Blog

  • Coupe Gambardella : Mérignac crée l’exploit face à Dunkerque et rêve plus grand

    Coupe Gambardella : Mérignac crée l’exploit face à Dunkerque et rêve plus grand

    Dimanche, le stade du Jard avait des allures de grand soir. Devant un public venu en nombre, les jeunes du SAM Football ont renversé l’USL Dunkerque (2-1), formation évoluant au niveau national, validant ainsi leur billet pour les huitièmes de finale de la Coupe Gambardella. Une victoire acquise dans les toutes dernières minutes, symbole de la détermination et de l’état d’esprit d’un groupe qui ne cesse de surprendre.

    Une préparation millimétrée, sans bouleverser les habitudes

    Dès le matin du match, Lucas Serra, entraîneur des U18, avait un objectif clair : faire de cette journée « un beau souvenir pour les joueurs et pour le club ». Malgré l’événement, le staff a tenu à conserver un cadre familier. Les joueurs se sont retrouvés deux heures avant le coup d’envoi pour une causerie d’abord technico-tactique, puis motivationnelle, afin de faire monter la pression progressivement.

    Une semaine particulière avait précédé la rencontre, Lucas Serra se trouvant en formation… aux côtés même du coach dunkerquois. L’occasion d’échanger autour du match à venir, tout en restant concentré sur son propre groupe. Informé du long déplacement des Nordistes, onze heures de bus le staff mérignacais savait aussi que l’adversaire arriverait prêt.

    Sur le plan mental, le groupe a impressionné. Malgré le stress inhérent à un seizième de finale, les joueurs sont restés soudés, multipliant les échanges dans le vestiaire. Plusieurs cadres ont pris la parole, pour fédérer l’équipe.

    Menés, mais jamais résignés

    La rencontre démarre difficilement pour les Girondins, bousculés d’entrée par une formation dunkerquoise très agressive. Reculés dans leur camp durant le premier quart d’heure, les Mérignacais concèdent l’ouverture du score à la 23e minute.

    Mais fidèle à ce qu’il observe depuis le début de saison, Lucas Serra voit ses joueurs refuser de céder. « Ils n’ont rien lâché », souligne-t-il, saluant leur maturité. Peu à peu, le SAM rééquilibre les débats, se crée plusieurs situations et envoie ses premiers signaux.

    Juste avant la pause, Ethan Escure remet les deux équipes à égalité, récompensant les efforts collectifs.

    À la mi-temps, le discours est simple : regarder les joueurs droit dans les yeux et rappeler que face à une structure professionnelle, le meilleur atout d’un club amateur reste le dépassement de soi. « Avec ce petit truc en plus, on peut bouger n’importe quel adversaire », martèle le coach, tout en insistant sur l’humilité.

    Une deuxième période engagée, un scénario cruel pour Dunkerque

    La seconde mi-temps reste équilibrée. Dunkerque affiche davantage de maîtrise collective, logique au vu de son niveau, mais Mérignac répond présent dans l’engagement et l’état d’esprit. Les occasions s’enchaînent de part et d’autre, laissant présager une séance de tirs au but.

    Puis vient la 90e minute.

    Sur une ultime action, Ethan Escure provoque dans la surface et obtient un penalty incontestable. Une décision courageuse de l’arbitre dans un contexte brûlant, saluée par les deux camps.

    Escure prend ses responsabilités. Le gardien touche le ballon, mais celui-ci termine sa course au fond des filets. 2-1 pour Mérignac.

    Le stade explose.

    « Toutes les cases étaient cochées pour que ce moment soit réussi », confie Lucas Serra. Le jeune attaquant, déjà buteur avant la pause, s’offre un doublé décisif après avoir changé de côté au dernier moment sur son penalty.

    Une explosion d’émotions

    Au coup de sifflet final, l’émotion submerge joueurs, staff et dirigeants. L’entraîneur se souvient du premier joueur venu se jeter dans ses bras, avant une vague collective de joie. Certains membres du staff, les larmes aux yeux, savourent ce moment rare.

    En tribune, Jean-Bernard Toulouse, co-président du SAM Football, vit la rencontre avec passion. « C’est magique », résume-t-il. Lui qui préfère laisser le vestiaire au staff reconnaît avoir été happé par le scénario. Menés, puis revenus au score, ses joueurs ont su faire jeu égal avec une équipe nationale.

    Le président souligne également la cruauté du sort pour le gardien adverse, effondré après le match, rappelant combien ce poste peut être impitoyable lors des grandes échéances.

    Christophe Lassalle, co-président du SAM Football, était également présent et a partagé l’émotion collective, tout comme de nombreux membres du club, les familles et les supporters.

    Une dynamique globale pour le club

    Cette qualification s’inscrit dans une saison déjà remarquable pour le SAM Football. L’équipe première a récemment battu les Girondins de Bordeaux (3-1) et occupe la tête du championnat de Régional 1, avec une montée en ligne de mire.

    Pour Jean-Bernard Toulouse, cette réussite repose sur un choix assumé : faire confiance aux éducateurs formés au club. « On n’est pas allés chercher ailleurs. On a de très bons éducateurs chez nous », explique-t-il, saluant l’émulation interne et le travail de formation.

    Chez les U18, cette génération prometteuse pourrait alimenter à terme l’équipe senior. Une projection essentielle pour l’avenir du club.

    Mérignac parmi les grandes villes du football français

    Avec cette qualification, Mérignac se retrouve désormais aux côtés de clubs prestigieux comme le Paris Saint-Germain, Lyon, Nice, Toulouse, Reims, Nantes, Rennes ou Strasbourg. Le SAM est même la seule formation de niveau régional encore en lice, endossant le rôle de petit poucet.

    Le tirage au sort des huitièmes de finale aura lieu jeudi midi. Une chose est sûre : quel que soit l’adversaire, l’affluence promet d’être importante. La question du lieu de la rencontre est désormais à l’étude avec la municipalité, tant l’engouement populaire grandit.

