Catégorie : Société

  • Neurofibromatose : le combat de Charly Molas pour la reconnaissance d’une maladie encore trop méconnue

    Neurofibromatose : le combat de Charly Molas pour la reconnaissance d’une maladie encore trop méconnue

    La voix est posée, mais le récit, lui, est chargé d’émotion. Sur les ondes de C6 Radio, Charly Molas est venu raconter son histoire, marquée par la neurofibromatose de type 1, une maladie génétique neurologique encore largement méconnue. Diagnostiqué dès l’âge de huit mois, il vit depuis quarante ans avec cette pathologie qui peut provoquer des tumeurs sur les nerfs, des troubles de l’apprentissage et parfois des atteintes visibles du visage ou du corps.

    Aujourd’hui délégué régional de l’association OSE, Charly Molas accompagne les personnes touchées par la maladie et leurs familles, souvent démunies face à un diagnostic brutal.

    Une maladie découverte dès la petite enfance.

    C’est sa grand-mère maternelle qui, la première, remarque une asymétrie au niveau de son visage alors qu’il n’est encore qu’un nourrisson. Rapidement, les examens médicaux s’enchaînent : consultations, scanners, IRM. Les médecins identifient plusieurs taches café au lait, l’un des signes caractéristiques de la neurofibromatose. Le diagnostic tombe : Charly est atteint de la maladie, non pas par transmission héréditaire, mais par mutation spontanée.

    La neurofibromatose touche environ une naissance sur 3 000 à 3 500. En France, près de 20 000 personnes seraient concernées. Malgré ces chiffres, la pathologie reste peu connue du grand public et parfois même du corps médical.

    Une enfance marquée par le rejet et le harcèlement.

    Très tôt, la maladie se voit. Une masse osseuse au niveau de la tempe, un œil plus bas que l’autre : autant de différences qui attirent les moqueries. À l’école, Charly subit des remarques violentes, répétées, parfois humiliantes. Comparé à des personnages caricaturaux, stigmatisé pour son apparence, il endure ce que l’on qualifierait aujourd’hui sans hésiter de harcèlement scolaire.

    « Les enfants peuvent être très cruels », confie-t-il. À l’époque, ces comportements sont rarement nommés ou pris en charge. Les adultes minimisent, parlent de simples « taquineries ». Heureusement, Charly peut compter sur le soutien indéfectible de ses parents et de sa sœur, mais le traumatisme demeure.

    Avec le recul, il se dit soulagé de ne pas avoir grandi à l’ère des réseaux sociaux, qu’il considère aujourd’hui comme une arme redoutable pour amplifier le harcèlement.

    Se construire malgré la maladie.

    Vivre avec la neurofibromatose, c’est aussi composer avec des troubles de l’apprentissage, un frein parfois lourd dans le monde professionnel. Charly Molas raconte les difficultés rencontrées lors des recrutements, face à des employeurs peu enclins à accorder du temps ou de la patience.

    Il souligne toutefois l’importance des rencontres bienveillantes. Dans son entreprise actuelle, un responsable a su lui faire confiance, lui laissant le temps nécessaire pour s’adapter et apprendre. « Il faut tomber sur la bonne personne », résume-t-il, conscient que cette chance n’est pas donnée à tous.

    Parmi les choix les plus personnels de sa vie, Charly Molas a décidé de ne pas avoir d’enfants. Une décision mûrement réfléchie, motivée par la peur de transmettre la maladie et de voir un enfant subir les mêmes souffrances que lui.

    L’association OSE, un soutien essentiel.

    Engagé depuis plusieurs années au sein de l’association OSE, Charly Molas en est aujourd’hui délégué régional. Son rôle : écouter, orienter, accompagner. Lorsqu’un parent ou un patient prend contact avec lui, c’est souvent dans un moment de détresse. L’association les aide à se tourner vers les centres de référence médicaux, mais surtout à rompre l’isolement.

    « On devient une grande famille », explique-t-il. OSE agit sur plusieurs plans : soutien moral, accompagnement administratif, aide sociale et accès à l’information médicale fiable. Tous les deux ans, l’association organise notamment des séjours appelés les « Ribambelles », durant lesquels enfants et familles peuvent se retrouver sans crainte du regard des autres.

    Faire reculer les préjugés par l’action et la visibilité.

