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  • Coupe de France : « Le SAM ne va pas changer sa philosophie. »

    Coupe de France : « Le SAM ne va pas changer sa philosophie. »

    Réunions de sécurité obligatoires, coordination police–gendarmerie, parcage pour d’éventuels ultras palois : « On n’est pas habitués à ça, mais tout est maîtrisé », assure Jean-Bernard Toulouse, qui espère une tribune pleine au stade Robert-Brettes comme lors du 32ᵉ de finale face à Laval. Sportivement, pas question de renier l’identité mérignacaise : « On ne mettra pas les barbelés. Ce n’est pas la maison. On va jouer notre football », explique-t-il, évoquant une équipe surmotivée après son exploit contre Colomiers, mais parfaitement lucide : « On ne se prend pas pour plus que ce qu’on est. Et si on perd, ce serait logique : Pau est une Ligue 2. »

    La pelouse, critiquée l’an dernier, ne sera pas un sujet cette année : « À l’époque, il pleuvait énormément. Mais cette saison, la mairie a fait le nécessaire : pas de rugby pendant quinze jours et un vrai travail d’entretien. Aujourd’hui, la pelouse est à 80–90 %. » Samedi, le protocole sera légèrement adapté, notamment avec un repas collectif avant la rencontre, mais « ce sera un match presque comme les autres ».

    Sur les ambitions du club, Jean-Bernard Toulouse se montre transparent : oui, le SAM souhaite monter d’un cran, mais sans entrer dans une logique financière démesurée. « On ne rémunère pas à tout va les joueurs. Il y a des primes de match uniquement s’ils gagnent. » Une philosophie assumée, partagée par tout son comité, qui peut rebuter certains joueurs davantage sensibles aux salaires qu’au projet sportif.

    Et puis Jean-Bernard Toulouse a révélé une anecdote plutôt cocasse :il est l’un des gardiens qui ont marqué le plus de buts ! Première licence en 1966, gardien « dans la bonne moyenne », il part travailler à Paris et décide d’abandonner les cages. À Meudon, il se présente comme avant-centre sans dire qu’il était portier… et enchaîne les buts. À son retour à Mérignac, l’entraîneur se réjouit de récupérer un gardien ; il le détrompe : « Non, je suis avant-centre maintenant. » Après un passage en réserve, il devient l’un des meilleurs buteurs du club.

    De joueur à éducateur puis président depuis quinze ans, Jean-Bernard Toulouse a traversé toutes les grandes épopées du SAM, du 32ᵉ de finale de 1969 aux performances récentes : « Le SAM a toujours été un club performant », résume-t-il.

    À la veille de défier Pau, Mérignac avance fidèle à sa philosophie : calme, humble, structuré, ambitieux à sa manière. Un club qui n’a « rien à perdre »… et qui, comme souvent en Coupe de France, peut donc tout

  • Gymnastique : le “Prat 2” bientôt validé ?

    Gymnastique : le “Prat 2” bientôt validé ?

    À seulement 15 ans, la jeune Mérignacaise revient sur une expérience qu’elle a pleinement mesurée seulement une fois rentrée en France : « Au début, je réalisais pas trop. Maintenant oui, j’ai compris que j’étais championne du monde. »

    Pour son coach, la prestation française a été particulièrement solide : « Elles ont fait une compétition exceptionnelle. »

    Dans cette réussite, la relation entre Maïana et son entraîneur est centrale. La gymnaste l’affirme sans hésiter : elle n’envisage absolument pas une compétition sans son coach à ses côtés.

    Elle précise : « Je me vois pas faire une compétition sans lui. Les autres n’ont pas les mêmes mots, je ne suis pas rassurée. »

    Mickaël Pallarés décrit une athlète unique, capable de transformer la pression en plaisir : « Elle rayonne, elle prend du plaisir, c’est ce qui fait sa force. »

    Ambitieuse, Maïana affiche clairement son objectif : « Les Jeux Olympiques 2028, j’aimerais bien. »

    Son parcours impressionne : baby-gym à 2 ans et demi, entraînements quotidiens dès le CE1, deux fois par jour ensuite. En 2023, elle passe un cap, multiplie les podiums nationaux et intègre l’équipe de France.

    À Manille, elle a également présenté un élément original au sol : un pivot de trois tours surnommé “Prat 2”, destiné à enrichir une figure déjà existante, le “Prat 1”.