    Le maire était d’ailleurs présent dimanche au stade du Jard, preuve du soutien institutionnel autour du projet sportif.

    Garder le cap sur le championnat

    Si la Coupe Gambardella fait rêver, Lucas Serra insiste : la priorité reste le championnat. Plusieurs rencontres attendent encore les U18, et le défi du staff sera de maintenir les joueurs concentrés, malgré l’excitation liée à la Coupe.

    Heureusement, l’encadrement peut s’appuyer sur un collectif solide, des matchs filmés grâce à des partenariats techniques, et une organisation bien huilée.

    « Le SAM Football, c’est une grande famille »

    Dimanche, ils étaient nombreux autour du terrain : parents, proches, bénévoles, dirigeants. Une atmosphère que Jean-Bernard Toulouse résume simplement : « Le SAM Football, c’est une grande famille. »

    Un esprit qui transparaît dans chaque mot des dirigeants comme du staff, et qui semble porter cette équipe U18 vers des sommets inattendus.

    Rendez-vous désormais après le tirage au sort, avec un objectif partagé par tous : poursuivre l’aventure, sans rien changer à ce qui fait la force du groupe.

  • Saint-Médard-en-Jalles : leader de Fédérale 1, le SMRC construit son avenir entre performance sportive et projet collectif

    Saint-Médard-en-Jalles : leader de Fédérale 1, le SMRC construit son avenir entre performance sportive et projet collectif

    Un club historique ancré dans son territoire

    Fondé il y a près de 120 ans, le SMRC tire son identité de la poudrerie de Saint-Médard-en-Jalles. « L’ADN du club est resté le même depuis sa création », rappelle Hervé Dubès. Longtemps habitué aux niveaux Fédérale 2 et Fédérale 1, le club évolue aujourd’hui à son plus haut niveau amateur, porté par une politique centrée sur la formation et la jeunesse.

    Avec plus de 810 licenciés, le SMRC s’impose désormais comme un pôle d’attractivité régional, accueillant des joueurs venus de Pauillac à Lacanau, en passant par Saint-Aubin-de-Médoc ou le Haut Médoc. Une reconnaissance qui dépasse la seule rive gauche bordelaise.

    Une victoire précieuse dans des conditions difficiles

    Le week-end dernier, les Poudriers ont conservé leur place de leader grâce à une victoire serrée face à Beauvais (27-23). Un match maîtrisé dans son entame, avant un relâchement coupable.

    « À 20-3, on s’est vu gagner trop vite. On ne doit jamais sous-estimer l’adversaire », analyse Hervé Dubès. Sur un terrain gras et sous la pluie, le SMRC, habituellement porté sur le jeu de mouvement, a eu du mal à s’adapter à un rugby plus fermé. Beauvais en a profité pour revenir au score, faisant planer le suspense jusqu’au coup de sifflet final.

    Malgré cette frayeur, le co-président retient la série positive :six victoires consécutives et la capacité du groupe à rester solide dans l’adversité.

    Un mois de février décisif

    Premiers avec 58 points, devant le Bassin d’Arcachon et Floirac (53 points chacun, avec un match de retard), les Saint-Médardais abordent désormais un tournant majeur de leur saison. Deux déplacements consécutifs attendent le SMRC, précisément chez ses deux principaux concurrents.

    « Le mois de février va être très important. On entre dans le dur », reconnaît Hervé Dubès. Battus à l’aller par ces deux formations, les Poudriers nourrissent un esprit de revanche, tout en gardant la tête froide. L’objectif initial du club était une place dans le haut du tableau. Désormais, l’ambition est claire : jouer les premières places, sans brûler les étapes.

    La patte Bertrand Cazamayou

    Arrivé cette saison, l’entraîneur Bertrand Cazamayou a rapidement imprimé sa marque. Rigueur, professionnalisme et intensification du rythme d’entraînement quatre séances hebdomadaires ont permis au groupe de franchir un cap.

    « Si on est premiers, ce n’est pas pour rien », souligne Hervé Dubès. L’expérience du technicien apporte une nouvelle exigence collective, dans un effectif largement renouvelé à l’intersaison.

    Une formation au cœur du projet

    Depuis la reconstruction engagée en 2020, le SMRC s’appuie sur un modèle clair : bâtir durablement grâce à la formation. Le club dispose aujourd’hui d’une école de rugby labellisée trois étoiles, d’un centre d’entraînement reconnu et d’un pôle jeunes particulièrement dynamique.

    Avec 330 enfants à l’école de rugby, 52 éducateurs, deux équipes cadets, deux équipes juniors et des formations nationales dans ces catégories, la relève est solidement installée. À tel point que le club doit parfois refuser des inscriptions.

    « On a reconstruit le club sur ces bases là », insiste Hervé Dubès, attaché aux valeurs de cohésion, de solidarité et de camaraderie transmises dès le plus jeune âge.

    Le rugby féminin en plein essor

    Autre signe de vitalité : l’essor du rugby féminin. Partie de 25 licenciées il y a quatre ans, la section compte désormais plus de 120 joueuses, réparties entre rugby loisir (les salamandres), rugby à 10 (les Jalloises, en entente avec Martignas) et une équipe cadettes forte de 36 jeunes.

    Même si les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous, l’esprit collectif est salué : les joueuses suivent régulièrement l’équipe senior et participent activement à la vie du club.

    « Le principal, c’est le plaisir d’être ensemble », résume le co-président.

    Plus de cent bénévoles, pilier du SMRC

    Impossible d’évoquer le SMRC sans parler de ses bénévoles. Ils sont plus de 110 à faire vivre le club au quotidien : restauration, logistique les jours de match, boutique, encadrement des jeunes…

    « Ils se sentent en famille ici », souligne Hervé Dubès. Une organisation quasi professionnelle a été mise en place, avec une répartition précise des rôles, indispensable pour accompagner la croissance rapide du club, passé de 450 à plus de 800 licenciés en cinq ans.