    Charly Molas insiste sur un besoin fondamental : la reconnaissance. Parce que le handicap n’est pas toujours visible, il est souvent minimisé. « On nous dit parfois que tout va bien, qu’on n’a pas besoin d’aide », regrette-t-il.

    Il plaide pour une meilleure formation des professionnels de santé, davantage de médiatisation et une prise de conscience collective. L’éducation, selon lui, reste la clé pour faire reculer les peurs et les préjugés.

    « Ose ta victoire », un projet qui redonne confiance.

    Parmi les projets portés par l’association, l’initiative « Ose ta victoire » incarne cet esprit de dépassement. En partenariat avec le skipper Thomas Lurton, l’association a constitué des équipages de personnes atteintes de neurofibromatose pour participer à des courses au large.

    Les résultats sont impressionnants : podiums, victoires et classements honorables sur plusieurs compétitions nautiques. Mais au-delà des performances sportives, c’est l’impact humain qui compte. En mer, les participants oublient la maladie, retrouvent confiance et estime de soi. « Pour la première fois, ce n’est pas moi qui ai dû frapper à une porte, c’est quelqu’un qui est venu me chercher », confie Charly Molas.

    Un combat qui continue.

    L’année à venir sera symbolique pour l’association OSE, qui célébrera ses 40 ans. De nouveaux projets sont déjà en préparation, notamment une nouvelle saison de « Ose ta victoire » et des événements de sensibilisation.

    Le message que Charly Molas souhaite faire passer est clair : malgré la maladie, tout est possible. « Oser, toujours oser », répète-t-il. Un appel à la reconnaissance, à la solidarité, et à un regard plus juste sur le handicap.

  • À Mérignac, Recto Verso 139 façonne depuis 20 ans les espaces de travail de demain

    À Mérignac, Recto Verso 139 façonne depuis 20 ans les espaces de travail de demain

    Une vocation née très tôt

    Créée en 2006, Recto Verso 139 s’apprête à entrer dans sa vingtième année d’existence, un cap symbolique que l’entreprise fêtera en octobre 2026. Pour Marie Laurence Pouey, ce parcours entrepreneurial s’inscrit dans une continuité presque évidente. « Je suis tombée dedans quand j’étais petite », confie-t-elle.

    Mobilier, art contemporain, design : dès l’enfance, elle est sensibilisée à ces univers grâce à sa mère, qui l’emmène visiter galeries et musées. Après des études à Bordeaux, à l’université puis en école de commerce, elle débute sa carrière comme salariée chez Bordeaux Bureau Équipement, où elle découvre le monde de l’aménagement des espaces de travail. « Tant qu’à vendre quelque chose, je préfère me faire plaisir », résume-t-elle.

    Quand le design rencontre l’entreprise

    Contrairement aux idées reçues, le mobilier professionnel n’est pas incompatible avec la création contemporaine. « Avant d’être fabriqués par des industriels, ce sont des designers reconnus, comme Philippe Starck, qui imaginent ces pièces », rappelle Marie Laurence Pouey.

    Pour autant, intégrer le design dans l’entreprise ne va pas de soi. « On est avant tout dans le conseil », explique-t-elle. Chaque projet démarre par un audit précis et un cahier des charges construit avec le client. « On travaille sur les besoins, l’ergonomie, le confort, le bien-être, mais aussi sur l’image de l’entreprise, en fonction de son activité. »

    Entre audace et maîtrise du risque

    En 2006, encouragée par des proches et des architectes avec lesquels elle collabore déjà, Marie Laurence Pouey décide de créer Recto Verso 139. Un choix audacieux, mais réfléchi. « On prend toujours des risques, mais tout est assez bien calibré. On ne part pas à l’aventure », assure-t-elle.

    Dès le départ, elle s’entoure : fournisseurs, industriels, architectes et premiers clients constituent un socle solide. Installée avenue de l’Yser, dans un espace de 40 m² qui donnera son nom à l’entreprise, elle démarre avec une collaboratrice à ses côtés, tandis qu’elle se consacre au développement commercial et aux projets.

    Une signature fondée sur l’écoute et le design

    Recto Verso 139 se distingue moins par un style figé que par une méthode de travail. « Il y a une façon de travailler et un attachement fort au design et aux belles pièces », explique la dirigeante. L’écoute et l’observation sont au cœur de chaque mission, qu’il s’agisse d’un décideur, d’un service achats ou d’une direction générale.