    Un privilège rarissime pour son âge : très peu de gymnastes juniors dans le monde peuvent se vanter d’avoir un élément référencé — ou en passe de l’être — à leur nom.

    La validation internationale du “Prat 2” est toujours en attente, mais les signaux sont encourageants.

    Au quotidien, Maïana jongle entre cours, entraînements intensifs et sacrifices personnels. Sa famille la suit partout : « Mes parents et mes grands-parents viennent presque à toutes mes compétitions. »

    Prochaine étape : le 6 décembre à Mérignac dans le championnat de France Top 12 face à Meaux, l’une des équipes les plus expérimentées du pays. Après cette rencontre, elle se concentrera sur de nouvelles difficultés techniques.

    Toujours souriante et sereine, Maïana résume sa philosophie :

    « Quand je souris, ça marche mieux que quand je stresse. »

    Championne du monde à 15 ans, soutenue indéfectiblement par son coach, déjà liée à deux éléments techniques qui portent son nom, et déterminée à viser les JO 2028… Maïana Prat n’a pas fini de marquer la gymnastique mondiale.

  • Mérignac: « Les avions les moins bruyants atterriront à l’aéroport »

    Mérignac: « Les avions les moins bruyants atterriront à l’aéroport »

    Pour commencer, un symbole qui fait réagir : la disparition de l’appellation « Aéroport de Bordeaux–Mérignac, désormais remplacée par Bordeaux Aéroport. Beaucoup d’habitants y voient une forme d’effacement. Thierry Trijoulet relativise : « Mérignac ne disparaît pas. C’est un très très très vieux débat. »

    Il rappelle surtout le rôle fondateur de la commune : « L’aéronautique a commencé ici en 1910 », un héritage qui, selon lui, reste pleinement identifié malgré le changement de nom, décidé pour renforcer le rayonnement international.

    Le maire a ensuite détaillé le projet de testeur de moteurs de fusée, qui suscite interrogations et inquiétudes. Il s’agit d’une start-up issue de l’incubateur Cockpit, à Mérignac, qui s’apprête à franchir une nouvelle étape industrielle. Le projet se déploie en deux volets : une implantation principale au Haillan, où une enquête publique va être lancée, et un site de tests situé directement sur l’emprise aéroportuaire, dans des hangars existants. Autrement dit, les essais ne seront pas réalisés en plein air, mais dans des installations confinées, sécurisées et adaptées.

    Thierry Trijoulet précise : « Un test de fusée, ça peut faire beaucoup de bruit. Mais toutes les conditions seront posées pour éviter les nuisances. » Il assure que les collectivités ne valideront le projet que si toutes les garanties techniques, sonores et environnementales sont réunies. Il dénonce également une « utilisation démagogique » du sujet par certains, alors que les nuisances réelles sont, selon lui, bien moins problématiques que celles générées par l’aéroport lui-même.

    Sur les nuisances aériennes, et notamment la sécante, il rappelle que « c’est l’État qui a la main ». Le préfet a transmis sa feuille de route et des efforts supplémentaires sont attendus des compagnies aériennes pour privilégier les avions les moins bruyants.

    La question de l’emploi occupe une place majeure. La filière aéronautique et spatiale fait face à 2500 postes vacants, un chiffre qui inquiète l’élu. Il mise sur le projet Tarmaq pour susciter des vocations locales : « Ce ne sont pas forcément des métiers qui nécessitent un bac +4 ou +5. Beaucoup de métiers techniques sont accessibles avec la bonne formation », insiste-t-il.

    Sur sa succession à Alain Anziani, Thierry Trijoulet assume un passage de témoin naturel : « J’ai travaillé auprès d’Alain Anziani pendant deux mandats. Je ne suis pas surpris par les dossiers. » Il concède néanmoins « un costume particulier » à porter après deux figures politiques emblématiques.

    En matière de circulation, le maire reconnaît un défi quotidien. L’attractivité de Mérignac génère d’importants flux, avec des bouchons aux heures de pointe. Thierry Trijoulet dit travailler « quasi quotidiennement » avec Bordeaux Métropole sur les aménagements, le covoiturage ou l’usage du tramway, mais rappelle la réalité des chantiers :

    « Modifier une voirie, ça ne se fait pas en 48 heures. Il y a des procédures, et il faut les accepter. »

    En matière d’urbanisme, Thierry Trijoulet défend la transformation de Marne Soleil en quartier mixte, mêlant logements, services et transports. Une mutation d’envergure qui, selon lui, préserve les zones pavillonnaires et attire même l’attention de plusieurs médias nationaux venus observer cette démarche « vertueuse ». Le secteur, longtemps considéré comme une simple zone commerciale, est présenté comme l’un des premiers projets européens à opérer une telle reconversion.