    Un hommage appuyé a également été rendu à Charles, surnommé « Papi Cacahuète », figure emblématique des tribunes girondines, disparu récemment. Une minute d’applaudissements lui a été dédiée lors du match contre Beauvais.

    Partenaires et projets structurants

    Le développement du SMRC repose aussi sur ses partenaires, véritables piliers économiques du club. Des événements réguliers leur sont dédiés, comme l’opération « XV/20 », organisée prochainement à l’Hippodrome du Bouscat avec le chef Jorick Dorignac et une vente aux enchères de vins prestigieux.

    À moyen terme, plusieurs projets sont à l’étude : création d’un nouvel espace partenaires, amélioration des infrastructures, réflexion autour d’un terrain synthétique et adaptation du stade pour un éventuel échelon supérieur.

    Un nouveau projet stratégique, baptisé « Consolider pour propulser », doit succéder au plan lancé en 2020. Objectif : stabiliser les acquis avant d’envisager une montée, sans perdre l’identité du club.

    Un cap assumé, sans précipitation

    Si l’accession à l’étage supérieur n’était pas un objectif initial, le SMRC se prépare désormais à toutes les éventualités.

    « Si l’occasion se présente, on ne la refusera pas. Mais on veut d’abord consolider ce que nous avons construit », conclut Hervé Dubès.

    En attendant, les Poudriers poursuivent leur parcours en tête de la Fédérale 1, avec deux déplacements décisifs à Floirac puis sur le Bassin d’Arcachon, avant un retour à domicile le 1er mars face à Barbezieux-Saint-Hilaire.

  • Alerte météorologique : vigilance ORANGE crues pour la confluence Garonne et Dordogne et l’estuaire de la Gironde

    Alerte météorologique : vigilance ORANGE crues pour la confluence Garonne et Dordogne et l’estuaire de la Gironde

    Un épisode de fortes marées est en cours, avec des coefficients en progression (97 lundi après-midi et un maximun de 99 mardi et mercredi). Associé à une surcote, et à la propagation des débits sur la Garonne et la Dordogne, des débordements modérés à importants sont attendus dans les secteurs de Bordeaux et Libourne et dans les secteurs du Verdon et de Pauillac lors des pleines mers de mardi et mercredi matin.

    Les débordements les plus importants sont attendus lors de la pleine mer de mardi matin. Le préfet de la Gironde appelle chacune et chacun à la plus grande vigilance. Il rappelle par ailleurs que le département de la Gironde reste placé en vigilance jaune crues pour les tronçons Garonne girondine et Dronne aval et en vigilance JAUNE pour les risques d’orage, de vent et de vagues submersion.

    CONSEILS DE COMPORTEMENT

    Tenez-vous informé de la situation et suivez l’évolution de la crue sur www.vigicrues.gouv.fr :

    – Soyez vigilants si vous vous situez à proximité d’un cours d’eau ou d’une zone habituellement inondable

    – Conformez-vous à la signalisation routière et ne vous engagez pas sur une route immergée, même partiellement

    Évitez de pratiquer des activités nautiques

  • Saint-Jean-d’Illac : Bernard Monblanc, président des Abeilles Girondines, revient sur la saison de volley et les ambitions du club

    Saint-Jean-d’Illac : Bernard Monblanc, président des Abeilles Girondines, revient sur la saison de volley et les ambitions du club

    Une défaite frustrante mais riche d’enseignements

    Le week-end dernier, les Abeilles recevaient Saint-Quentin, un match crucial pour le classement de Ligue B. Malgré une série de six victoires consécutives, l’équipe s’est inclinée 3-2 après un tie-break serré à 15-13. « Ça s’est joué à quelques points près », explique Bernard Monblanc, déçu mais pas en colère. Les joueurs, poursuit-il, ont tout donné, et l’entrée de jeunes talents dans le quatrième set a permis de maintenir l’espoir jusqu’au bout.

    Cette défaite met en lumière la nature imprévisible du volley, où un match peut basculer sur quelques échanges. Pour le président, ces moments sont autant d’enseignements pour renforcer le mental et l’expérience des joueurs.

    Un président par circonstances, mais passionné par le sport

    Bernard Monblanc confie ne pas avoir de passé de joueur de volley. « Je n’ai pas joué, mais j’apprends et je suis très motivé par l’esprit club et l’aspect relationnel », explique-t-il. Ancien dirigeant de l’entreprise familiale MonBlanc Traiteur, partenaire historique du club, il a repris la présidence à la suite de Stéphane Hassoun, qui avait dirigé le club pendant près de dix ans.

    Cette expérience combine gestion professionnelle et engagement bénévole. Bernard Monblanc souligne les différences entre gérer une entreprise et un club semi-professionnel : « Le club implique des bénévoles, des comptes vérifiés par la DNACG, et une assise financière à construire pour envisager la montée en Ligue A. »

    Assises financières et ambitions sportives

    Actuellement sixième de Ligue B, les Abeilles Girondines poursuivent un double objectif : consolider leur santé financière et préparer sportivement une éventuelle montée dans les prochaines années. « La Ligue B, c’est bien, mais pour viser la Ligue A, il faut des bases solides, des partenaires et un plan de trésorerie adapté », insiste le président.

    Sportivement, le club mise sur la formation et l’intégration de jeunes talents, tout en renforçant l’équipe par quelques joueurs expérimentés. Bernard Monblanc insiste sur l’importance de trouver l’équilibre entre expérience et jeunesse pour résister aux moments critiques des matchs.

    L’esprit d’équipe et le rôle des bénévoles

    Le président tient également à saluer l’investissement des bénévoles. Une trentaine de personnes, dont une vingtaine présentes à chaque match, assurent la logistique et le soutien quotidien du club. « Un club sans bénévoles ne peut pas fonctionner », souligne-t-il. Cette mobilisation permet de maintenir un esprit convivial et performant, essentiel pour un club semi-professionnel.

