Catégorie : Sport

  • Saint-Médard-en-Jalles : leader de Fédérale 1, le SMRC construit son avenir entre performance sportive et projet collectif

    Saint-Médard-en-Jalles : leader de Fédérale 1, le SMRC construit son avenir entre performance sportive et projet collectif

    Un club historique ancré dans son territoire

    Fondé il y a près de 120 ans, le SMRC tire son identité de la poudrerie de Saint-Médard-en-Jalles. « L’ADN du club est resté le même depuis sa création », rappelle Hervé Dubès. Longtemps habitué aux niveaux Fédérale 2 et Fédérale 1, le club évolue aujourd’hui à son plus haut niveau amateur, porté par une politique centrée sur la formation et la jeunesse.

    Avec plus de 810 licenciés, le SMRC s’impose désormais comme un pôle d’attractivité régional, accueillant des joueurs venus de Pauillac à Lacanau, en passant par Saint-Aubin-de-Médoc ou le Haut Médoc. Une reconnaissance qui dépasse la seule rive gauche bordelaise.

    Une victoire précieuse dans des conditions difficiles

    Le week-end dernier, les Poudriers ont conservé leur place de leader grâce à une victoire serrée face à Beauvais (27-23). Un match maîtrisé dans son entame, avant un relâchement coupable.

    « À 20-3, on s’est vu gagner trop vite. On ne doit jamais sous-estimer l’adversaire », analyse Hervé Dubès. Sur un terrain gras et sous la pluie, le SMRC, habituellement porté sur le jeu de mouvement, a eu du mal à s’adapter à un rugby plus fermé. Beauvais en a profité pour revenir au score, faisant planer le suspense jusqu’au coup de sifflet final.

    Malgré cette frayeur, le co-président retient la série positive :six victoires consécutives et la capacité du groupe à rester solide dans l’adversité.

    Un mois de février décisif

    Premiers avec 58 points, devant le Bassin d’Arcachon et Floirac (53 points chacun, avec un match de retard), les Saint-Médardais abordent désormais un tournant majeur de leur saison. Deux déplacements consécutifs attendent le SMRC, précisément chez ses deux principaux concurrents.

    « Le mois de février va être très important. On entre dans le dur », reconnaît Hervé Dubès. Battus à l’aller par ces deux formations, les Poudriers nourrissent un esprit de revanche, tout en gardant la tête froide. L’objectif initial du club était une place dans le haut du tableau. Désormais, l’ambition est claire : jouer les premières places, sans brûler les étapes.

    La patte Bertrand Cazamayou

    Arrivé cette saison, l’entraîneur Bertrand Cazamayou a rapidement imprimé sa marque. Rigueur, professionnalisme et intensification du rythme d’entraînement quatre séances hebdomadaires ont permis au groupe de franchir un cap.

    « Si on est premiers, ce n’est pas pour rien », souligne Hervé Dubès. L’expérience du technicien apporte une nouvelle exigence collective, dans un effectif largement renouvelé à l’intersaison.

    Une formation au cœur du projet

    Depuis la reconstruction engagée en 2020, le SMRC s’appuie sur un modèle clair : bâtir durablement grâce à la formation. Le club dispose aujourd’hui d’une école de rugby labellisée trois étoiles, d’un centre d’entraînement reconnu et d’un pôle jeunes particulièrement dynamique.

    Avec 330 enfants à l’école de rugby, 52 éducateurs, deux équipes cadets, deux équipes juniors et des formations nationales dans ces catégories, la relève est solidement installée. À tel point que le club doit parfois refuser des inscriptions.

    « On a reconstruit le club sur ces bases là », insiste Hervé Dubès, attaché aux valeurs de cohésion, de solidarité et de camaraderie transmises dès le plus jeune âge.

    Le rugby féminin en plein essor

    Autre signe de vitalité : l’essor du rugby féminin. Partie de 25 licenciées il y a quatre ans, la section compte désormais plus de 120 joueuses, réparties entre rugby loisir (les salamandres), rugby à 10 (les Jalloises, en entente avec Martignas) et une équipe cadettes forte de 36 jeunes.

    Même si les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous, l’esprit collectif est salué : les joueuses suivent régulièrement l’équipe senior et participent activement à la vie du club.

    « Le principal, c’est le plaisir d’être ensemble », résume le co-président.

    Plus de cent bénévoles, pilier du SMRC

    Impossible d’évoquer le SMRC sans parler de ses bénévoles. Ils sont plus de 110 à faire vivre le club au quotidien : restauration, logistique les jours de match, boutique, encadrement des jeunes…

    « Ils se sentent en famille ici », souligne Hervé Dubès. Une organisation quasi professionnelle a été mise en place, avec une répartition précise des rôles, indispensable pour accompagner la croissance rapide du club, passé de 450 à plus de 800 licenciés en cinq ans.

    Un hommage appuyé a également été rendu à Charles, surnommé « Papi Cacahuète », figure emblématique des tribunes girondines, disparu récemment. Une minute d’applaudissements lui a été dédiée lors du match contre Beauvais.

    Partenaires et projets structurants

    Le développement du SMRC repose aussi sur ses partenaires, véritables piliers économiques du club. Des événements réguliers leur sont dédiés, comme l’opération « XV/20 », organisée prochainement à l’Hippodrome du Bouscat avec le chef Jorick Dorignac et une vente aux enchères de vins prestigieux.

    À moyen terme, plusieurs projets sont à l’étude : création d’un nouvel espace partenaires, amélioration des infrastructures, réflexion autour d’un terrain synthétique et adaptation du stade pour un éventuel échelon supérieur.

    Un nouveau projet stratégique, baptisé « Consolider pour propulser », doit succéder au plan lancé en 2020. Objectif : stabiliser les acquis avant d’envisager une montée, sans perdre l’identité du club.

    Un cap assumé, sans précipitation

    Si l’accession à l’étage supérieur n’était pas un objectif initial, le SMRC se prépare désormais à toutes les éventualités.

    « Si l’occasion se présente, on ne la refusera pas. Mais on veut d’abord consolider ce que nous avons construit », conclut Hervé Dubès.