    Lorsque certaines demandes semblent inadaptées, le dialogue prime. « On amène les choses délicatement. On n’est pas à la maison, on n’aménage pas un bureau comme un intérieur privé. »

    S’adapter aux nouvelles façons de travailler

    Depuis vingt ans, Marie Laurence Pouey observe une profonde mutation du monde du travail. « On est passé du bureau très cloisonné à de grands espaces partagés », explique-t-elle. Open spaces, flex-office, coworking, télétravail : ces évolutions ont transformé la manière d’aménager les lieux.

    La sortie de la crise sanitaire a renforcé cette tendance. « Il a fallu recréer des espaces plus confidentiels, plus fermés, mais aussi plus conviviaux », note-t-elle. Cabines acoustiques, espaces informels, zones de détente ou de réunion : l’objectif est aujourd’hui de favoriser les échanges et de redonner envie de revenir au bureau.

    Bien-être, ergonomie et normes

    Si l’esthétique est essentielle, elle ne suffit pas. « Faire beau, c’est bien, mais faire efficace, c’est indispensable », insiste Marie Laurence Pouey. Normes de sécurité, de circulation, d’accessibilité, ergonomie des postes de travail, qualité des assises, travail assis-debout : chaque projet intègre l’ensemble de ces contraintes.

    « Un mauvais poste de travail agit sur le physique, mais aussi sur le moral », rappelle-t-elle. Le bien-être au travail n’est donc pas un simple argument marketing, mais un levier de performance et de cohésion.

    Des réalisations emblématiques

    Au fil des années, Recto Verso 139 a signé de nombreuses réalisations de référence : l’aménagement de la médiathèque de Mérignac, de l’hémicycle du Conseil régional d’Aquitaine, ou plus récemment du nouveau siège de Ceva Santé Animal, un bâtiment de près de 12 000 m² entièrement aménagé par l’entreprise.

    Un chantier d’envergure, mené sur une année de préparation et deux mois de livraison, qui illustre la capacité de l’entreprise à gérer des projets complexes, dans des contextes de forte concurrence.

    Une entreprise tournée vers l’avenir et la RSE

    Aujourd’hui, Recto Verso 139 compte sept collaborateurs, au sein d’une équipe jeune et majoritairement féminine, constituée avant tout « en fonction des compétences et des profils ». L’entreprise réalise un chiffre d’affaires d’environ 3 millions d’euros et poursuit son développement sans renier ses valeurs.

    Très attentive aux enjeux de responsabilité sociétale, Marie Laurence Pouey s’engage également dans le réemploi du mobilier. « Quand une entreprise n’en veut plus, on évite de jeter. Ces meubles peuvent avoir une seconde vie. » Recto Verso 139 travaille ainsi avec des acteurs locaux du recyclage et de l’économie circulaire.

    Redonner envie de revenir au bureau

    Alors que le télétravail tend à se réduire, de plus en plus d’entreprises font appel à Recto Verso 139 pour recréer du lien et de la convivialité. « On nous dit souvent : heureusement qu’on a fait ça, ça a changé l’ambiance », conclut Marie Laurence Pouey.

    Une preuve, selon elle, que des espaces bien pensés peuvent jouer un rôle clé dans la dynamique collective et le plaisir de travailler ensemble.

  • Martignas/Jalle : le Conseil municipal des jeunes veut “aider les grands”

    Martignas/Jalle : le Conseil municipal des jeunes veut “aider les grands”

    “Proposer des idées pour la ville”

    Pour Hugo, le CMJ est d’abord un outil pratique : “Le conseil municipal des jeunes, c’est… aider la ville à proposer des idées pour la ville et aider les adultes aussi… à proposer soit des idées, soit des actions à faire tout au long des deux années du mandat.”

    Et derrière, une formule qui résume l’état d’esprit : “On est là pour aider les grands.”