    Une identité forte et un symbole fédérateur

    Le nom et le logo des Abeilles, utilisés depuis plus de 50 ans, représentent plus qu’une mascotte : « C’est un symbole du vivre-ensemble, de l’organisation et de la répartition des tâches », explique le président Monblanc. Ce symbole fédérateur reflète la philosophie du club, centrée sur le respect et la collaboration de tous ses membres.

    Vers une saison ambitieuse malgré le classement

    Malgré quelques écarts au classement, avec Martigues en tête, les Abeilles restent ambitieuses. Le championnat prévoit que les clubs s’affrontent trois fois, alternant matchs à domicile et en déplacement. La prochaine rencontre à domicile contre Martigues, le 24 février, sera un moment clé pour relancer les ambitions.

    Bernard Monblanc conclut : « Le championnat n’est pas fini, nous restons ambitieux et concentrés sur la consolidation du club pour viser la Ligue A dans quelques années. »

  • Mérignac d’antan : « Mérignac-Soleil, Le temple de la civilisation du congélateur! »

    Mérignac d’antan : « Mérignac-Soleil, Le temple de la civilisation du congélateur! »

    Dans ce dernier épisode, gros plan sur un autre équipement majeur de la ville : Mérignac-Soleil. Véritable révolution à la fin des années 80, le centre commercial et sa galerie marchande ont profondément transformé la ville et la vie.

    L’inspiration américaine des centres commerciaux périphériques

    Pour comprendre Mérignac Soleil, Michel Pétuaud-Létang remonte à une logique importée des États-Unis.

    « Il y a un phénomène qui se passe dans ces années-là : Monsieur Fournier, de la société Carrefour, va aux États-Unis et s’aperçoit que les centres commerciaux se développent près des autoroutes. » Une logique liée à l’étalement urbain et à la voiture omniprésente : « Ils prennent leur voiture tout le temps, ils vont dans un endroit où le parking est gratuit et où ils trouvent tout ce dont ils ont besoin. »

    À Mérignac, tous les ingrédients sont réunis pour importer ce modèle :« La rocade n’est pas loin, il y a une sortie, c’est à côté de Bordeaux, c’est une ville en plein développement. »

    La naissance d’un modèle commercial puissant… mais destructeur

    Le premier hypermarché s’installe près de la rocade, sur un grand terrain privé. « Ils n’en ont eu rien à foutre des cèdres magnifiques qu’il y avait, et ils ont construit une grande boîte rectangulaire avec un bardage blanc et écrit “Carrefour”. » L’objectif est clair : attirer toute l’agglomération. « Faire venir aussi bien les Bordelais que toute l’agglomération, avec un parking gratuit. » Mais pour l’urbaniste, ce modèle porte en lui une dérive profonde. « Moi, j’appelle ça la civilisation du congélateur. On vient le samedi, on remplit le coffre, on remplit le congélateur, on rentre chez soi et on reste enfermé toute la semaine. »

    Et conclut sans détour :« Moi, j’appelle ces établissements des “tue-la-ville”. »

    Des galeries marchandes à la ville artificielle

    Le succès attire de nouvelles activités : restauration, boutiques, puis galeries marchandes.« Ils se rendent compte qu’il y a tellement de monde qu’ils peuvent faire venir des marques, et ils développent des rues intérieures. » Même l’idée d’y ajouter des cinémas est évoquée.Une erreur supplémentaire selon lui :« Si tout ce qui est ludique et commercial est en périphérie, qu’est-ce qu’il reste dans les villes ? Plus rien. »

    Michel Pétuaud-Létang assume sa position :« Je me bats contre ça. Je n’ai jamais fait de centres commerciaux de périphérie. »

    Mérignac, modèle… et contre-modèle

    Mérignac Soleil devient pourtant une référence nationale.« Ça a été un succès considérable dans toutes les grandes villes de France. » Mais aussi un précédent : « Bordeaux a râlé, puis ils ont fait Bordeaux-Lac. Ensuite Bouliac, Bègles… »

    Avec le recul, il parle de « blessures urbaines » :« Au lieu de reprendre le mal à l’origine, on met des pansements autour de ces blessures. »

    Pour lui, une ville ne peut pas fonctionner sans continuité piétonne. « Ce n’est pas ça une ville. Si on ne peut pas circuler à pied en sécurité, ce n’est pas une ville. »

    Mérignac: attractivité indéniable

    Malgré ces critiques, Michel Pétuaud-Létang reconnaît le rôle moteur de ces infrastructures. « L’aéroport fait venir des entreprises, Mérignac Soleil fait venir des voitures, donc des routes, donc des immeubles. ». À cela s’ajoutent des atouts géographiques forts :

    « Le bassin d’Arcachon à 20 minutes, la côte Atlantique, les Pyrénées, les hôpitaux, l’université. »

    Un ensemble qui explique la puissance économique de la commune. « Si l’aéroport avait été sur la rive droite, Mérignac n’aurait pas eu le même développement. »

    Retrouver l’esprit des quartiers

    En conclusion, Michel Pétuaud-Létang plaide pour un retour à l’esprit originel de Mérignac.

    « Il faudrait retrouver ses quartiers, recréer des lieux où les gens ont envie de se retrouver. »

    Bistrots, terrasses, cheminements doux :

    « Faire un maillage très serré piétons-vélos et retrouver des points riches, des points de vie. »

  • À Saint-Jean-d’Illac, une saison culturelle engagée pour faire de l’Espace Quérandeau un véritable cœur de village

    À Saint-Jean-d’Illac, une saison culturelle engagée pour faire de l’Espace Quérandeau un véritable cœur de village

    Un équipement modulable au service de toutes les esthétiques.

    Salle de spectacle, scène ouverte sur le jardin, parvis conçu comme une place publique : l’Espace Quérandeau se distingue par sa modularité. Le fond de scène peut s’ouvrir vers l’extérieur, permettant aux artistes de jouer face au jardin, tandis que les gradins amovibles autorisent aussi bien des concerts festifs que des formes plus intimistes.