    En attendant, les Poudriers poursuivent leur parcours en tête de la Fédérale 1, avec deux déplacements décisifs à Floirac puis sur le Bassin d’Arcachon, avant un retour à domicile le 1er mars face à Barbezieux-Saint-Hilaire.

  • Saint-Jean-d’Illac : Bernard Monblanc, président des Abeilles Girondines, revient sur la saison de volley et les ambitions du club

    Saint-Jean-d’Illac : Bernard Monblanc, président des Abeilles Girondines, revient sur la saison de volley et les ambitions du club

    Une défaite frustrante mais riche d’enseignements

    Le week-end dernier, les Abeilles recevaient Saint-Quentin, un match crucial pour le classement de Ligue B. Malgré une série de six victoires consécutives, l’équipe s’est inclinée 3-2 après un tie-break serré à 15-13. « Ça s’est joué à quelques points près », explique Bernard Monblanc, déçu mais pas en colère. Les joueurs, poursuit-il, ont tout donné, et l’entrée de jeunes talents dans le quatrième set a permis de maintenir l’espoir jusqu’au bout.

    Cette défaite met en lumière la nature imprévisible du volley, où un match peut basculer sur quelques échanges. Pour le président, ces moments sont autant d’enseignements pour renforcer le mental et l’expérience des joueurs.

    Un président par circonstances, mais passionné par le sport

    Bernard Monblanc confie ne pas avoir de passé de joueur de volley. « Je n’ai pas joué, mais j’apprends et je suis très motivé par l’esprit club et l’aspect relationnel », explique-t-il. Ancien dirigeant de l’entreprise familiale MonBlanc Traiteur, partenaire historique du club, il a repris la présidence à la suite de Stéphane Hassoun, qui avait dirigé le club pendant près de dix ans.

    Cette expérience combine gestion professionnelle et engagement bénévole. Bernard Monblanc souligne les différences entre gérer une entreprise et un club semi-professionnel : « Le club implique des bénévoles, des comptes vérifiés par la DNACG, et une assise financière à construire pour envisager la montée en Ligue A. »

    Assises financières et ambitions sportives

    Actuellement sixième de Ligue B, les Abeilles Girondines poursuivent un double objectif : consolider leur santé financière et préparer sportivement une éventuelle montée dans les prochaines années. « La Ligue B, c’est bien, mais pour viser la Ligue A, il faut des bases solides, des partenaires et un plan de trésorerie adapté », insiste le président.

    Sportivement, le club mise sur la formation et l’intégration de jeunes talents, tout en renforçant l’équipe par quelques joueurs expérimentés. Bernard Monblanc insiste sur l’importance de trouver l’équilibre entre expérience et jeunesse pour résister aux moments critiques des matchs.

    L’esprit d’équipe et le rôle des bénévoles

    Le président tient également à saluer l’investissement des bénévoles. Une trentaine de personnes, dont une vingtaine présentes à chaque match, assurent la logistique et le soutien quotidien du club. « Un club sans bénévoles ne peut pas fonctionner », souligne-t-il. Cette mobilisation permet de maintenir un esprit convivial et performant, essentiel pour un club semi-professionnel.

    Une identité forte et un symbole fédérateur

    Le nom et le logo des Abeilles, utilisés depuis plus de 50 ans, représentent plus qu’une mascotte : « C’est un symbole du vivre-ensemble, de l’organisation et de la répartition des tâches », explique le président Monblanc. Ce symbole fédérateur reflète la philosophie du club, centrée sur le respect et la collaboration de tous ses membres.

    Vers une saison ambitieuse malgré le classement

    Malgré quelques écarts au classement, avec Martigues en tête, les Abeilles restent ambitieuses. Le championnat prévoit que les clubs s’affrontent trois fois, alternant matchs à domicile et en déplacement. La prochaine rencontre à domicile contre Martigues, le 24 février, sera un moment clé pour relancer les ambitions.

    Bernard Monblanc conclut : « Le championnat n’est pas fini, nous restons ambitieux et concentrés sur la consolidation du club pour viser la Ligue A dans quelques années. »

  • Coupe Gambardella : le SAM Football écrit une nouvelle page de son histoire en U18

    Coupe Gambardella : le SAM Football écrit une nouvelle page de son histoire en U18

    Une fierté vécue avec humilité

    Être encore en lice à ce stade de la compétition n’est pas anodin pour un club amateur. « C’est toujours plaisant, une vraie fierté, mais il faut le prendre avec humilité et surtout en profiter », confie Lucas Serra. Louka Berméjo souligne, lui, la singularité du SAM : l’un des rares clubs amateurs encore présents parmi des noms prestigieux comme Paris, Rennes, Nantes, Monaco ou Toulouse.

    Ce parcours marque un retour sur le devant de la scène pour la formation mérignacaise. Le dernier grand souvenir en Gambardella remonte à cinq ans, avec un quart de finale finalement annulé par la crise sanitaire. Depuis, le club a perdu ses catégories nationales, rendant cette aventure encore plus symbolique.

    Un groupe jeune, structuré et tourné vers l’avenir

    Engagée en U18 Régional 1, l’équipe est composée de joueurs nés en 2008 et 2009, issus pour certains des anciens groupes nationaux du club. L’objectif est clair : finaliser leur formation et les préparer au monde senior. « On est sur un pôle post-formation. L’idée, c’est de les accompagner au mieux dans cette transition », explique Lucas Serra, lui-même ancien joueur du club.

    Ancien Samiste passé par la pré-formation des Girondins de Bordeaux, Lucas Serra connaît parfaitement l’ADN du club. « Le SAM, c’est un club qui compte. Il m’a permis d’évoluer, de me former, et aujourd’hui d’accompagner des jeunes dans leur parcours », souligne-t-il.

    Un capitaine de 17 ans, moteur du collectif

    À seulement 17 ans, Louka Berméjo porte le brassard de capitaine. Un rôle qu’il assume par son état d’esprit et sa proximité avec le groupe. « Je m’entends bien avec tout le monde, j’essaie d’être toujours positif », explique le jeune joueur originaire de la région paloise, arrivé au club la saison dernière.