    Des campagnes… et des propositions très variées

    Avant d’être élus, les jeunes ont dû convaincre. Anna raconte une idée qui lui tenait à cœur : “J’avais jamais vu vraiment une mascotte pour Martignas alors j’avais bien voulu en voir une qui représenterait Martignas.” Dans ses propositions, elle évoque aussi “organiser des jeux de découverte de la ville” et “mettre en place une correspondance avec les personnes âgées pour les fêtes.” Laura, elle, déroule une liste d’actions très terrain : “J’ai proposé de construire un parc pour chiens”, “faire une journée ramassage des déchets”, “restaurer le kiosque de Moulin Bidon”, et “faire des activités intergénérationnelles.” Sur la question des aînés, elle met des mots simples sur une intention forte : “Ce que j’aimerais en fait, c’est surtout qu’ils se sentent pas tout seul… Qu’ils sachent qu’il y a les enfants, ils pensent à eux.”

    Solidarité : “peut-être un peu… avec le harcèlement”

    Le mot revient souvent. Interrogée sur la solidarité, une des jeunes répond : “Bah peut-être un peu oui, avec le harcèlement… surtout.”

    Pour Marine, l’année a été marquée par un niveau de propositions “énormément” riche : “En général, on leur a proposé de mettre trois propositions, une a mis cinq, six, sept idées.”. Parmi les idées qui ont fait réagir, une proposition a particulièrement marqué les adultes : “proposer une soirée pyjama à l’EHPAD.” Marine confirme l’enthousiasme suscité : “Tous les adultes… nous ont dit : ‘Mais quelle idée ! Mais c’est extraordinaire comme idée !’”

    Des projets qui aboutissent : l’exemple de la “LudoBoum”

    Le CMJ n’est pas une simple “boîte à idées”. Marine insiste : “Si ça peut être des idées qui sont intéressantes et facilement mises en place, on essaie de les mettre en place.”

    Preuve avec la “LudoBoum”, née d’un projet d’enfant : “La LudoBoum, c’est une idée qui vient entièrement d’eux.”

    Hugo explique le concept : “On voulait faire une soirée avec… des jeux de société et vers la fin, une soirée DJ et soirée dansante.”

    Et il détaille même l’apport des partenaires : “Il y avait la bibliothèque aussi qui nous a aidés à mettre en place d’autres jeux.”

    Côté bilan, Hugo revendique du concret : “On a beaucoup donné d’idées, la plupart qui ont abouti à… des actions ou à des soirées LudoBoum par exemple.”

    “On avait accueilli plus de 300 personnes.” Et il explique comment l’équipe a corrigé les points faibles d’une édition à l’autre : “À la deuxième on a mis plus de salé… on a écarté la soirée boum dans une autre salle.”

    Environnement : “voir les déchets par terre… ça m’énerve”

    Au-delà de l’intergénérationnel, l’écologie fait aussi partie des irritants du quotidien. Une élue résume : “Ce qui m’énerve, c’est… voir les gens… il y a plein de poubelles autour d’eux… et quand même… leurs mégots ou bien leurs déchets par terre.”

    Une école de démocratie (et de confiance)

    La fierté d’être élue est palpable, même chez les plus réservées. Anna l’avoue : “Oui, tout le monde a voté pour moi alors que je… suis un petit peu timide… Que malgré tout, j’ai de bonnes idées.” Marine observe les effets sur deux ans : “Au début du mandat ils étaient un peu timide… ils n’osaient pas prendre la parole. Et en fait, au bout de deux ans… ils sont plus à l’aise.”

    Elle décrit aussi un apprentissage très concret : “prendre la parole en public”, “aller vers les autres”.

    Et maintenant : cohésion début janvier, puis premières décisions

    Le nouveau mandat démarre vite. Marine annonce : “Au début janvier déjà, on a une journée de cohésion… On va faire une assemblée et on fait effectivement un premier conseil.”

    Le CMJ compte “21 élus”, avec “toutes les écoles représentées… les deux écoles élémentaires, et le collège.”

    Hugo, lui, conclut sur une prise de conscience : “Bien d’avoir été dans le conseil municipal des jeunes, j’ai pris conscience de tout ça… et c’est vrai que la politique, ça m’intéresse un peu.”

  • Immobilier: 2026, une bonne année pour acheter ou vendre

    Immobilier: 2026, une bonne année pour acheter ou vendre

    Les volumes de transactions sont revenus à la hausse en 2025 (+18% en Gironde) portés par « la volonté d’achat qui est revenue liée aux taux bancaires qui ont baissé », aujourd’hui « entre trois, 3,2% 3,3%, 3,4 % en fonction des dossiers », ce qui « a permis de solvabiliser une bonne partie des acquéreurs », explique Benoît Rempenault.

