant une rencontre, en partenariat avec Maxime Laforêt (Mutuelle de Poitiers). Les participants bénéficient de places pour le match, créant ainsi un pont entre univers automobile et rugby. Une façon originale d’attirer de nouveaux publics autour des valeurs communes de passion et de partage.

    Cette capacité à innover est essentielle sur Bordeaux Métropole, où la densité de clubs impose de se démarquer. Le SMRC revendique aujourd’hui une place de référence parmi les clubs amateurs du secteur, tout en poursuivant sa progression.

    Une politique de partenariat tournée vers le long terme

    Le développement économique du club repose sur une ligne claire : privilégier un réseau large de partenaires engagés, plutôt qu’un financeur unique trop influent. « L’objectif est de construire dans la durée », explique Mathis Airault, convaincu que la fidélité aux valeurs du club est aussi un levier d’attractivité pour les entreprises.

    Malgré un contexte économique tendu, le club continue d’élargir son cercle de partenaires. À partir d’avril, des réunions mensuelles viendront compléter les petits-déjeuners, afterworks et événements du club des partenaires, afin de renforcer les échanges professionnels et assurer un véritable retour sur investissement.

    Cette dynamique se prolongera également le 21 février, avec une vente aux enchères de vins accompagnée d’un repas gastronomique, en présence du chef saint-médardais Jorick Dorignac, étoile montante de la gastronomie française.

    Faire grandir le public du stade Robert Monseau

    Avec une capacité ayant déjà atteint 2 200 spectateurs lors de certaines affiches, le stade Robert Monseau offre un potentiel important. La moyenne actuelle tourne autour de 1 200 personnes lorsque le SMRC ne joue pas en concurrence directe avec l’Union Bordeaux-Bègles.

    L’enjeu est désormais de transformer les spectateurs occasionnels en véritables supporters. Pour cela, le club multiplie les actions de proximité, notamment auprès des écoles. À l’occasion du match contre Courbevoie, le 21 mars, des places seront offertes aux élèves afin d’attirer familles et nouvelles générations.

    Autre rendez-vous majeur : la célébration des 120 ans du club, le 12 avril face à Limoges, avec l’ambition de rassembler toutes les générations passées par le SMRC et de créer une dynamique populaire en vue des phases finales.

    À terme, le club souhaite également programmer davantage de rencontres le samedi soir, sous réserve d’équipements adaptés, afin de faciliter la venue du public et d’augmenter les recettes, le dimanche restant souvent réservé à la vie familiale.

    Un tournant sportif décisif

    Sur le plan sportif, le SMRC aborde un bloc capital avec trois rencontres déterminantes :

    • 1er février : réception de Beauvais au stade Robert Monseau
    • 7 février : déplacement à Floirac pour un derby très attendu
    • 15 février : déplacement sur le bassin d’Arcachon

    Trois matchs qui pourraient conditionner la fin de saison. Actuellement dans les deux premiers de leur poule avec une avance de cinq points, les Saint-Médardais visent d’abord cette place qualificative, indispensable pour aborder les phases finales dans les meilleures conditions.

    La prudence reste toutefois de mise : la montée ne se joue pas à la première place, mais au terme d’une série de matchs couperets. Le staff entend donc gérer les effectifs avec attention, d’autant que les équipes Espoirs sont elles aussi engagées dans une course à la qualification.

    Un projet global, du rugby amateur à l’accompagnement humain

    Le SMRC ne limite pas son action à l’équipe fanion. Le club travaille simultanément sur l’école de rugby, le pôle jeunes, le pôle féminin et les deux équipes seniors masculines, illustrant une structuration complète.

    Particularité du club : l’accueil de joueurs étrangers, notamment fidjiens. Un accompagnement spécifique est mis en place pour faciliter leur intégration (logement, démarches administratives, emploi), avec une conviction forte : un joueur bien installé dans sa vie quotidienne est un joueur plus performant sur le terrain.

    Une ambition assumée pour le territoire

    À travers cette organisation globale, le Saint-Médard Rugby Club entend affirmer son rôle moteur sur le nord-ouest de la métropole bordelaise, en attirant supporters de Saint-Médard, Mérignac, Le Haillan et des communes voisines.

    Porté par une saison prometteuse, un réseau de partenaires actif et une mobilisation croissante du public, le SMRC avance avec méthode. Sans brûler les étapes, mais avec une ambition clairement affichée : faire de Saint-Médard l’un des pôles majeurs du rugby amateur régional.

  • Au Haillan, L’Entrepôt affirme son rôle de lieu de vie culturel au cœur du territoire

    Au Haillan, L’Entrepôt affirme son rôle de lieu de vie culturel au cœur du territoire

    Une salle née en 2000, reprise en régie municipale depuis onze ans

    Créée en 2000, L’Entrepôt a d’abord vu sa programmation confiée à un opérateur extérieur. Depuis onze ans, la Ville du Haillan a repris la gestion directe de la salle, développant autour d’elle un véritable projet culturel de territoire.