    Pour son entraîneur, le choix est évident : « Il coche beaucoup de critères, sur le terrain comme humainement. Il est le reflet de cette équipe, saine et soudée. »

    Résilience et mental, clés du parcours

    Menée à plusieurs reprises, notamment à Limoges où le SAM est revenu de 2-0 pour s’imposer 3-2, ou encore lors de la qualification aux tirs au but face à Saint-Clément Montferrier, l’équipe a démontré une force mentale remarquable. « Ce match à Limoges a été fondateur. Il a créé quelque chose dans le groupe », analyse Lucas Serra.

    Pour Louka Berméjo, ces moments difficiles forgent le collectif : « Quand on est mené, il faut rester ensemble, motiver, dire qu’il reste du temps. C’est là que tout se joue. »

    Trouver le bon équilibre avant le 16ᵉ de finale

    À l’approche de la rencontre face à Dunkerque, le staff veille à ne pas tomber dans l’excès. « Il faut rester naturel, ne pas surmotiver. La Gambardella est une aventure unique, surtout pour les U18 qui ne la vivront qu’une seule fois », rappelle l’entraîneur, tout en gardant un œil sur le championnat, où l’équipe joue également les premiers rôles avec, en ligne de mire, une possible montée.

    Un club, une famille, un élan collectif

    Au-delà du terrain, ce parcours met en lumière la force du collectif élargi : staff investi, bénévoles, parents présents sur chaque déplacement, parfois jusqu’à l’hôtel. « Sans eux, rien ne serait pareil », insiste Lucas Serra, saluant l’engagement de tous ceux qui gravitent autour de l’équipe.

    Pour Louka Berméjo, le SAM Football apporte aussi de la visibilité et une progression constante. « On devient meilleurs tous les jours, et vivre ça à 17 ans, c’est énorme. »

    Une aventure déjà gravée dans les mémoires

    Quand on leur demande ce qu’ils aimeraient retenir de cette épopée, les réponses sont claires. « Le plaisir, la passion et l’aspect humain », pour l’entraîneur. « Un groupe génial qui n’a jamais lâché », pour le capitaine.

    Rendez-vous est pris le 1er février au stade du Jard. Quel que soit le résultat, cette génération U18 du SAM Football aura déjà marqué l’histoire du club, en incarnant une équipe résiliente, saine et mentale, fidèle aux valeurs samistes.

  • SMRC : la formation au cœur du projet des « Poudriers »

    SMRC : la formation au cœur du projet des « Poudriers »

    Un week-end à deux vitesses

    Sur le plan des résultats, le constat est contrasté. La victoire des seniors face à Saint-Malo est perçue comme un signal positif. « C’est un week-end presque parfait pour nous, avec une victoire bonifiée et des concurrents directs qui se neutralisent », souligne Romain Bottgen.

    Les Espoirs ont eux aussi pris des points importants. « C’est une victoire qui fait du bien, surtout contre une équipe avec laquelle on est à la lutte », précise Romain Bottgen.

    Chez les juniors, le déplacement à Brive/Malemort s’est en revanche soldé par une lourde défaite (26–0). « On n’a jamais réussi à vraiment rentrer dans le match », reconnaît Romain Bottgen. « Les conditions étaient compliquées et l’écart se creuse surtout en deuxième mi-temps. » La suite de la saison se jouera en play-down, avec un objectif clairement assumé : « Assurer le maintien est désormais la priorité. »

    Du côté des cadets, la défaite 10–5 à Salles n’a pas remis en cause l’essentiel. « La qualification était déjà acquise, on a volontairement fait tourner », explique Maxime Le Joly. « Ce type de match permet aussi de voir des joueurs dans d’autres contextes. »

    La deuxième place finale de la poule, derrière le Stade Bordelais et devant Limoges, est analysée comme un indicateur encourageant. « Finir deuxièmes dans ce championnat, c’est un repère intéressant pour le groupe », souligne Maxime Le Joly, tout en rappelant « le niveau très élevé des équipes en face ».

    Former les arrières, sans les isoler du collectif

    Le travail spécifique mené auprès des lignes arrières est au cœur des missions des deux techniciens. « On insiste sur la vitesse, la qualité de passe, la lecture du jeu », détaille Romain Bottgen, « mais tout doit ensuite être remis dans un cadre collectif. »

    Même approche chez les cadets. « Le spécifique est indispensable, mais il n’a de sens que s’il s’intègre au projet de jeu global », insiste Maxime Le Joly. « L’objectif reste de créer du lien entre les lignes. »

    Effectifs larges : richesse et exigence

    Avec près de 60 joueurs par catégorie, le SMRC dispose d’une base importante en formation. « C’est une vraie chance pour le club », observe Romain Bottgen, « mais ça implique aussi de la concurrence. Le jour du match, il y a 23 places, pas 40. »

    Cette réalité nécessite un cadre clair. « Il y a forcément des frustrations », reconnaît Maxime Le Joly. « Notre rôle, c’est d’expliquer les choix et de rappeler que la progression passe aussi par l’acceptation de cette concurrence. »

    Les jeunes, colonne vertébrale du projet club

    Au-delà des résultats immédiats, les deux entraîneurs ont insisté sur le rôle structurant des jeunes joueurs dans l’avenir du SMRC. « Le projet du club repose sur la formation », affirme Maxime Le Joly. « L’idée est que des joueurs formés ici puissent, à terme, alimenter les Espoirs puis l’équipe première. »

    Une continuité également défendue par Romain Bottgen : « Quand un jeune arrive chez les seniors et qu’il connaît déjà le fonctionnement, le vocabulaire et l’identité de jeu, l’adaptation est beaucoup plus simple. » Cette cohérence entre catégories est présentée comme un axe fort du projet sportif.