    Contrairement à l’idée reçue d’un réflexe d’épargne et d’attentisme, il affirme : « Ce n’est pas vrai. Non, au contraire, il y a une vraie volonté de revenir à la propriété ». Sur la 6e circonscription, il décrit un territoire « dynamique », et une demande stable : « une vraie volonté d’acheter sa résidence principale, qui plus est une maison pour la famille ».

    Sur les prix, le diagnostic est posé : « Les prix stagnent », avec une « stagnation des prix sur l’année 2025 qui sont similaires à ceux de fin 2024 ». Pour lui, c’est une bonne nouvelle côté acheteurs : « ils ont gagné en solvabilité avec la baisse des taux d’intérêt et des prix qui n’ont pas connu de flambée cette année ».

    Dans son secteur, il cite des repères chiffrés : « Nos données internes » placent « le prix moyen à un peu plus de 350 000 € », quand « on était à 430 000 € de prix moyen en 2021 ». Il parle d’« une belle baisse (…) de l’ordre de 20 % » et d’un marché qui « revient (…) au prix du marché », « à un équilibre », rappelant que 2021 « est une anomalie » portée notamment par des taux « inférieurs à 1 % ».

    Côté recherches, il constate un profil très familial : « la maison trois chambres avec un jardin » reste la cible principale, avec « l’autre typologie classique » : « la quatre chambres ».

    Mais cette demande se heurte à une contrainte de fond : « il y a une pénurie de logements », qu’il relie au « manque de construction sur les dernières années » et à « l’explosion des familles monoparentales », avec une conséquence directe : « on se retrouve face à une pénurie de logements ».

    Pour ceux qui vendent, Benoît Rempenault insiste sur la question du positionnement : un bien qui reste longtemps, dit-il, cache souvent le même problème — « le lézard il a un nom, c’est le prix ». Il évoque « le temps de faire (…) le deuil » et rappelle qu’à l’inverse, les biens « au prix du marché (…) partent et (…) passent pas la semaine ».

    Sur le financement, il estime que l’accompagnement est devenu quasi incontournable : « aujourd’hui, pour être accompagné dans un projet d’acquisition, il faut avoir un bon courtier », et même, sans détour : « il faut passer par un courtier. C’est indispensable », notamment parce que « les banques ont des politiques (…) qui changent constamment ». T

    Pour 2026, Benoît Rempenault anticipe une dynamique qui peut rester favorable tant que la combinaison prix/taux reste alignée. Il lance : « en 2026, il faut acheter, il faut vendre », et juge que c’est « un très bon moment pour acheter en 2026. Les taux sont bons. La convergence entre le prix actuel et les taux font que c’est un très bon moment pour acheter ».

    Il introduit cependant une incertitude : « on n’est plus dans un contexte franco français. On est lié à l’international ». En rappelant que la hausse de 2023 était « mondial[e] », il prévient : « bien malin qui peut dire ce qui va se passer sur les mois à venir au niveau international ». Dans cette lecture, le risque principal est explicite : « si les taux venaient à remonter, le prix continuerait à baisser ». Il faut donc « emprunter tant que les taux sont corrects à 3 % », qu’il qualifie de « très bons taux » quand on élargit la perspective historique.

    Il évoque aussi l’effet “attentisme” lié au contexte politique : « les années d’élection ont toujours été compliquées », avec « un attentisme » pour savoir « quelle loi fiscale allait passer », alimentant l’idée d’un marché parfois « atone » par séquences. Pour autant, il maintient sa conclusion sur 2026 : « oui, un très bon moment ».

    Dans le neuf, en revanche, le problème est majeur, avec « un nombre de constructions (…) ridiculement bas » et des « permis de construire qui ne sortent pas », ce qui donne « une vision déjà sur les trois ou quatre prochaines années, avec une pénurie qui va s’accentuer ». Il en déduit un déplacement de la demande : les ménages qui visaient « acheter un terrain, faire construire » se font plus rares et « se reportent dans l’ancien », ce qui entretient l’activité sur le parc existant.