    Au-delà de l’outil technique, l’architecture participe à une stratégie urbaine assumée. Situé en plein centre-ville, à proximité de la mairie, de la bibliothèque et du tout récent centre associatif Joséphine Baker, le lieu s’inscrit dans un ensemble cohérent pensé pour favoriser les rencontres. « On traverse le jardin, on passe par le parvis, on entre dans la salle : cela crée une vraie place de village », résume Annabel Zanota-Carbonell. Une centralité qui change le rapport des habitants à la culture, désormais intégrée au quotidien.

    Une programmation artistique à la fois exigeante et accessible.

    À Saint-Jean-d’Illac, la culture se veut résolument inclusive. La saison compte une trentaine de spectacles, mêlant théâtre, musique, danse, humour, marionnettes ou encore propositions jeune public. Parmi les temps forts à venir : Malaka, duo de sœurs en résidence dès le 30 janvier, la compagnie Liquidambar et son théâtre de marionnettes le 6 février, ou encore Marion Mezadorian et son one-woman-show salué par Le Monde le 27 février.

    Le 13 mars, les jeunes talents du Conservatoire de Bordeaux investiront la scène, avant le lancement du festival En voiture Simone, du 15 au 30 avril : un rendez-vous pluridisciplinaire dédié à l’enfance et à la jeunesse, associant musique, contes, danse et théâtre, en partenariat notamment avec Martignas-sur-Jalle. Ce festival irrigue aussi l’espace public, avec parcours poétiques, ateliers, journée carnavalesque et créations collectives menées avec les écoles, la crèche et les structures périscolaires.

    La saison s’achèvera le 29 mai avec Guiz, membre du groupe Tryo, lors d’un concert debout festif, devenu un rituel de clôture à Saint-Jean-d’Illac. L’été prendra ensuite le relais avec Les Itinérantes, dont une grande soirée familiale prévue le 3 juillet dans le quartier du Las, mêlant tremplin musical, jeux pour enfants et interventions artistiques.

    Une culture engagée sur les enjeux contemporains.

    Fil conducteur de cette programmation : l’attention portée aux problématiques actuelles, notamment environnementales. Plusieurs spectacles abordent directement la nature et l’écologie, mais l’engagement dépasse le seul contenu artistique.

    La Ville agit également sur l’organisation même des événements : incitation aux mobilités douces via une tarification préférentielle pour les spectateurs utilisant des moyens de transport à faible impact, catering écoresponsable pour les artistes, réduction des impressions papier au profit d’une communication numérique. « On cherche des économies sur le fonctionnement, pas sur la qualité de l’offre », précise Annabel Zanota-Carbonell, dans un contexte budgétaire tendu pour les collectivités.

    Cette approche globale traduit une volonté municipale claire : maintenir une politique culturelle ambitieuse malgré les contraintes financières, en arbitrant autrement plutôt qu’en réduisant la programmation.

    Médiation culturelle et lutte contre les idées reçues.

    Autre pilier du projet illacais : l’accessibilité. L’Espace Quérandeau a été conçu pour accueillir tous les publics, y compris les personnes à mobilité réduite ou les publics dits « empêchés ». Mais l’inclusion passe aussi par un important travail de médiation.

    Rencontres avec les artistes à la bibliothèque, ateliers dans les écoles, visites de la salle, masterclass avec les associations locales : tout est mis en œuvre pour combattre l’idée selon laquelle la culture serait élitiste ou réservée à certains. « Les spectacles sont de grande qualité, mais ils sont pour tous », insiste la directrice.

    Pour la municipalité, la culture est à la fois divertissement, outil de réflexion et vecteur de cohésion sociale. Un levier d’émancipation, particulièrement auprès des plus jeunes, avec un travail régulier mené tout au long de l’année dans les établissements scolaires.

    Un maillage territorial fondé sur les partenariats.

    Commune de l’ouest bordelais, Saint-Jean-d’Illac revendique aussi son rôle de trait d’union entre l’agglomération et le Bassin d’Arcachon. La programmation s’appuie sur de nombreux partenariats : communes voisines (Cestas, Canéjan, Martignas), Théâtre Olympia d’Arcachon pour un parcours chorégraphique à l’échelle du Bassin, Conservatoire de Bordeaux, mais aussi réseaux professionnels et institutions culturelles comme l’IDDAC ou l’OARA.

    Cette coopération permet à la fois de mutualiser les coûts, de limiter les transports des artistes et d’offrir au public une diversité d’esthétiques sans concurrence entre territoires. « Il faut être en complémentarité, pas en rivalité », souligne Annabel Zanota-Carbonell.

    Un lieu désormais pleinement approprié par les habitants.

    Trois ans après son ouverture, l’Espace Quérandeau semble avoir trouvé sa place. Festivals, carnaval, temps forts participatifs : les habitants s’approprient progressivement ce nouvel espace, devenu un point de convergence pour les familles comme pour les amateurs de spectacle vivant.

    Pensé dès l’origine comme un équipement de proximité, au cœur du village, le site incarne aujourd’hui une ambition plus large : faire de la culture un moteur de dynamisme local et un espace de rencontre intergénérationnel.

    À travers cette saison 2025-2026, Saint-Jean-d’Illac affirme ainsi une vision de la culture à la fois exigeante, engagée et profondément ancrée dans son territoire.

  • Mérignac d’antan: L’Aéroport, histoire, développement et erreurs d’urbanisme

    Mérignac d’antan: L’Aéroport, histoire, développement et erreurs d’urbanisme

    Architecte et urbaniste, Michel Petuaud-Létang revient sur la naissance et le développement de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, une infrastructure déterminante pour l’économie locale, mais dont l’essor rapide a aussi généré des choix d’urbanisme aujourd’hui discutés.

    Un aérodrome né d’un terrain idéal

    L’implantation de l’aéroport à Mérignac n’est pas le fruit du hasard.