    Le double projet comme principe non négociable

    Enfin, la place des études reste centrale dans le discours. « Chez les juniors, le scolaire passe avant tout », rappelle Romain Bottgen. « Le bac reste une priorité. »

    Un message partagé par Maxime Le Joly : « Former un joueur, ce n’est pas seulement former un rugbyman. C’est aussi accompagner un jeune dans sa construction personnelle. »

    À travers cet échange, le SMRC affirme une ligne claire : miser sur la jeunesse, structurer la formation et inscrire la performance dans le temps long, avec les jeunes joueurs comme socle du projet global du club.

  • SMRC : Bertrand Cazamayou pose un cap, « stabiliser le club et continuer de grandir »

    SMRC : Bertrand Cazamayou pose un cap, « stabiliser le club et continuer de grandir »

    À Saint-Médard, Bertrand Cazamayou, nouveau manager sportif du SMRC, assume une approche de construction : « positionner le club, stabiliser le club et continuer de grandir », sans brûler les étapes. Une ligne directrice qui s’appuie autant sur la structuration que sur la dynamique sportive actuelle, avec un SMRC en tête de sa poule de Fédérale 1.

    L’UBB, « une vraie locomotive »… mais un appui à renforcer

    Pour le manager sportif, la présence de l’Union Bordeaux-Bègles « à quelques kilomètres » est un atout stratégique : « c’est une vraie locomotive ».

    Son constat est toutefois sans détour : cet appui n’est « pas encore assez fort » dans la région, et doit devenir « encore plus prégnant ». Le cap est formulé clairement : « se rapprocher de ce club-là, se mettre dans son sillage ».

    L’enjeu, selon lui, est double. D’abord, d’image et de dynamique : le rugby bordelais a une fenêtre pour « faire grandir, faire évoluer le rugby » dans un territoire décrit comme « une terre de football ».

    Ensuite, de structuration : profiter de l’élan de l’élite pour tirer vers le haut l’écosystème amateur et semi-amateur, sans se définir en réaction. « On s’habille et on se déshabille pas par rapport aux autres. Je crois que l’élan est donné et il faut pouvoir s’y greffer. »

    Des “passerelles” concrètes, d’abord « entre les hommes »

    Bertrand Cazamayou insiste sur une méthode : construire des liens de travail. « Il y a des passerelles entre les hommes. On travaille, on se connaît, on échange », dit-il, en évoquant des contacts déjà existants (notamment via Frédéric Garcia, directeur sportif du centre de formation de l’UBB, connu à Tarbes). Objectif : « co-construire des chemins » où les acteurs peuvent circuler « que ce soit à Saint-Médard ou à l’UBB ».

    Derrière cette formule, l’enjeu est clair : structurer un parcours, des collaborations, des échanges, et une logique de filière—plutôt qu’un simple affichage. « Il faut encore plus se renforcer, encore plus travailler cette matière-là. »

    Un technicien “sud-ouest” attiré par un projet au long cours

    Originaire de Tarbes, passé par Angoulême, Niort et Cognac, Bertrand Cazamayou dit avoir rejoint Saint-Médard au moment où il cherchait « un nouveau projet », après une saison à Cognac « plutôt bien » sportivement mais dans un contexte financier compliqué. Le contact avec le club et les échanges autour de la vision ont fait le reste : « il y avait une vraie volonté de vouloir collaborer ensemble » et une convergence sur « l’idée du rugby » à mettre en place.

    « Un vrai château » : la structure avant la vitrine

    Son premier constat est celui d’un club « très structuré », construit sur « une école de rugby, un pôle jeune, une équipe espoirs ». Il insiste sur la base, souvent invisible : « la visibilité de l’iceberg, c’est souvent l’équipe première », mais « tout ce qu’il y a à la base est essentiel ». D’où son refus de se laisser dicter une urgence de résultat : « la temporalité n’est pas une pression » ; « c’est important d’abord de maîtriser la structure, ensuite l’aspect sportif viendra après ».

    Une patte de jeu : s’appuyer sur le pack, oser plus derrière

    Sur le terrain, le manager revendique une adaptation au contexte : conserver les forces identifiées – « un jeu d’avants très performant », « un gros paquet » – tout en cherchant une animation plus ambitieuse derrière, avec « un peu plus d’opportunités » et « porter un peu plus de ballons ».

    Jeunesse, contraintes fédérales et pression du classement

    Bertrand Cazamayou rappelle la réalité du niveau : des joueurs qui travaillent la journée et s’entraînent le soir, ce qui impose de « bien organiser la semaine » et « la charge d’entraînement » pour ne pas finir « rincés ». Il décrit aussi un effectif à regonfler et rajeunir, après une « fin de cycle » sur certains postes, avec une donnée structurante : « plus de 60 % de l’effectif » a moins de 23 ans et navigue entre espoirs et équipe première.

    Sportivement, le SMRC est en tête avec 45 points, mais Floirac et Arcachon suivent à 44, et surtout « nous ont battu à la maison ». La deuxième partie s’annonce exigeante : déplacements chez les équipes du haut de tableau, et un mot d’ordre qui revient : « on n’aura pas droit à l’erreur ».

    Objectif affiché : « faire mieux que l’an dernier »

    Le cap, lui, reste mesuré : « se qualifier », puis « faire mieux que l’an dernier » (quatrième place), avec l’idée de monter progressivement dans le classement avant d’aborder « un autre contexte », celui des phases finales.

  • Le SAM ne doit pas commettre les mêmes erreurs que l’an dernier en Championnat!

    Le SAM ne doit pas commettre les mêmes erreurs que l’an dernier en Championnat!

    Axel Vindex a tenté de remettre les choses à l’endroit. « On essaye de relativiser, même si on repense un peu aux actions, toutes les actions de but qu’on a eues. Mais sinon, on essaie d’aller de l’avant », souffle Axel Vindex.

    Sur le terrain, le scénario a longtemps basculé d’un côté puis de l’autre. L’arrière reconnaît une entame délicate face à une équipe d’Istres « qui se trouvait très bien entre les lignes » : « On a eu beaucoup de mal à régler le tir et donc ils ont eu pas mal d’occasions en début de match… Franchement, ça jouait très très bien. » Avant que le SAM ne reprenne la main, porté par sa capacité à s’ajuster collectivement. « Se dire les choses sur le terrain, c’est plus facile… on est plutôt un groupe intelligent, si je peux me permettre. Et donc forcément, lorsqu’on dit quelque chose une fois, généralement c’est compris », insiste Axel Vindex.