  • Téléthon à Martignas : « Il faut se renouveler chaque année! »

    Téléthon à Martignas : « Il faut se renouveler chaque année! »

    Cette année, Martignas lance l’opération 3637 photophores.. comme le 3637 pour faire les dons. Monique Becavin a rappelé l’ampleur du travail réalisé : « Il a fallu récupérer des petits pots… on a décoré plus de 3000 pots avec nos petites mains ». Elle a également évoqué le casse-tête logistique : « Il fallait aussi trouver comment stocker tout ça ».

    Depuis 2018, l’association prépare chaque édition pendant plusieurs mois. Monique Becavin a décrit ce fonctionnement collectif : « On réfléchit, on se retrouve, on fait venir d’autres personnes… » ; « Moins on est nombreux, moins il y a d’idées et moins on peut mettre en place ». Elle souligne une solidarité locale essentielle : « C’est quand même le fruit d’une belle solidarité… des assos, des commerçants, des officines, même des auto-entrepreneuses ». Malgré la fatigue et le manque de bénévoles réguliers, la mobilisation du public redonne chaque année l’envie de continuer. La présidente l’exprime clairement : « À la fin, on en a un peu marre… mais quand on voit comment ça se passe et tout ce qu’on peut donner à l’AFM, on se dit : allez, je repars pour l’an prochain ». Après 5 800 € lors de la première édition organisée par l’association et 9 100 € l’an dernier, elle fixe un objectif ambitieux : « Dépasser les 10 000 €, ce serait formidable ». Le programme du jour reflète cette énergie : installation et vente des photophores sur le parvis de l’église, conférence pédagogique, défilé de mode,vente de bijoux artisanaux, animation musicale menée par l’association Dancing Show, puis soirée festive à la salle Gérard-Philipe avec danse, claquettes et chant choral. Monique Becavin participe également à ces moments : « Je chante… c’est une chorale avec mise en scène ».

    Le rôle du Téléthon : financer l’espoir et la recherche génétique

    L’entretien a rappelé pourquoi le Téléthon occupe une place particulière dans la mobilisation citoyenne. Monique Becavin l’a exprimé ainsi : « Le Téléthon, c’est vous, c’est moi… tout le monde peut se retrouver dans la situation où quelqu’un de la famille a une maladie génétique ». Elle explique aussi la volonté fondatrice de l’AFM : « Ils ne voulaient plus entendre le mot incurable ». Les besoins restent immenses : « Il reste encore 7000 maladies rares et davantage encore de programmes à financer ».

    Le Téléthon permet de soutenir la thérapie génique, d’ouvrir des essais cliniques, d’équiper des laboratoires et d’accompagner les familles, un rôle vital pour des pathologies encore dépourvues de traitements.

    Samedi 6 décembre, chaque photophore, chaque lumière et chaque geste de solidarité contribuera directement à faire avancer la recherche et à soutenir les malades et leurs familles. Les dons sont possibles via le 36 37 et sur place tout au long de la journée.

  • Restos du Cœur : « Que ceux qui dénoncent l’assistanat viennent passer une journée avec nous ! »

    Restos du Cœur : « Que ceux qui dénoncent l’assistanat viennent passer une journée avec nous ! »

    Un seuil psychologique encore puissant

    De nombreuses personnes sont orientées par les services sociaux, mais une part grandissante franchit la porte spontanément, incapables de couvrir leurs dépenses essentielles. « Ce n’est jamais facile de pousser la porte, même 40 ans après », rappelle Françoise Casadebaig. Cette honte persistante rend l’accueil central : écoute, réassurance, absence de jugement. Pour certains, ce moment constitue le seul échange humain de leur semaine, un élément devenu aussi essentiel que l’aide alimentaire.

    Une précarité élargie : étudiants, travailleurs pauvres… et de plus en plus de retraités

    Les Restos du Cœur Gironde constatent une hausse nette des étudiants en difficulté, mais aussi des travailleurs pauvres dont certains, malgré un emploi,dorment dans leur voiture faute de pouvoir se loger. L’évolution la plus marquante demeure toutefois l’arrivée croissante de retraités. Souvent seuls et disposant de pensions trop faibles pour faire face à la hausse générale des prix, ils représentent une part de plus en plus visible du public accueilli. « Pour eux, la situation ne s’améliorera pas », indique Françoise Casadebaig. Les centres voient également affluer davantage de personnes seules et de familles monoparentales.