    Côté culture, les travaux du Krakatoa avancent pour une réouverture en 2026. Le Pin Galant, en revanche, suscite plus de questions depuis la nouvelle délégation de service public confiée à un opérateur privé. Thierry Trijoulet clarifie : « La collectivité fixe les règles. »

    Il insiste sur le fait que la mairie garde la main, que les tarifs et la politique culturelle restent encadrés, et que ce nouveau fonctionnement doit rapprocher la salle de son territoire, en renforçant le travail avec les centres sociaux, les centres d’animation et les associations locales.

    Le sport reste une fierté locale : le Sam Football poursuit sa belle aventure en Coupe de France, le rugby se porte bien, et la jeune gymnaste Maïana Prat, championne du monde junior, incarne l’excellence individuelle.

    « Le sport est ancré à Mérignac depuis les années 70 », rappelle Thierry Trijoulet.

    Enfin, sur la situation nationale, il confie son inquiétude face au ralentissement économique et aux contraintes imposées aux collectivités. Les chefs d’entreprise du territoire sont préoccupés. « Demain, il serait préférable que la France ait un budget », estime le maire.

  • Saint-Médard-en-Jalles : Stéphane Delpeyrat-Vincent alerte sur les emplois, les blocages administratifs et une France “hors-sol”

    Saint-Médard-en-Jalles : Stéphane Delpeyrat-Vincent alerte sur les emplois, les blocages administratifs et une France “hors-sol”

    Lors de la matinale de C6radio, le maire de Saint-Médard-en-Jalles est revenu sur du sommet aéronautique et spatial qui s’est tenu à Mérignac, la tension sur l’emploi est apparue clairement. « Il y a 2500 emplois vacants dans l’ensemble de la filière », rappelle Stéphane Delpeyrat-Vincent. Pour lui, l’attractivité des métiers souffre d’un préjugé persistant :

    « Il y a parfois l’idée, notamment chez les jeunes, que ce sont des métiers forcément de très très très haut niveau et que c’est inaccessible pour eux. »

    Une perception fausse, insiste-t-il, puisque des entreprises comme Sabena peuvent former des mécaniciens ou des électriciens venus d’autres secteurs.

    Cette inquiétude des industriels s’ajoute à un contexte international instable. Le maire souligne que « l’Europe a pris conscience avec retard qu’elle n’était plus forcément protégée par les États-Unis », ce qui impose selon lui une souveraineté renforcée et « la reconstitution d’une filière totalement autonome ».

    Mais sur le terrain, la croissance de l’emploi se heurte à un système administratif qu’il juge incapable de suivre. L’ouverture de la déviation du Taillan Médoc a provoqué un « plus 38 % sur la route de Lacanau », saturant encore davantage Saint-Médard-en-Jalles et les communes voisines. Stéphane Delpeyrat-Vincent dénonce des années de blocages :

    « On nous a demandé sans cesse de refaire des études, des enquêtes, des compléments. On a perdu un temps pas possible. »

    Pour lui, l’enjeu dépasse la circulation : ces lenteurs affaiblissent l’attractivité du territoire.

    « On ne peut plus vivre dans un pays où l’on attend sans cesse la tutelle de l’État pour faire une piste cyclable. »

    Il rappelle que d’autres pays construisent infrastructures et développement économique simultanément, là où la France exige validations successives et procédures interminables. Exemple marquant : à Blanquefort, il a fallu plus de onze ans pour réaliser 200 mètres de piste cyclable.

    Sur l’environnement, il note que Saint-Médard-en-Jalles a été labellisée “Capitale française de la biodiversité”, preuve de la compétence locale. « J’ai des ingénieurs, des écologues, des gens extrêmement compétents. Je n’ai pas besoin d’un comité à Paris pour me dire si tel point est possible », soutient-il, plaidant pour une autonomie décisionnelle bien plus grande au niveau local.

    La crise du logement, qu’il décrit comme « sociale, économique et écologique », renforce selon lui l’urgence d’agir autrement. Avec seulement 10 000 logements neufs livrés au dernier trimestre, il accuse l’État d’absence de planification et de normes contreproductives qui « raréfient encore les possibilités foncières ».