    L’élimination s’est jouée à la loterie des tirs au but, avec ce sentiment d’être « très très proches d’aller en 16e ». Dans la séance, un déclic a pourtant traversé le groupe lorsque le gardien Adrien Delrieu a sorti une tentative istréenne : « On se dit que ça a tournée… on sait que Adri, il en sort toujours un ou deux », raconte Axel Vindex. Mais après le premier tir manqué en début de séance, la pression était immense : « C’est dur parce qu’on a l’épée de Damoclès sur la tête. » Et malgré l’espoir né de l’arrêt, Istres est resté « assez lucide » et a mieux fini.

    Au-delà du résultat, Axel Vindex insiste sur l’état d’esprit du vestiaire, notamment après le penalty raté côté SAM. « On ne peut pas le blâmer à lui tout seul… on a eu d’autres occasions pour marquer. Si on va dans ce sens, tout le monde a eu quasiment son action pour nous faire gagner », martèle Axel Vindex. Et de résumer l’émotion de l’après-match : « Toute l’adrénaline qui retombe après élimination… forcément, c’était dur, c’était très très dur. »

    L’autre image forte de cette soirée reste l’enceinte de Robert-Brettes avec 3152 spectateurs. Axel Vindex décrit une affluence construite sur une mobilisation progressive. « Ils ont mis en place un kop, il y a eu beaucoup de communication sur les réseaux… et même nous de notre côté, on disait à tous nos proches de venir… Petit à petit, ça s’est fait », raconte Axel Vindex, évoquant aussi l’implication des jeunes du club qui « préparaient les pancartes » et « les chants ».

    Axel Vindex, qui entame sa sixième saison au SAM, a aussi raconté son parcours : débuts à Saint-Médard, puis plusieurs années chez les Girondins de Bordeaux, « de U9 jusqu’à U16 », avant de ne pas être conservé en 2020. « Honnêtement, ça a été un choc… ça a été dur à accepter », confie-t-il, se souvenant d’une période où son « premier objectif, c’était d’être professionnel ». Et Axel Vindex résume le réflexe qui suit ce type de coup dur : « On veut leur montrer qu’ils ont tort. »

    Désormais, la page Coupe de France doit se tourner vite, avec un piège bien identifié : l’après-fêtes. Axel Vindex se souvient très précisément du précédent. « L’an dernier, au même stade, juste avant les vacances de Noël, on se fait éliminer… et le retour à la compétition en championnat, il a été plus compliqué… on s’est incliné… 6-1…face à Cestas et au final , ça nous coûte la montée », insiste Axel Vindex, rappelant aussi la fin de saison à égalité de points et la montée perdue « au goal average direct ». Message limpide avant le prochain rendez-vous : « Va falloir s’en souvenir et il va falloir tirer les leçons », d’autant que le prochain match de championnat est annoncé comme un choc « face à Bayonne », concurrent direct « et qui sont premier ».

    Malgré la déception, Axel Vindex veut retenir une certitude : la force mentale du groupe. « Pour nous, rien n’est impossible… à aucun moment on s’est dit : ils sont au-dessus, on a aucune chance », convaincu que l’équipe maîtrise son destin : « Si tout le monde est à son niveau, si tout le monde se donne à fond, c’est nous qui décidons de l’issue du match. »

    Enfin, Axel Vindex a salué l’amélioration de la pelouse de Robert-Brettes, très scrutée ces dernières semaines. « Quand on fait le comparatif entre les deux matchs Pau et Istres, il y avait une belle différence… la mairie a fait un énorme taf . On ne va pas dire que c’était un billard exceptionnel, mais il était plus que praticable… c’était convenable pour jouer. »

    Et l’aventure Coupe de France n’est pas totalement terminée pour le club. Les jeunes du SAM jouent eux aussi un 32ème de finale de coupe Gambardella, le 10 Janvier.

  • Jean-Bernard Toulouse (Président du SAM Football) : « Je fais confiance à nos garçons. J’y crois! »

    Jean-Bernard Toulouse (Président du SAM Football) : « Je fais confiance à nos garçons. J’y crois! »

    La Gironde sera particulièrement bien représentée lors des 32ᵉ de finale de la Coupe de France avec trois clubs encore en lice : le SAM Football, les Girondins de Bordeaux et le FC Bassin d’Arcachon. Une situation rare que salue Alexandre Gougnard, président du district de la Gironde et membre du Comex de la Fédération française de football.

    « Ça démontre la vitalité du football girondin, le sérieux de nos clubs et le travail de fond qui est réalisé sur le territoire. »

    À Mérignac, ce 32ᵉ de finale face à Istres constitue un moment fort, sans pour autant générer de pression excessive du côté de la direction du club. Jean-Bernard Toulouse, président du SAM Football, se veut clair : « Je n’ai pas de pression particulière. Le plus compliqué, c’est surtout toute l’organisation autour du match. »

    Sur le plan sportif, le dirigeant aborde l’échéance avec sérénité. « Les joueurs sont concentrés, détendus, sans pression. Ils savent qu’il faut simplement jouer notre football. »

    La perspective d’un 16ᵉ de finale n’est pas taboue pour autant. « Être en 32ᵉ, c’est déjà entrer dans l’histoire du club. Mais il y a un seizième derrière, et moi j’y crois. » Et si la qualification venait à se produire, l’émotion serait au rendez-vous. « Je ne sais même pas si je rentrerai chez moi », confie-t-il, rappelant les larmes laissées après la qualification face à Pau. « C’est tout le travail des éducateurs, des bénévoles, du bureau. Des années d’investissement qui ressortent d’un coup. »

    Ce parcours met aussi en lumière l’identité du SAM, largement fondée sur la formation. « Cette équipe est composée en grande partie d’enfants du club, avec six à sept joueurs passés par les U17 Nationaux. C’est la meilleure illustration de ce que peut produire la formation », souligne Alexandre Gougnard.