    « Il y a à Mérignac un terrain totalement plat, qui est le terrain de l’aérodrome », rappelle Michel Petuaud-Létang. Dès l’origine, ce site attire les pionniers de l’aviation, notamment « un Monsieur Issartier, passionné d’avions, qui avait créé un terrain d’aviation ».Rapidement, l’activité se structure autour de l’aéronautique.

    « Une aérogare s’est développée grâce à Dassault, grâce à la SOGERMA, pour l’entretien des appareils, avec de nombreux sous-traitants qui se sont installés autour. »

    Un véritable pôle industriel émerge alors au nord de l’aéroport, spécialisé dans les métiers de l’aéronautique.

    Un pôle stratégique, aux portes de l’international

    Dès les premières décennies, l’aéroport ouvre Bordeaux et Mérignac vers l’extérieur.

    « Il y avait des lignes qui partaient de Bordeaux sur le Maroc, sur l’Afrique, et sur Paris bien sûr. » L’agrandissement du site entraîne la création de l’avenue Kennedy et d’une nouvelle aérogare au sud des pistes, en lien avec la construction progressive de la rocade. Mérignac bénéficie alors d’un avantage décisif : « Les pistes sont beaucoup plus libres d’accès ici, ce qui n’est pas le cas à Toulouse. À Toulouse, on fabrique des avions, mais à Bordeaux, on les répare ou on les fabrique pour l’industriel et le militaire. »

    Une ville ouverte, mais confrontée à ses propres limites

    L’aéroport joue un rôle central dans l’ouverture internationale de la commune. « Mérignac a toujours été une ville ouverte vers l’étranger avec cet aéroport. »Sa configuration géographique y contribue :« Onze kilomètres de long sur quatre kilomètres de large, avec de l’air, de l’espace, et côté ouest, rien. Mais cette capacité d’extension a aussi généré des tensions.

    « On a laissé construire des habitations près des tracés d’envol ou d’atterrissage, et ça, c’est un urbanisme qui a été mal pensé. » À l’époque, reconnaît-il, « on n’avait pas cette notion de développement durable. On n’y pensait pas. » Avec l’augmentation du trafic, les nuisances se sont accentuées. « Avant, les avions faisaient 70 décibels, aujourd’hui ils en font plus de 100, et ils sont beaucoup plus nombreux. »

    Un phénomène amplifié par la mondialisation : « Aujourd’hui, le monde utilise beaucoup l’avion pour transporter des colis, même pour un objet qui pèse 100 grammes. »

    Une concurrence féroce entre communes

    Le développement de l’aéroport s’inscrit aussi dans un contexte de rivalités territoriales fortes. « Chaque commune avait son propre service pour attirer les entreprises. C’était la bagarre », se souvient Michel Petuaud-Létang. Mérignac, Le Haillan, Pessac ou Bordeaux cherchaient à capter les grands projets économiques.

    C’est dans ce contexte qu’intervient une anecdote révélatrice.

    « Un jour, je suis assis dans un avion à côté de Jacques Chaban-Delmas », alors maire de Bordeaux. Interrogé sur son travail, l’architecte répond simplement :

    « Je lui dis que je suis en train de dessiner IBM à Mérignac. »La réaction semble bienveillante :« C’est bien mon petit, bravo ! » Mais quinze jours plus tard, le projet change de cap.

    « Mon maître d’ouvrage m’appelle et me dit : IBM ne viendra pas à Mérignac. Ils vont aller à Bordeaux. »

    Avec le recul, Michel Petuaud-Létang analyse :

    « J’avais fait l’erreur, la sottise, gentiment, de dire au maire de Bordeaux ce que je faisais. C’est pour ça que IBM n’est pas installé à Mérignac. »

    Un moteur économique à encadrer

    L’aéroport reste un atout majeur.« Qu’il puisse se développer et accueillir des entreprises, c’est très bien. » Mais l’architecte met en garde :« Il faut gérer l’urbanisme autour, la mobilité et l’implantation des zones habitées. »Selon lui, Mérignac a payé le prix de son attractivité.

    « La ville a été victime de son succès : ça a été trop vite, trop incontrôlé. »

    Jusqu’à permettre des usages inattendus, comme l’implantation de la célèbre discothèque.

    « C’est grâce à l’aéroport qu’on a pu faire le Macumba, parce que c’était sous les pistes, dans une zone peu constructible, et le bruit ne posait pas de problème. »

    Un symbole, selon Michel Petuaud-Létang, d’un développement mené à grande vitesse, parfois sans vision d’ensemble, mais qui a durablement façonné le visage de Mérignac.

  • Coupe Gambardella : le SAM Football écrit une nouvelle page de son histoire en U18

    Coupe Gambardella : le SAM Football écrit une nouvelle page de son histoire en U18

    Une fierté vécue avec humilité

    Être encore en lice à ce stade de la compétition n’est pas anodin pour un club amateur. « C’est toujours plaisant, une vraie fierté, mais il faut le prendre avec humilité et surtout en profiter », confie Lucas Serra. Louka Berméjo souligne, lui, la singularité du SAM : l’un des rares clubs amateurs encore présents parmi des noms prestigieux comme Paris, Rennes, Nantes, Monaco ou Toulouse.

    Ce parcours marque un retour sur le devant de la scène pour la formation mérignacaise. Le dernier grand souvenir en Gambardella remonte à cinq ans, avec un quart de finale finalement annulé par la crise sanitaire. Depuis, le club a perdu ses catégories nationales, rendant cette aventure encore plus symbolique.

    Un groupe jeune, structuré et tourné vers l’avenir

    Engagée en U18 Régional 1, l’équipe est composée de joueurs nés en 2008 et 2009, issus pour certains des anciens groupes nationaux du club. L’objectif est clair : finaliser leur formation et les préparer au monde senior. « On est sur un pôle post-formation. L’idée, c’est de les accompagner au mieux dans cette transition », explique Lucas Serra, lui-même ancien joueur du club.

    Ancien Samiste passé par la pré-formation des Girondins de Bordeaux, Lucas Serra connaît parfaitement l’ADN du club. « Le SAM, c’est un club qui compte. Il m’a permis d’évoluer, de me former, et aujourd’hui d’accompagner des jeunes dans leur parcours », souligne-t-il.