    Enfin, sa critique du pouvoir central est particulièrement tranchante. Pour le maire de Saint-Médard-en-Jalles, « une administration parisienne a quasiment fusionné avec le monde économique du CAC 40 », ce qui provoque une politique économique déconnectée des PME, des TPE et des territoires. Il estime que ce modèle hypercentralisé nourrit un profond ressentiment et contribue à la montée du vote extrême.

    S’il se dit « inquiet comme tout le monde », il rappelle que le territoire regorge « de compétences, de volonté et d’énergie ». Et il conclut en réaffirmant que le véritable changement passe par un transfert massif du pouvoir vers les territoires :

    « Ce qui étouffe aujourd’hui, c’est un système hyper centralisé. Les solutions, nous les avons ici. Il faut nous laisser prendre en main ces sujets. »

  • Restos du Cœur : « Que ceux qui dénoncent l’assistanat viennent passer une journée avec nous ! »

    Restos du Cœur : « Que ceux qui dénoncent l’assistanat viennent passer une journée avec nous ! »

    Un seuil psychologique encore puissant

    De nombreuses personnes sont orientées par les services sociaux, mais une part grandissante franchit la porte spontanément, incapables de couvrir leurs dépenses essentielles. « Ce n’est jamais facile de pousser la porte, même 40 ans après », rappelle Françoise Casadebaig. Cette honte persistante rend l’accueil central : écoute, réassurance, absence de jugement. Pour certains, ce moment constitue le seul échange humain de leur semaine, un élément devenu aussi essentiel que l’aide alimentaire.

    Une précarité élargie : étudiants, travailleurs pauvres… et de plus en plus de retraités

    Les Restos du Cœur Gironde constatent une hausse nette des étudiants en difficulté, mais aussi des travailleurs pauvres dont certains, malgré un emploi,dorment dans leur voiture faute de pouvoir se loger. L’évolution la plus marquante demeure toutefois l’arrivée croissante de retraités. Souvent seuls et disposant de pensions trop faibles pour faire face à la hausse générale des prix, ils représentent une part de plus en plus visible du public accueilli. « Pour eux, la situation ne s’améliorera pas », indique Françoise Casadebaig. Les centres voient également affluer davantage de personnes seules et de familles monoparentales.

    Isolement, fragilité et rôle crucial de l’écoute

    L’arrivée croissante de retraités isolés et de personnes vivant seules souligne une dimension essentielle du travail des Restos : rompre la solitude autant que la précarité alimentaire. Pour certains, venir au centre constitue autant un soutien matériel qu’un soutien humain. « Beaucoup de personnes viennent et c’est le seul moment où elles parlent avec quelqu’un de la semaine», explique la responsable. Pour les bénévoles, l’accueil et l’écoute sont donc des missions premières, indissociables des paniers distribués.

    L’assistanat, un discours en décalage complet avec le terrain

    Les critiques récurrentes sur « l’assistanat » ne correspondent en rien au fonctionnement réel observé dans les centres. La grande majorité des bénéficiaires vient par nécessité, non par confort. Les chiffres sont explicites : 64 % des familles reçues l’an dernier venaient pour la première fois, et seules 14 % reviennent l’année suivante. Les Restos du Cœur constituent un coup de pouce ponctuel, qui permet à la plupart des personnes de rebondir. D’où la réaction ferme de Françoise Casadebaig : « Que ceux qui dénoncent l’assistanat viennent passer une journée avec nous ! »

    2,5 millions de repas distribués en 2024

    En Gironde, 2 500 000 repas ont été distribués l’an dernier, auxquels s’ajoutent 68 000 repas destinés aux personnes vivant dans la rue. Les besoins restent constants : dons financiers, produits alimentaires, hygiène et fournitures pour enfants.

    Une organisation sous tension mais qui tient

    Malgré quelques pénuries ponctuelles, notamment sur les œufs, l’association parvient à suivre la hausse de fréquentation. La grande collecte annuelle aura lieu en mars.

    Une aide élargie aux démarches administratives

    Les Restos déploient désormais un véhicule aménagé en bureaux pour accompagner les familles dans leurs démarches sociales, juridiques ou administratives. Il se rendra dans les 40 centres girondins afin d’aider ceux qui peinent à s’orienter dans des procédures complexes.