    Football amateur : dérives financières et pression des parents

    L’entretien a permis d’élargir le débat à la situation du football amateur. Alexandre Gougnard tire la sonnette d’alarme sur l’argent qui circule à des niveaux de plus en plus bas. « Quand j’entends parler aujourd’hui de sommes dès les divisions départementales, ça me fait très peur. »

    Ancien président de club pendant vingt ans, il reconnaît une responsabilité collective : « On a tous contribué à creuser un trou qui, si on ne réagit pas, finira par nous enterrer. »

    Le président du district pointe également la pression exercée très tôt autour des jeunes joueurs. « Il y a aujourd’hui des parents qui veulent faire des Mbappé dans la cuisine toute la semaine. » Un constat sans détour. « On fait croire à beaucoup de joueurs qu’ils pourront vivre du football, mais on ne vit pas du football à notre niveau. Le football amateur doit rester un plaisir, un jeu, une école de la vie. »

    Un rappel essentiel accompagne ce constat : « Mbappé n’existerait pas sans le football amateur, sans les clubs, sans les éducateurs, sans le travail mené dès les U6. »

    Jean-Bernard Toulouse partage cette vision et l’applique au SAM. « Nous sommes opposés aux fixes pour les joueurs. Tant que je serai là, il n’y en aura pas. » Les joueurs perçoivent uniquement des primes de résultat. « Tant qu’on ne sera pas en National, on ne paiera pas les joueurs. »

    Présidents de clubs : « la position la plus dure du football »

    Alexandre Gougnard insiste sur la difficulté de la fonction de dirigeant. « La vérité du football, elle est au niveau du club. » Après avoir connu tous les échelons, son constat est sans appel : « Président de club aujourd’hui, c’est la position la plus dure du football. »

    Il souligne l’engagement quotidien des dirigeants bénévoles. « Rien ne leur appartient, mais ils donnent tous les jours, avec leur bureau, leurs bénévoles, sur le terrain comme en dehors. » Et d’ajouter : « Si je pouvais finir ma carrière dans un club, je le ferais. C’est là qu’il y a le plus d’adrénaline. »

    Girondins de Bordeaux : une locomotive toujours nécessaire

    La chute des Girondins de Bordeaux a également été évoquée. « Quand un club phare disparaît de l’élite, il y a forcément moins de liens avec les clubs amateurs. Sans locomotive, le football est en difficulté », observe Alexandre Gougnard.

    Il reconnaît qu’un éloignement s’était installé, avant de souligner un rapprochement récent. « Depuis leur chute, nous avons réussi à recréer des liens avec le football amateur girondin. »

    Des actions concrètes ont été relancées, notamment des visites d’écoles de football avec des joueurs professionnels. « Bordeaux reste Bordeaux. Le nom scintille encore dans les yeux des gamins », rappelle-t-il, alors que le club attire près de 12 000 spectateurs en moyenne en National 2. « Un grand club ne meurt jamais. »

    Collectivités en retrait, partenaires devenus indispensables

    Autre réalité mise en avant : le désengagement progressif des collectivités locales. « Les collectivités territoriales ont de plus en plus de difficultés financières et se désengagent », constate Alexandre Gougnard. Une évolution qui renforce le rôle des partenaires privés.

    « Sans les entreprises qui s’impliquent dans le football local, beaucoup de clubs auraient déjà mis la clé sous la porte. »

    Jean-Bernard Toulouse insiste sur la nature de ces relations. « Les partenaires ne sont pas là seulement pour apporter de l’argent. C’est une aventure humaine. » Un discours qui fait écho à l’engagement des bénévoles, pilier discret mais essentiel du football amateur.

    Coupe de France : un levier majeur pour la FFF et de nouvelles aides à venir

    Enfin, Alexandre Gougnard rappelle l’importance stratégique de la Coupe de France pour la Fédération française de football. « C’est l’épreuve majeure de la Fédération, celle qui parle le plus aux Français. »

    La compétition représente également un enjeu économique à travers les droits de retransmission télévisée, actuellement en négociation.

    À partir de la saison prochaine, la FFF prévoit de renforcer les aides aux clubs amateurs performants. « Tous les clubs amateurs qui battront une équipe avec au moins deux divisions d’écart bénéficieront de dotations importantes, notamment en matériel. » Ces aides seront cumulables et inscrites dans une enveloppe globale dédiée au football amateur.

    Une fin ouverte, sans certitudes mais avec conviction

    Interrogé sur un éventuel scénario du match face à Istres, Jean-Bernard Toulouse se garde bien de toute projection excessive. « On va attendre la 90ᵉ minute pour marquer », glisse-t-il avec un sourire, avant de préciser : « Plus sérieusement, on va jouer notre football, et puis il arrivera ce qui arrivera. »

    Le président du SAM n’exclut aucun scénario. « Si on doit aller aux tirs au but, je prends aussi. Un match de football n’est jamais gagné d’avance. Je fais confiance à nos garçons. »

  • Manager du SAM Football:  » Nous sommes le Petit Poucet ! »

    Manager du SAM Football:  » Nous sommes le Petit Poucet ! »

    À quelques jours du 32ᵉ de finale de Coupe de France, le SAM Football s’apprête à vivre un nouveau moment fort de son histoire. Ce samedi, les Mérignacais recevront Istres, pensionnaire de National 2, avec l’ambition de prolonger leur parcours après l’exploit réalisé face à Pau. Un rendez-vous majeur que le club aborde avec lucidité mais aussi avec l’envie de « faire quelque chose de grand », comme l’explique Jonathan Morlighem, manager du SAM Football, invité ce matin sur C6 Radio .

    Face à Istres, le SAM sait qu’il part en position d’outsider. « On est une équipe de R1 face à une équipe de N2 », rappelle Jonathan Morlighem. L’adversaire est clairement identifié comme favori. « C’est une équipe plutôt bien classée dans un championnat très relevé. La logique veut qu’Istres l’emporte », reconnaît-il, tout en soulignant la solidité de cette formation istréenne, « joueuse, avec de bonnes individualités, notamment devant, et beaucoup de vitesse ». Une équipe habituée à un niveau supérieur et qui ne « lâche rien ».