    Isolement, fragilité et rôle crucial de l’écoute

    L’arrivée croissante de retraités isolés et de personnes vivant seules souligne une dimension essentielle du travail des Restos : rompre la solitude autant que la précarité alimentaire. Pour certains, venir au centre constitue autant un soutien matériel qu’un soutien humain. « Beaucoup de personnes viennent et c’est le seul moment où elles parlent avec quelqu’un de la semaine», explique la responsable. Pour les bénévoles, l’accueil et l’écoute sont donc des missions premières, indissociables des paniers distribués.

    L’assistanat, un discours en décalage complet avec le terrain

    Les critiques récurrentes sur « l’assistanat » ne correspondent en rien au fonctionnement réel observé dans les centres. La grande majorité des bénéficiaires vient par nécessité, non par confort. Les chiffres sont explicites : 64 % des familles reçues l’an dernier venaient pour la première fois, et seules 14 % reviennent l’année suivante. Les Restos du Cœur constituent un coup de pouce ponctuel, qui permet à la plupart des personnes de rebondir. D’où la réaction ferme de Françoise Casadebaig : « Que ceux qui dénoncent l’assistanat viennent passer une journée avec nous ! »

    2,5 millions de repas distribués en 2024

    En Gironde, 2 500 000 repas ont été distribués l’an dernier, auxquels s’ajoutent 68 000 repas destinés aux personnes vivant dans la rue. Les besoins restent constants : dons financiers, produits alimentaires, hygiène et fournitures pour enfants.

    Une organisation sous tension mais qui tient

    Malgré quelques pénuries ponctuelles, notamment sur les œufs, l’association parvient à suivre la hausse de fréquentation. La grande collecte annuelle aura lieu en mars.

    Une aide élargie aux démarches administratives

    Les Restos déploient désormais un véhicule aménagé en bureaux pour accompagner les familles dans leurs démarches sociales, juridiques ou administratives. Il se rendra dans les 40 centres girondins afin d’aider ceux qui peinent à s’orienter dans des procédures complexes.

    Bénévoles mobilisés, mais disponibilité réduite

    L’esprit de Coluche – respect, convivialité, solidarité – demeure, mais les bénévoles disposent de moins de temps qu’autrefois. Les Restos recherchent notamment des chauffeurs et des bénévoles qualifiés pour leur service RH. L’ouverture d’un nouveau centre à Saint-Augustin permettra de soulager celui de Mérignac, saturé avec 600 familles accueillies.

    Épilogue amer

    À peine son entretien terminé, Françoise Casadebaig a appris que le centre des Restos du Cœur de Talence venait d’être vandalisé. C’est la deuxième fois en quelques mois. La première fois, les visiteurs étaient repartis avec… un peu de chocolat.

  • Miss Bordeaux, Solène Videau, lance C6 Radio.  » Je suis une fille comme les autres »

    Miss Bordeaux, Solène Videau, lance C6 Radio.  » Je suis une fille comme les autres »

    « Je veux qu’on continue de m’appeler Solène » : Miss Bordeaux ouvre l’antenne de C6 Radio et se confie

    Étudiante en dernière année de mode et Mérignacaise originaire du quartier de Pichey, Solène Videau, 21 ans – bientôt 22 –, a été la première invitée de l’histoire de C6 Radio pour son lancement. Élue Miss Bordeaux en octobre puis première dauphine de Miss Aquitaine début octobre, elle décrit une année rythmée, entre engagements locaux, préparation aux concours et volonté constante de rester elle-même.

    Inscrite par sa mère il y a deux ans, elle retente l’aventure cette année et remporte le titre bordelais. Depuis l’enfance, elle regardait les concours à la télévision ; aujourd’hui, elle en découvre la réalité : représenter Bordeaux, rencontrer ses habitants, incarner une image, ne pas se limiter au « strass et paillettes ».

    Solène insiste sur cette idée : elle veut être appelée par son prénom, rester identifiée comme Solène et non comme une étiquette. Entre études, travail et obligations liées à son titre, elle évoque des phases de fatigue, mais aussi un soutien déterminant, notamment de sa mère et de son comité.