    Un capitaine de 17 ans, moteur du collectif

    À seulement 17 ans, Louka Berméjo porte le brassard de capitaine. Un rôle qu’il assume par son état d’esprit et sa proximité avec le groupe. « Je m’entends bien avec tout le monde, j’essaie d’être toujours positif », explique le jeune joueur originaire de la région paloise, arrivé au club la saison dernière.

    Pour son entraîneur, le choix est évident : « Il coche beaucoup de critères, sur le terrain comme humainement. Il est le reflet de cette équipe, saine et soudée. »

    Résilience et mental, clés du parcours

    Menée à plusieurs reprises, notamment à Limoges où le SAM est revenu de 2-0 pour s’imposer 3-2, ou encore lors de la qualification aux tirs au but face à Saint-Clément Montferrier, l’équipe a démontré une force mentale remarquable. « Ce match à Limoges a été fondateur. Il a créé quelque chose dans le groupe », analyse Lucas Serra.

    Pour Louka Berméjo, ces moments difficiles forgent le collectif : « Quand on est mené, il faut rester ensemble, motiver, dire qu’il reste du temps. C’est là que tout se joue. »

    Trouver le bon équilibre avant le 16ᵉ de finale

    À l’approche de la rencontre face à Dunkerque, le staff veille à ne pas tomber dans l’excès. « Il faut rester naturel, ne pas surmotiver. La Gambardella est une aventure unique, surtout pour les U18 qui ne la vivront qu’une seule fois », rappelle l’entraîneur, tout en gardant un œil sur le championnat, où l’équipe joue également les premiers rôles avec, en ligne de mire, une possible montée.

    Un club, une famille, un élan collectif

    Au-delà du terrain, ce parcours met en lumière la force du collectif élargi : staff investi, bénévoles, parents présents sur chaque déplacement, parfois jusqu’à l’hôtel. « Sans eux, rien ne serait pareil », insiste Lucas Serra, saluant l’engagement de tous ceux qui gravitent autour de l’équipe.

    Pour Louka Berméjo, le SAM Football apporte aussi de la visibilité et une progression constante. « On devient meilleurs tous les jours, et vivre ça à 17 ans, c’est énorme. »

    Une aventure déjà gravée dans les mémoires

    Quand on leur demande ce qu’ils aimeraient retenir de cette épopée, les réponses sont claires. « Le plaisir, la passion et l’aspect humain », pour l’entraîneur. « Un groupe génial qui n’a jamais lâché », pour le capitaine.

    Rendez-vous est pris le 1er février au stade du Jard. Quel que soit le résultat, cette génération U18 du SAM Football aura déjà marqué l’histoire du club, en incarnant une équipe résiliente, saine et mentale, fidèle aux valeurs samistes.

  • Mérignac d’antan:  » On aurait dû empécher de construire de part et d’autre de la rocade! »

    Mérignac d’antan:  » On aurait dû empécher de construire de part et d’autre de la rocade! »

    Architecte-urbaniste et Mérignacais, Michel Petuaud-Létang livre un éclairage historique et critique sur le développement de Mérignac, l’impact de la rocade bordelaise et les grandes décisions d’aménagement qui ont façonné l’ouest de la métropole.

    Un mouvement ancien, bien avant la rocade

    Contrairement à une idée répandue, l’intégration progressive de Mérignac dans l’aire bordelaise n’est pas née avec la rocade. « Le processus était en marche », rappelle Michel Petuaud-Létang.Cette dynamique s’explique par un phénomène historique observé dans de nombreuses villes :« Toutes les villes se développent à l’ouest, parce que les vents dominants vont de l’ouest vers l’est. Les activités polluantes ont longtemps été installées à l’est, avec les quartiers ouvriers. »

    À Bordeaux, cette logique a contribué à une opposition durable entre les deux rives de la Garonne.« La rive droite a longtemps été mal considérée, perçue comme un quartier populaire et industriel, alors que la rive gauche concentrait les quartiers jugés plus favorables. »

    Mérignac, terre de villégiature puis d’opportunités

    Dès le XVIIIᵉ siècle, Mérignac attire les élites bordelaises.

    « Les riches banquiers et négociants en vin ont acquis à l’ouest de grandes propriétés magnifiques », explique l’urbaniste, évoquant la création d’hôtels particuliers et de vastes domaines.

    La commune mêle alors grandes propriétés bourgeoises et quartiers beaucoup plus anciens :« À Mérignac, il y a des quartiers qui datent des Romains, comme les Eyquems. »

    L’arrivée des boulevards à Bordeaux au XIXᵉ siècle renforce cette attractivité.

    « Les boulevards ont été un appel : on circulait mieux, il y avait du terrain, et les entreprises sont venues naturellement de ce côté-là. »

    La rocade : un accélérateur mal maîtrisé

    Pour Michel Petuaud-Létang, la rocade a reproduit les mêmes erreurs que les boulevards.

    « On a permis une urbanisation facile le long de la rocade », regrette-t-il, estimant qu’un large corridor vert aurait dû être préservé. « Si j’avais été urbaniste à l’époque, j’aurais interdit de construire de part et d’autre de la rocade. »

    Pensée dans les années 1960 pour désengorger Bordeaux, notamment sous l’impulsion de Jacques Chaban-Delmas, la rocade facilite aussi les échanges économiques européens.

    « C’était beaucoup plus simple pour les camions et les échanges entre le nord et le sud de l’Europe, ainsi qu’avec l’Afrique du Nord. »

    Aéroport, industrie et naissance des zones d’activités

    Le développement de l’aéroport de Mérignac et l’implantation de Dassault dans les années 1930 jouent un rôle déterminant.

    « Dès qu’une grande entreprise s’installe, il y a toujours des sous-traitants autour. C’est un appel. »

    Dans les années 1960-1970, Mérignac reste encore largement rurale. « C’était un pays de paysans et de grandes propriétés bourgeoises », se souvient-il, décrivant un territoire en pleine mutation.