    Dotée de 456 places, L’Entrepôt occupe une position singulière dans le paysage métropolitain. « La plus petite des grandes salles ou la plus grande des petites », résume Manuel Corneau. Une jauge intermédiaire qui impose un équilibre délicat entre exigence artistique et réalité économique : suffisamment grande pour accueillir des artistes reconnus, mais exigeante en matière de remplissage.

    Située à une trentaine de minutes du centre de Bordeaux, la salle revendique son ouverture au-delà du public haillanais. À l’heure de l’étalement urbain et de la montée en puissance des mobilités, Manuel Corneau rappelle que Le Haillan est aujourd’hui pleinement connecté à la métropole, notamment grâce au tramway. Un argument assumé pour attirer des spectateurs venus de l’ensemble de l’agglomération.

    Défendre une identité propre dans une offre culturelle dense

    Dans un territoire riche en équipements culturels de jauge comparable, le directeur-programmateur refuse toute logique de concurrence frontale. Sa ligne est claire : défendre une proposition artistique singulière, plutôt que regarder ce que programment les salles voisines.

    « Plus il y a de spectacles, mieux c’est », estime-t-il, rappelant que le spectacle vivant demeure un espace irremplaçable de rencontre, d’échange et de débat. Théâtre, humour, chanson, jazz ou cinéma participent à faire de L’Entrepôt un lieu identifié, où les habitants savent pouvoir trouver une programmation éclectique.

    Cette identité s’appuie notamment sur des rendez-vous désormais bien installés, comme le festival jeune public Ratatam ou encore Le Haillan chanté, mais aussi sur une politique tarifaire accessible et un soutien affirmé aux artistes locaux.

    Un projet culturel ancré dans la proximité

    Depuis la reprise en régie municipale, L’Entrepôt ne se limite plus à une simple diffusion de spectacles. Le projet porté par la Ville vise à inscrire la salle au cœur de la vie quotidienne des habitants.

    Concrètement, cela se traduit par une ouverture élargie du lieu, une programmation cinéma réintroduite après plusieurs années d’interruption, et un important volet d’actions culturelles : accueils scolaires, partenariats avec les écoles et le collège, collaborations avec les associations locales, ateliers artistiques et mise à disposition de la salle pour les spectacles de fin d’année.

    Aujourd’hui, hormis la période estivale, il se passe presque quotidiennement quelque chose à L’Entrepôt : séances de cinéma, visites de crèches, répétitions, spectacles, accueils de classes ou événements associatifs. Une dynamique permanente qui transforme la salle en véritable lieu de vie.

    La culture comme ouverture au monde

    Pour Manuel Corneau, la culture dépasse largement la seule dimension artistique. Elle participe à l’apprentissage du vivre-ensemble, dès le plus jeune âge.

    À travers les spectacles scolaires et les ateliers de création, L’Entrepôt défend une approche fondée sur l’ouverture à l’autre, la différence et la tolérance. Le directeur insiste sur l’importance du débat et de l’échange après les représentations : aimer ou ne pas aimer importe moins que comprendre pourquoi, et pouvoir en discuter collectivement.

    Dans un contexte marqué par la montée des tensions et le poids des réseaux sociaux, il voit dans le spectacle vivant un antidote précieux : un espace incarné, où l’on partage des émotions réelles et où la parole circule.

    Des contraintes budgétaires de plus en plus fortes

    Comme l’ensemble des équipements culturels, L’Entrepôt doit composer avec un environnement économique tendu. Hausse des coûts depuis la crise sanitaire et la guerre en Ukraine, stagnation des recettes, baisse récente des budgets municipaux : la programmation devient un exercice d’équilibriste.

    Manuel Corneau reconnaît que certaines enveloppes ont diminué, même si cela reste, pour l’instant, absorbable. Le principe est simple : lorsqu’un spectacle coûte désormais 150 euros là où il en coûtait 100 auparavant, cela se traduit mécaniquement par un nombre réduit de propositions.

    Un casse-tête permanent, mais aussi, selon lui, un moteur de créativité : il faut à la fois proposer des spectacles capables d’attirer du public et consolider les actions de proximité. Un arbitrage fin, qui se joue parfois à quelques milliers d’euros, tout en maintenant une diversité de publics, des tout-petits aux seniors.

    Une programmation variée pour tous les publics

    Manuel Corneau résume la saison en deux mots : « plutôt sympa ». Une formule modeste pour qualifier une programmation volontairement large, mêlant têtes d’affiche et découvertes.