    Côté mérignacais, le message est limpide : ne surtout pas s’enflammer après la qualification face à Pau. « Le piège, ce serait de se dire qu’après avoir battu une Ligue 2, une N2 sera plus facile. Au contraire », insiste le manager. Le SAM assume son statut d’outsider et entend jouer sa carte « avec ambition, détermination et envie ».

    La victoire face à Pau reste néanmoins un match référence. « J’ai trouvé énormément de calme, de maturité et de sérénité », souligne Jonathan Morlighem, évoquant une équipe et un staff capables de gérer l’événement avec une grande maîtrise. Des ingrédients qu’il faudra remettre pour espérer rivaliser face à Istres, même si « ce ne sera pas forcément le même match ».

    Ce parcours met aussi en lumière l’ADN du SAM Football : un club profondément tourné vers la formation. L’équipe première s’appuie sur de nombreux joueurs formés au club, certains présents depuis les catégories les plus jeunes, d’autres revenus après un passage ailleurs. « Notre force, c’est qu’on forme des joueurs qui sont encore aujourd’hui en équipe première et qui sont imprégnés de la philosophie du club », explique le manager. Cette continuité nourrit l’attachement au maillot et rejaillit sur les performances actuelles.

    L’importance accordée à la formation se ressent également dans la relation avec les jeunes licenciés. Lors du match face à Pau, ils étaient nombreux en tribunes, pleinement investis dans le parcours de leurs aînés. « Voir les jeunes s’identifier à l’équipe première, c’est fantastique », confie Jonathan Morlighem, rappelant que la Coupe de France permet de fédérer tout un club, des éducateurs aux bénévoles.

    Au-delà de la Coupe de France, le championnat reste un axe central du projet sportif. Le SAM affiche une ambition claire de montée en division supérieure. « Quand on change de division, on change de braquet : organisation, exigences, structure », explique le manager. Si le club n’est pas encore totalement prêt, « la saison sert justement à se préparer », avec la conviction de disposer « du groupe, du staff et du vivier de joueurs » pour franchir un cap.

    Cette ambition implique toutefois des besoins supplémentaires. « Le nerf de la guerre, c’est le financier », rappelle Jonathan Morlighem, évoquant la recherche de partenaires pour accompagner une éventuelle montée. Les infrastructures font aussi partie des enjeux, avec notamment le besoin « d’une tribune couverte » pour améliorer l’accueil du public et des partenaires.

    Pour conclure, le manager mesure pleinement la portée historique de ce 32ᵉ de finale. « Je ne suis pas sûr qu’un club de R1 soit déjà allé en 16ᵉ de finale de Coupe de France », confie-t-il. En cas de qualification face à Istres, le SAM Football deviendrait l’un des premiers club de Régional 1 à atteindre ce stade de la compétition. Un objectif exceptionnel, symbole d’un projet sportif construit sur la durée, où performance, formation et identité de club avancent de concert.

  • Pullman d’Aquitaine :  » On va vivre ce match comme un enfant du club! »

    Pullman d’Aquitaine :  » On va vivre ce match comme un enfant du club! »

    « Je pense que ça fait plus de 40 ans qu’on est partenaire du club. Mon grand-père a sponsorisé et transporté les équipes du SAM, mon père a joué avec le président actuel, et aujourd’hui on continue naturellement. » Plus qu’un simple partenariat économique, il s’agit selon lui « d’un partenariat de cœur ».

    Cet attachement s’explique aussi par son propre parcours. Formé aux Girondins de Bordeaux, Adrien Dellas a évolué au niveau professionnel avant que sa carrière ne soit freinée par de graves blessures au genou. Passé par Châteauroux, alors en Ligue 2, il a connu le monde du football pro, une expérience qui nourrit aujourd’hui son regard sur le parcours des joueurs mérignacais. « Ce que vivent les joueurs aujourd’hui, c’est l’exploit d’une vie. Tous ne vivent pas du football, ils ont un métier à côté, et pourtant ils arrivent à faire vibrer toute une ville. »

    Sur l’équipe actuelle du SAM, le constat est sans détour : « Honnêtement, je n’ai jamais vu une équipe du SAM aussi forte sur les dix dernières années. Il y a de la qualité à chaque poste, pour du niveau R1, c’est du solide. » Concernant la victoire face à Pau, il nuance les analyses extérieures : « Tout le monde dit qu’ils se sont fait dominer, mais pour moi c’était du 50-50. Pau n’était pas venu en touriste. » À l’approche du match face à Istres, il appelle les joueurs à savourer l’instant : « Le message, c’est de kiffer au maximum, mais pas de jouer en spectateurs. Il faut prendre du plaisir tout en restant sérieux. » Conscient du niveau de l’adversaire, il rappelle qu’Istres reste « une institution du football français », avec des joueurs qui s’entraînent à plein temps, mais estime que le SAM est prêt pour relever ce nouveau défi.

    Adrien Dellas est aussi revenu sur l’évolution des Pullman d’Aquitaine, entreprise familiale fondée dans les années 1960 et implantée à Mérignac depuis 1970. La société compte aujourd’hui « une quarantaine de véhicules et autant de salariés », avec deux activités principales : le transport scolaire et périscolaire sur la ville de Mérignac, et le tourisme réceptif. « On transporte tous types de clients, des enfants aux seniors, essentiellement en local et dans la région », précise-t-il.

    L’entreprise poursuit désormais sa diversification avec le développement d’une activité d’agence de voyages, complémentaire au transport. « On fait tout : le transport, l’hébergement, les visites. Et surtout, on fait du sur-mesure, c’est ce qui fait la différence aujourd’hui », explique Adrien Dellas. Cette stratégie se concrétisera par l’ouverture, en janvier, d’une nouvelle agence de voyages à Mérignac Capeyron, destinée aussi bien aux voyages individuels qu’aux groupes. « Avoir une agence physique avec un interlocuteur en face, c’est plus rassurant », souligne-t-il, notamment pour une clientèle senior ou pour des projets de voyages lointains.