    Bénévoles mobilisés, mais disponibilité réduite

    L’esprit de Coluche – respect, convivialité, solidarité – demeure, mais les bénévoles disposent de moins de temps qu’autrefois. Les Restos recherchent notamment des chauffeurs et des bénévoles qualifiés pour leur service RH. L’ouverture d’un nouveau centre à Saint-Augustin permettra de soulager celui de Mérignac, saturé avec 600 familles accueillies.

    Épilogue amer

    À peine son entretien terminé, Françoise Casadebaig a appris que le centre des Restos du Cœur de Talence venait d’être vandalisé. C’est la deuxième fois en quelques mois. La première fois, les visiteurs étaient repartis avec… un peu de chocolat.

  • Martignas : Le maire dénonce les lourdeurs administratives

    Martignas : Le maire dénonce les lourdeurs administratives

    À 28 ans lors de son élection, Jérôme Pescina rappelle que son engagement n’est pas issu du militantisme politique. Il s’est construit autour du territoire où il a grandi, de l’environnement et du cadre de vie. Après une participation en 2014, une défaite puis un mandat d’opposition, il accède à la mairie en 2020. Sa jeunesse, affirme-t-il, n’a pas été un obstacle : « Plutôt de la bienveillance. »

    La circulation demeure l’un des sujets les plus sensibles dans la commune. Pour Jérôme Pescina, les collectivités savent faire mais se retrouvent paralysées par les procédures imposées par l’État.

    Il résume ainsi la situation :

    « Faire une route, on sait faire. Ce sont les temps administratifs et toutes les études nécessaires qui bloquent nos actions. »

    Le cas le plus emblématique reste le doublement de l’avenue Marcel-Dassault, avec voie bus, covoiturage et piste cyclable. Dossier ouvert en 2014, toujours aucun travaux. Le maire regrette aussi que les études environnementales se focalisent sur les impacts négatifs, sans intégrer les bénéfices : baisse de pollution, mobilités douces, qualité de l’air.

    Martignas atteint 16 % de logements sociaux. Jérôme Pescina rappelle le mécanisme défavorable des communes périurbaines : chaque logement social construit peut être compensé par une division parcellaire qui augmente le nombre total de résidences principales. Pour contrer cette tendance, la municipalité impose désormais 30 % de logements sociaux dans chaque nouvelle résidence.

    La future zone d’activité Bassin Avenue, longtemps ralentie par des avis administratifs contradictoires, est désormais validée. Elle accueillera artisans et petites industries dans un cadre pensé pour les mobilités actives.

    Martignas accueille également Dassault Aviation, où sont fabriquées toutes les ailes du Rafale. Les perspectives liées aux nouvelles commandes impliqueront un besoin accru de sous-traitance, que la commune anticipe en développant ses capacités d’accueil.

    Face au poids des normes, Jérôme Pescina plaide pour une décentralisation effective, une confiance accrue dans les élus locaux et une simplification réelle des procédures.

    La commune accueille le 13ᵉ régiment de Dragons parachutistes. Jérôme Pescina insiste sur la nécessité d’une armée modernisée et se dit favorable au service militaire volontaire pour renforcer la cohésion nationale.

    À l’échelle métropolitaine, il supervise le Parc des Jalles, 6 000 hectares mêlant milieux naturels, agriculture et zones humides. L’action porte sur la protection, la régulation et la découverte de ce territoire essentiel.

  • Historique : Maïana Prat, championne du monde junior avec l’équipe de France

    Historique : Maïana Prat, championne du monde junior avec l’équipe de France

    Elles étaient attendues. Elles ont répondu présent. À Manille, Maïana Prat, 15 ans, gymnaste du SA Mérignac, Elena Colas et Lola Chassat ont offert à la France son tout premier titre mondial junior par équipes en gymnastique artistique. Avec 108,432 points, les Bleues devancent le Japon (107,930) et les États-Unis (106,230), inscrivant une page inédite dans l’histoire de la discipline.

    Alignée dans la première subdivision, l’équipe de France impose d’emblée son rythme et ne sera jamais rejointe. Ce sacre vient couronner deux années de montée en puissance pour cette génération, déjà sacrée championne d’Europe en 2024 à Rimini.

    Maïana Prat, 15 ans, pilier discret mais décisif

    Au cœur de cette performance collective historique, Maïana Prat s’impose par sa solidité et sa régularité sur l’ensemble des agrès.

    Poutre : 12,900 points, entrée en matière propre qui place les Françaises sur de bons rails.

    Sol : 13,300 points, mouvement maîtrisé qui lui ouvre l’accès à la finale individuelle.