    Parmi les rendez-vous à venir :

    • Ratatam, du 31 janvier au 8 février, festival jeune public mobilisant l’ensemble des acteurs culturels haillanais (bibliothèque, ludothèque, cinéma), avec au programme méga-boum d’ouverture, spectacles scolaires, battle de dessin, projections, rencontres avec la marraine Séverine Vidal et créations participatives impliquant les enfants des écoles.
    • Les Mercredis du Haillan, une dizaine de dates annuelles à tarif unique de 5 euros, dédiées principalement aux artistes locaux, afin de rendre la culture accessible au plus grand nombre.
    • Le passage de Viktor Vincent le 13 mars, déjà complet, illustrant le grand écart assumé entre propositions intimistes et spectacles à forte notoriété.
    • Le festival Les Cogitations, du 23 au 25 avril puis du 20 au 23 mai, consacré à l’humour, à la satire et au dessin de presse. Un temps fort autour de l’esprit critique, avec ateliers dans les écoles et collèges, revue de presse, et un spectacle original le 24 avril associant Christophe Alévêque à des dessinateurs qui créeront en direct.
    • Enfin, Le Haillan chanté, du 10 au 13 juin, pour sa 15e édition, célébrant la chanson francophone, de la découverte aux artistes confirmés, en partenariat avec l’association Bordeaux Chansons.

    Une ambition constante malgré les incertitudes

    À travers cette programmation et ses multiples actions de terrain, L’Entrepôt poursuit une ligne claire : maintenir un accès large à la culture, soutenir la création et favoriser les rencontres.

    Malgré les contraintes financières, Manuel Corneau reste convaincu que le spectacle vivant continuera d’exister. Au Haillan, la salle entend rester un espace de partage, d’émotions et de dialogue, fidèle à sa vocation première : être un lieu culturel ouvert, vivant et profondément ancré dans son territoire.

  • Mérignac aprés-guerre:  » Des vaches et des chevaux sur la place de l’église! « 

    Mérignac aprés-guerre:  » Des vaches et des chevaux sur la place de l’église! « 

    Michel Petuaud-Létang a grandi à Mérignac à la sortie de la Seconde Guerre mondiale. Il se souvient d’un Mérignac que « les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître », à une époque où la commune était encore un bourg rurale, indépendante de Bordeaux.

    « Une bourgade autour d’une place très grande, avec une église »

    En 1947, Mérignac n’a rien d’une ville dense, avec moins de 20 000 habitants. Le cœur de la commune s’organise autour de la place de l’église.

    « C’est une bourgade autour d’une place très grande, avec une église. Sur la place, il y a des arbres, de l’herbe, et quelques lampadaires assez récents. Sur la place de l’église en 1947, c’est des vaches et des chevaux. » Il faut dire que le centre est entouré de propriétés, de fermes et de terres agricoles.

    Une ville coupée de Bordeaux

    À cette époque, Mérignac est clairement séparée de Bordeaux.

    « Mérignac est absolument et totalement indépendante de Bordeaux. »

    La coupure est nette : voie ferrée, grands parcs, propriétés privées forment une véritable frontière paysagère.

    « Il y avait ce qu’on appelait Fontainieu, une grande propriété énorme, mitoyenne du parc Bourran, qui faisait une césure totalement paysagère entre Bordeaux et Mérignac. »

    Une campagne habitée, morcelée, authentique

    Le Mérignac d’après-guerre est fait de quartiers isolés les uns des autres, séparés par des terres agricoles.

    « Il y avait ensuite des quartiers assez isolés les uns des autres. Entre, c’étaient des paysans, des agriculteurs. »

    Le bourg lui-même s’arrête rapidement. « Quand on descendait vers la Devèze, la ville s’arrêtait là. Pratiquement, le bourg s’arrêtait à la Devèze. »

    On y trouve encore un lavoir, des maisons anciennes, des familles nombreuses. « C’était le XIXᵉ siècle, pratiquement. »

    Une enfance au cœur du village

    Arrivé enfant à Mérignac, Michel Petuaud-Létang grandit place de l’église, où ses parents tiennent une mercerie.

    « J’allais à l’école en traversant la place, et après je jouais au football sur la place de l’église. Les buts, c’étaient les murs de l’église. »

    Le curé les réprimandait parfois, mais l’ambiance était celle d’un village soudé.

    « On se connaissait tous, on habitait tous autour de la place pratiquement. » Les commerces sont identifiés, les habitants aussi.« Je connaissais tout le monde sur la place. » Aujourd’hui encore, Michel Pétuaud-Létang se souvient du nom de nombreuses familles mérignacaises.

    Solidarité d’après-guerre

    La période est marquée par une forte entraide. « Il y avait une solidarité considérable et il n’y avait pratiquement pas de chômeurs. »

    Ses parents accueillent même une famille dans leur garage. « Ils n’avaient plus de biens, la guerre était passée par là. Mes parents les ont accueillis, on leur donnait à manger, on avait aménagé le garage. »

    Une mémoire précieuse pour comprendre la ville d’aujourd’hui

    À travers ces souvenirs précis, parfois tendres, parfois étonnants, Michel Petuaud-Létang livre bien plus qu’un récit personnel. Il raconte la matrice rurale et villageoise d’une ville aujourd’hui pleinement urbaine, rappelant que Mérignac s’est construite par strates, à partir d’un territoire vivant, solidaire et profondément humain.