    Cette transformation s’incarne avec la création de la zone d’activités CADERA.

    « On a inventé le mot CADERA, pour Centre d’Activités Deux échangeurs, Rocade, Aéroport. Le terme est devenu un nom commun. »

    Le projet repose sur une règle innovante pour l’époque :

    « Pas plus de 30 % d’emprise au sol pour les bâtiments, 30 % pour les voiries et parkings, et 40 % d’espaces verts. »

    Une vision qui fera de CADERA « l’un des premiers parcs d’activités par club en Europe ».

  • Hop Hop Immo : « Une appli de rencontre… de l’immobilier. Faut que ça matche ! »

    Hop Hop Immo : « Une appli de rencontre… de l’immobilier. Faut que ça matche ! »

    Leur ambition : simplifier un parcours souvent jugé complexe, chronophage et décourageant, tout en répondant à une crise du logement qu’ils qualifient eux-mêmes de « problème politique, économique et social majeur ».

    Créée il y a huit mois, la société Hop Hop Immo se positionne comme une plateforme nouvelle génération dédiée, pour l’instant, exclusivement à l’immobilier neuf. Un choix assumé par Gaëtan Benezech, ancien du monde de la promotion immobilière : « C’est une verticalité qu’il faut d’abord maîtriser parfaitement avant d’aller vers d’autres marchés. »

    Du “site d’annonces” au “site de rencontre” immobilier.

    À l’origine du projet, un constat simple : malgré la multiplication des plateformes, chercher un logement reste fastidieux. « On rentre des critères froids : budget, localisation, nombre de pièces et on ressort des listes de programmes. Ensuite, c’est à l’utilisateur de se débrouiller pour trouver le bon lot », résume Julien Mellano.

    Hop Hop Immo entend inverser la logique. Au cœur du système : un algorithme de matching affinitaire. Concrètement, la plateforme analyse le besoin réel de l’utilisateur et le compare à l’ensemble de son offre pour afficher un pourcentage de compatibilité avec chaque logement.

    « L’idée, c’est un site de rencontre de l’immobilier. Il faut que ça match », sourient les deux associés. Chaque bien est ainsi “scoré” en fonction de dizaines de critères : étage, exposition, balcon, environnement, mais aussi priorisation personnelle de l’acheteur. Résultat : plutôt que des milliers d’annonces, l’utilisateur voit remonter les logements qui correspondent le mieux à son profil.

    Aujourd’hui, le portail recense déjà près de 25 000 logements partout en France, avec une projection à 35 000 voire 40 000 lots dans les prochaines semaines, grâce à des partenariats avec de grands promoteurs, dont Nexity.

    Une recherche plus humaine, enrichie par l’IA.

    Autre innovation majeure en préparation : un agent immobilier virtuel, actuellement en phase de prototype. Prévu pour un premier déploiement dès la fin du mois, il doit évoluer sur six mois avant une version pleinement opérationnelle d’ici l’été.

    Accessible en mode vocal, cet assistant intelligent aura pour mission de dialoguer avec l’utilisateur, de préciser ses attentes, mais aussi de les challenger. « Est-ce que tu as vraiment besoin d’un trois-pièces ? Est-ce que cet emplacement est pertinent pour toi ? », explique Julien Mellano. L’objectif est de reproduire le rôle d’un professionnel de terrain, tout en apportant une dimension pédagogique sur les aspects juridiques, fiscaux ou financiers.

    Hop Hop Immo intègre déjà des fonctionnalités inédites, comme la recherche par mensualité ou par effort d’épargne, plutôt que par simple prix d’achat. « 300 000 euros, ça ne veut rien dire. Ce qui compte, c’est : est-ce que je peux acheter avec 1 000 euros par mois, par exemple ? », insiste Gaëtan Benezech.

    La plateforme s’apprête également à enrichir ses annonces avec une trentaine de points d’intérêt : écoles, collèges, crèches, commerces, transports, accessibles à pied, à vélo ou en voiture. Des profils types jeunes actifs, familles, seniors viendront compléter cette lecture du territoire, pour proposer des logements en phase avec les modes de vie.

    Une start-up ancrée localement, tournée vers la croissance.

    Incubée par Bordeaux Techno-Ouest, adhérente à la French Tech et récemment labellisée French PropTech, Hop Hop Immo revendique son ancrage girondin tout en visant un déploiement national. La jeune pousse est aujourd’hui en phase de levée de fonds afin de structurer son équipe et d’accélérer le développement de ses outils.

    « On est pragmatiques. On avance étape par étape », confie Gaëtan Benezech, qui lance au passage un appel aux investisseurs.

    Chaque semaine, les deux entrepreneurs interviendront également sur C6 Radio dans un format court de 66 secondes, destiné à démocratiser les sujets immobiliers et répondre aux questions concrètes des auditeurs.

    Le logement, enjeu majeur de société.

    La crise du logement est devenue centrale. Manque de foncier, difficultés d’accès à la propriété pour les jeunes, séparations familiales multipliant les besoins en logements, tensions locatives dans les métropoles… Pour Gaëtan Benezech, « l’immobilier est le premier sujet de discussion des Français ».

    Dans ce contexte, le neuf retrouve même un certain attrait : prix en baisse, rapprochement avec ceux de l’ancien, garanties constructeur, normes acoustiques et thermiques renforcées, livraisons parfois immédiates. « Aujourd’hui, c’est clairement un bon moment pour acheter », affirment les fondateurs, évoquant également promotions des promoteurs et stabilisation des taux.

    Avec Hop Hop Immo, Gaëtan Benezech et Julien Mellano ambitionnent ainsi de réconcilier innovation technologique et réalité du terrain, en mettant l’utilisateur au centre du parcours. Une manière de transformer une expérience souvent perçue comme anxiogène en un processus plus fluide, plus humain… et résolument tourné vers l’avenir.