    Saut : 12,916 points, une progression notable dans la difficulté comme dans la stabilité.

    Barres : 12,233 points, une contribution essentielle pour sécuriser le total de l’équipe.

    Avec 51,633 points au concours général, elle se classe 9ᵉ et décroche sa qualification pour la finale. À seulement 15 ans, la Mérignacaise confirme sa montée en puissance et s’installe durablement parmi les meilleures mondiales de sa catégorie.

    Elena Colas et Lola Chassat complètent un trio en or

    Elena Colas domine la compétition française avec 55,766 points, s’offrant des qualifications sur toutes les finales. Lola Chassat brille notamment aux barres asymétriques avec un 13,266 synonyme de finale.

    Finales samedi sur Eurovision Sport

    Le titre mondial ouvre une nouvelle page pour cette génération ambitieuse. Pour Maïana Prat, ce sacre symbolise un tournant : à 15 ans, la gymnaste de Mérignac devient championne du monde junior et s’affirme comme l’un des visages majeurs du futur de la gymnastique française.

  • La déviation de Saint-Jean-d’Illac d’ici 5 ou 10 ans ?

    La déviation de Saint-Jean-d’Illac d’ici 5 ou 10 ans ?

    « C’est possible », estime le maire de Saint-Jean-d’Illac. Édouard Quintano était ce vendredi l’invité de la matinale de C6 Radio.

    Le maire rappelle que la circulation est aujourd’hui l’un des principaux sujets du quotidien. Chaque matin, les axes vers la métropole se saturent. Il explique ce phénomène par un double flux pendulaire : de nombreux Illacais partent travailler sur la métropole, tandis que beaucoup de salariés venant de l’extérieur se rendent à Saint-Jean-d’Illac pour y travailler. Ce va-et-vient permanent encombre les routes dans les deux sens.

    Deux projets routiers structurants, mais trois kilomètres manquants

    Édouard Quintano affirme que la déviation est prête dans son principe. « C’est calé, elle est dans les cartons », dit-il. Le premier volet concerne le doublement de la D106, avec une voie dédiée au covoiturage, une voie réservée aux transports en commun, une piste pour les mobilités douces et un élargissement général de la chaussée.

    Le second volet est le contournement Est, destiné à éviter la traversée du centre-bourg. Il doit relier l’avenue de Pierroton à la D106 puis offrir un accès direct à l’A63. Les terrains nécessaires ont déjà été acquis par le Département.

    Le blocage est aujourd’hui financier : trois kilomètres restent à aménager, chacun relevant d’une entité différente — la commune, le Département et la Métropole. « Tout est prêt, sauf l’argent », résume le maire. Il estime néanmoins qu’une ouverture entre cinq et dix ans reste envisageable.

    Circulation, logement, économie : des enjeux étroitement liés

    Pour Édouard Quintano, les problématiques de mobilité, de logement et de développement économique sont totalement interdépendantes. Près de 80 % des habitants travaillent sur la métropole, et nombre d’employés d’entreprises illacaises vivent hors de la commune, faute de logements accessibles. Ce déséquilibre entretient les flux quotidiens et pèse lourdement sur la circulation.

    Un logement devenu difficile d’accès

    Le maire insiste : « Quand on a peu de moyens, habiter Saint-Jean-d’Illac devient très compliqué. »

    Les prix dépassent souvent les 400 000 euros et l’offre reste insuffisante. Édouard Quintano confie recevoir des appels d’habitants en détresse :

    « Encore hier, quelqu’un m’a appelé en me disant : “Je perds mon logement en décembre, que pouvez-vous faire, Monsieur le maire ?” »

    La commune, qui ne dispose pas de parc municipal, doit alors solliciter les bailleurs et les promoteurs pour tenter de trouver une solution, sans garantie de résultat.

    Pour réduire cette tension, une vaste opération prévoit 550 logements en centre-ville, complétés par une vingtaine de maisons dans un îlot périphérique.

    Agriculture, sylviculture et immensité du territoire

    Avec 12 000 hectares, dont plus de 80 % d’espaces agricoles et sylvicoles, Saint-Jean-d’Illac est la commune la plus étendue de la 6ᵉ circonscription. L’agriculture y est fortement implantée, avec des productions locales de carottes, pommes de terre ou maïs. La sylviculture, centrée sur le pin, constitue également une part essentielle de l’économie locale. « C’est un élément moteur de l’économie illacaise », rappelle le maire.