    Samedi, Adrien Dellas sera bien présent au stade Robert-Brettes pour vivre ce 32ᵉ de finale de Coupe de France face à Istres. Il y assistera à la fois comme partenaire du club, mais surtout comme un enfant du SAM. « Je vais le vivre comme contre Pau, avec beaucoup de stress et beaucoup d’émotion.  » confie-t-il. Aux côtés de son père, également très impliqué dans la vie du club, il profitera aussi de l’événement pour inviter des clients et partenaires. « Aujourd’hui, on vibre comme un enfant du club et comme un partenaire qui a envie que son équipe réussisse », résume Adrien Dellas, partagé entre passion, fierté et l’espoir de voir le SAM continuer à écrire l’une des plus belles pages de son histoire.

  • « On vise le meilleur terrain possible » : Robert Brettes sous pression avant la Coupe de France

    « On vise le meilleur terrain possible » : Robert Brettes sous pression avant la Coupe de France

    À l’approche de ce rendez-vous national, le stade Robert Brettes concentre une grande partie des préoccupations municipales. Son état, et plus particulièrement celui de la pelouse, mobilise fortement les équipes de la direction des sports. « Entretenir un terrain qui fonctionne habituellement comme un terrain d’entraînement et un terrain d’honneur, c’est un sacré enjeu », explique Nicolas Dauba. Le site accueille à la fois le rugby, le football et l’athlétisme, une intensité d’utilisation qui impose des arbitrages permanents.

    « L’enjeu aujourd’hui, c’est de retrouver une certaine planimétrie », détaille-t-il. Les agents municipaux sont à pied d’œuvre avec des opérations de « sablage, de décompactage, de retrait d’une partie du gazon, de placage pendant plusieurs jours, avec de la fertilisation ». L’objectif est clairement affiché : « avoir les meilleures conditions possibles pour samedi ».

    Le directeur des sports assume néanmoins les limites structurelles du stade. « On ne peut pas comparer le terrain d’honneur du Jard, qui n’accueille que du foot, et Robert Brettes ». La ligne suivie par la ville est pragmatique : « On ne vise pas la perfection, on vise le meilleur terrain possible ».

    La préservation de la pelouse passe également par des choix sportifs parfois délicats. « Rugby et foot sont très liés en ce moment, ils partagent le même terrain », rappelle Nicolas Dauba. À l’approche des tours décisifs de Coupe de France, « on a demandé de délocaliser tous les entraînements du rugby pour préserver le terrain ».

    Une décision lourde sur le plan sportif, mais comprise par les clubs concernés. « Ce n’est pas simple à accepter quand on joue le haut de tableau de Fédérale 2, mais ça a été presque évident ». Il insiste sur l’état d’esprit général : « Le sport, c’est aussi avant tout la solidarité, et là ce n’est pas un vain mot ».

    Sur le moyen terme, l’avenir du stade Robert Brettes est clairement identifié. « Le stade Robert Brettes est un équipement structurant », reconnaît Nicolas Dauba, tout en ajoutant qu’« il a besoin d’être rénové ». La piste d’athlétisme est également concernée. « Ça fait partie d’un plan pluriannuel d’investissement. Ce sont des travaux importants, identifiés, mais qui vont prendre encore un peu de temps ». À plus court terme, certaines améliorations sont envisageables, notamment sur la sonorisation, « typiquement le genre de choses sur lesquelles on peut investir plus rapidement ».

    Ces enjeux s’inscrivent dans une politique sportive municipale plus large. « Une direction des sports, c’est une direction au service des usagers », rappelle Nicolas Dauba, qu’il s’agisse « du public scolaire, des associations, des clubs ou du tout public ».

    La Ville de Mérignac s’appuie sur une organisation conséquente. « À la direction des sports, on est 85 ». Le territoire compte « environ 130 équipements sportifs », du city-stade de proximité à l’Aqua Stadium, ainsi que « 130 associations sportives », dont « 70 qui fréquentent quotidiennement les installations municipales ». La pratique sportive est particulièrement développée avec « 16 300 licenciés sport à Mérignac », un chiffre en progression puisque « plus de 2 000 licenciés ont rejoint les clubs ces dernières années ».

    La politique sportive de la ville repose sur « trois piliers ». Le premier est « le sport pour tous », avec la volonté « d’inclure tout le monde, quelles que soient ses capacités ou ses envies », à l’école, en club ou sur des équipements en libre accès. Le deuxième est « le sport de compétition », « du niveau amateur jusqu’au niveau élite ». Le troisième pilier est celui du « sport santé », destiné « aux personnes éloignées de la pratique sportive, parfois atteintes de maladies graves ou engagées dans des protocoles de soins », avec l’objectif de « les remettre au sport, parfois en complément d’un traitement ».

    Cette stratégie municipale se traduit aussi par des résultats sportifs concrets. « On a des clubs qui performent très bien », souligne Nicolas Dauba. En gymnastique artistique, le SAM Gymnastique illustre cette dynamique. « Quand il y a une pépite comme Maïana Prat, c’est une fierté pour le club et bien au-delà, pour la ville ». Il rappelle toutefois le rôle de la collectivité : « Notre travail, c’est avant tout de les mettre dans les meilleures conditions ».

    D’autres disciplines confirment le dynamisme sportif local. « La boxe française fonctionne très très bien depuis plusieurs années, avec des champions de niveau national et international ». Le rink hockey est également cité, « une section qui fonctionne très bien et qui est de retour en Coupe d’Europe cette année ».

    Le rugby et le football complètent ce panorama. « Le rugby mérite de monter par ses résultats », tandis que le SAM Football s’apprête à vivre un nouveau moment fort avec ce 32ᵉ de finale de Coupe de France, dans un contexte sportif et logistique exigeant. Nicolas Dauba insiste enfin sur l’envers du décor. « Quand on célèbre les sportifs, on célèbre aussi le travail des entraîneurs et des bénévoles », rappelant que « le renouvellement du bénévolat est aujourd’hui une vraie problématique ».