    Un risque incendie permanent

    Cette vaste pinède représente aussi une source de vigilance constante. « À partir du mois de mai, on est à l’affût », souligne Édouard Quintano. La commune mobilise des réservistes, qui patrouillent quotidiennement les zones sensibles en lien étroit avec les pompiers afin de prévenir tout départ de feu.

    Saint-Jean-d’Illac a déjà été touchée par plusieurs incendies, dont un foyer de 26 hectares cette année à la frontière avec Lanton.

  • Le Taillan-Médoc : le maire veut lancer les travaux de la D1215 à 2×2 voies avant 2030

    Le Taillan-Médoc : le maire veut lancer les travaux de la D1215 à 2×2 voies avant 2030

    Invité de C6 Radio, le maire du Taillan-Médoc, Éric Cabrillat, fixe un cap : il veut que les travaux de mise en 2×2 voies de la D1215 entre la rocade (sortie 8) et la déviation du Taillan soient engagés avant 2030.

    Selon lui, le dossier est désormais mûr : « Tout à fait. Il n’y a plus qu’à appuyer sur le bouton et trouver les financements. Techniquement, c’est possible. »

    Il rappelle aussi que cet axe « devait, au départ, être aménagé en deux fois deux voies », et que la situation actuelle en 2×1 voie correspond à un aménagement resté inachevé.

    La déviation du Taillan, mise en service le 26 novembre 2022, a déjà sorti les milliers de camions et une grande partie des voitures du centre-bourg, sécurisant les abords des écoles et des commerces. Mais le trafic se concentre désormais sur la portion de D1215 encore en 2×1 voie entre la rocade et la déviation du Taillan, devenue un goulot d’étranglement pour tout le Médoc.

    Mobilités douces et tram : compléter le désengorgement routier

    La commune développe en parallèle les mobilités douces, avec plus de 6 km de pistes cyclables créées en six ans, dont un axe structurant entre le centre-ville et Cantinolle, terminus du tram.

    Interrogé sur la réduction de l’usage de la voiture, Éric Cabrillat résume : « Oui, bien sûr, dans la mesure du possible. » Une manière de rappeler les contraintes d’une commune de dernière couronne, où les distances domicile-travail restent importantes.

    Sécurité : éclairage public, accès anxiogènes et cambriolages

    « Quand une jeune fille rentre tard du tram et doit parcourir à pied un trajet dans des rues presque plongées dans le noir entre l’arrêt et chez elle, c’est anxiogène. »

    En matière d’éclairage public la nuit, la mairie va revoir sa copie. La commune a été la première de l’agglomération à éteindre pour des raisons budgétaires, avant de basculer tout le parc en LED, notamment après la tempête de grêle. Cette modernisation permet aujourd’hui de rallumer avec un mode modulé : lumière réduite entre 1 h et 6 h, niveau “pleine lune plus”, pour limiter le sentiment d’insécurité sans faire exploser la facture.

    Les cambriolages, en hausse, font aussi réagir la municipalité. « Alors on ne va pas appeler ça des problèmes. C’est un constat. » rappelle le maire, pour qui la sécurité « ne repose pas que sur la mairie ».

    Une aide communale a été mise en place pour l’installation d’alarmes et de vidéoprotection chez les particuliers : « Vraiment grand succès puisqu’on est à peu près à 130 ou 140 habitations qui ont été équipées et on a encore des demandes qui arrivent. »

    Il souligne enfin que, contrairement aux idées reçues, « 90 % du temps,les cambriolages, c’est en journée quand les gens ne sont pas là. »

    Grêle de 2022 et finances : un contexte sous tension

    L’épisode de grêle de juin 2022 reste un choc pour la commune. « C’était catastrophique, c’était un spectacle de désolation. » se souvient Éric Cabrillat.

    Si les dégâts matériels sont aujourd’hui quasiment tous réglés, la peur reste présente : « Oui, oui, on lève toujours la tête » dès que le ciel se couvre.

    Sur le plan financier, le maire décrit une situation tendue avec l’État, entre baisse des dotations et incertitudes sur les futures subventions. Il appelle les communes à « être inventif, malin et bon gestionnaire » pour maintenir le niveau de service public, quitte à revoir certains projets ou subventions à la baisse.

    Prochaines élections municipales : décision attendue

    Interrogé sur les élections municipales de 2026, Éric Cabrillat explique qu’il n’a pas encore arrêté sa décision quant à une nouvelle candidature.

    Il indique qu’il doit encore en discuter avec ses proches et qu’il annoncera sa décision d’ici la fin du mois.

  • Haillan: « Il suffit qu’un automobiliste sur dix change de mode de transport pour réduire de moitié la congestion. »

    Haillan: « Il suffit qu’un automobiliste sur dix change de mode de transport pour réduire de moitié la congestion. »

    Municipales, circulation, logement : au Haillan, Andréa Kiss trace ses lignes de fracture

    Invitée de C6 Radio, la maire du Haillan, Andréa Kiss, a livré une analyse dense des enjeux locaux : mobilités saturées, pression immobilière, finances contraintes, évolution des comportements citoyens et vitalité économique. Mais derrière ces dossiers, un autre sujet occupe une place centrale : la campagne municipale et la confrontation avec deux adversaires qu’elle juge déconnectés du terrain.

    Circulation : un réseau construit pour Bordeaux, insuffisant pour la périphérie

    Andréa Kiss décrit un territoire pénalisé par des infrastructures historiquement pensées pour rejoindre Bordeaux plutôt que pour relier les communes périphériques entre elles. La Liane 39 a amélioré la situation, mais reste trop peu fréquente en heure de pointe.

    Elle insiste sur l’importance du changement de pratiques : « Il suffit qu’un automobiliste sur dix change de mode de transport pour réduire de moitié la congestion. »

    Elle note aussi une dégradation de la cohabitation entre usagers : “On a un peu perdu le respect mutuel.”

    Logement : un marché inaccessible et un foncier contraint

    La maire rappelle qu’il est devenu très difficile de trouver un logement en dessous de 400 000 € au Haillan. Près d’un tiers du territoire est inconstructible, du fait du couloir de bruit de l’aéroport.

    Elle souligne également un phénomène qui pèse sur le marché : les séparations et les gardes alternées, qui conduisent à devoir fournir deux logements pour une même famille.

    Économie : un écosystème dynamique et innovant

    La levée de fonds de 21 millions d’euros réalisée par la start-up HyPrSpace illustre, selon Andréa Kiss, la vitalité économique du territoire.

    En tant que présidente de Bordeaux Technowest, elle rappelle le rôle déterminant de l’incubateur pour permettre aux jeunes entreprises de se développer puis de s’implanter durablement sur la commune.

    Budget : une équation de plus en plus difficile

    Le Haillan ne touche plus aucune dotation de fonctionnement depuis trois ans.

    Depuis 2014, la perte cumulée atteint 10 millions d’euros.

    Les réformes fiscales réduisent aussi les recettes liées aux entreprises. Conséquence : des besoins en hausse, des ressources en baisse.

    Changements de mentalités : un individualisme croissant

    Pour Andréa Kiss, les tensions observées sur la route ou dans l’espace public reflètent un phénomène profond : « L’individualisme galopant. Mon trottoir, ma voiture, mon mode de déplacement. »

    Elle affirme que l’action municipale doit contribuer à “reconstruire du collectif”, malgré la difficulté de la tâche.

    La maire insiste sur l’importance du rôle des élus locaux :

    « Si nous, politiques, renonçons à porter des valeurs et des projets, qui va le faire ? »

    Elle rappelle que les administrés se tournent d’abord vers la mairie en cas de difficulté, bénéficiant d’un accueil “inconditionnel”.

    Élections municipales : Andréa Kiss assume sa candidature et cible des adversaires “parachutés”

    Elle confirme sa candidature pour un nouveau mandat, souhaitant achever les projets en cours et refusant de “quitter le navire dans la difficulté”.

    Deux adversaires sont en lice :

    • l’ancien député Éric Poulliat ;

    Xavier Camps.

    Andréa Kiss relève un paradoxe : leurs critiques décrivent une commune en déclin, mais deux candidats extérieurs souhaitent s’y présenter.

    Elle pointe leur manque d’ancrage : des “parachutés”, mus selon elle par des “ambitions personnelles”.

    Elle oppose à ces candidatures extérieures son bilan, une équipe enracinée et des décisions qu’elle qualifie de “courageuses”.

    Éclairage public : innovation et maîtrise des coûts

    La commune déploie un système d’éclairage nocturne à la demande via smartphone, permettant d’activer progressivement l’éclairage sur son trajet.

    Un compromis permettant de renforcer le sentiment de sécurité tout en limitant les dépenses — 15 000 € pour une heure d’éclairage — et les impacts environnementaux.