    Elle aborde frontalement deux sujets souvent évoqués : la “grosse tête” et l’image parfois jugée ringarde des concours. Sur le premier point, elle est catégorique : « Je garde les pieds sur terre. » Elle rappelle qu’il existe une vie après l’écharpe et que rien n’est acquis. Sur le second, elle estime que Miss France n’a rien de démodé : l’organisation évolue, les critères se modernisent — tatouages autorisés, candidates mariées acceptées — et l’élection met désormais en avant des profils plus divers. Elle cite Angélique Philopon, Miss France 2024, comme symbole d’un concours aligné avec son époque.

    Très sportive — fitness, musculation, marche inclinée —, elle décrit une préparation intense pour Miss Aquitaine, incluant coaching physique, éloquence et chorégraphies. Elle souligne le rôle de son comité bordelais et des équipes régionales qui encadrent les candidates.

    Son année de Miss est aussi orientée vers le terrain : artisans, chocolatiers, chapelier bordelais. Un projet lui tient particulièrement à cœur : avant Noël, elle souhaite se rendre au CHU Pellegrin pour offrir des jouets neufs aux enfants hospitalisés, en partenariat avec JouéClub.

    Pour l’avenir, elle se voit dans la mode, idéalement comme costumière dans un grand théâtre. Le mannequinat pourrait suivre, selon les opportunités. Quant à retenter Miss Aquitaine, elle n’exclut rien.

    En titre jusqu’en octobre 2026, première voix invitée lors du lancement de C6 Radio, Solène Videau poursuit sa mission : représenter Bordeaux sans céder ni à la grosse tête, ni aux clichés — et surtout en restant Solène.

  • Mérignac: Le chant pour oublier les différences. Lancement d’une chorale inclusive.

    Mérignac: Le chant pour oublier les différences. Lancement d’une chorale inclusive.

    Une chorale inclusive pour chanter au-delà des différences

    Sous l’impulsion du chef de chœur Emmanuel Lahoz (Les Polyphonies d’Eysines), un projet inédit voit le jour : “Le Chœur des Talents”, une chorale inclusive ouverte à tous — personnes en situation de handicap ou non — qui fera ses premiers pas à l’occasion de la Semaine européenne du handicap dans le monde du travail, du 17 au 19 novembre à Mérignac, Pessac et Bordeaux.

    « L’idée, c’est de créer une chorale en entreprise, ouverte à tous les salariés, handicapés ou non, et de construire ensemble quelque chose de collectif et de beau », explique Emmanuel Lahoz. Pour lui, chanter, c’est avant tout un acte social : « On n’a pas besoin d’être un grand chanteur pour faire partie d’un ensemble harmonieux. Ce qui compte, c’est ce que chacun peut apporter avec sa voix, son corps, son énergie. »

    Les répétitions mêleront chant, rythme, percussions corporelles et adaptation des morceaux de variété française, afin que chacun trouve sa place, quelle que soit sa capacité. « L’idée, c’est que tout le monde se rencontre, peu importe les différences », souligne le chef de chœur.

    Cette philosophie de partage, Céline-Claire Choplet la vit déjà pleinement. Employée au CROUS de Bordeaux, elle a rejoint la chorale à la suite d’une rencontre fortuite : « J’ai simplement voulu mettre en lien des personnes, et je me suis retrouvée intégrée dans cette belle aventure. » Diagnostiquée fibromyalgique, elle témoigne de ce que le chant lui a apporté : « Grâce à la chorale, j’ai pu retravailler ma mémoire, ma concentration, ma sociabilité. Quand on chante, on oublie les douleurs, on oublie tout. »

    Pour elle, la chorale est bien plus qu’un loisir : une renaissance. « J’ai tendance à dire que je suis une passoire, parce que j’oublie tout… mais une passoire souriante et chantante ! », dit-elle avec humour.

    L’inclusion, dans cette expérience collective, devient une réalité vécue : « J’ai chanté avec des non-voyants, des personnes en fauteuil, d’autres malentendantes. À chaque fois, je vois des gens rayonner, reprendre confiance. »

    Trois ateliers de création sont prévus dans le cadre du lancement du Chœur des Talents, dont un atelier à Mérignac le 18 novembre. La soirée de clôture aura lieu le 19 novembre à la chapelle du CROUS de Bordeaux, lieu emblématique à l’acoustique exceptionnelle.

    Les séances sont gratuites et ouvertes à tous. Renseignements et inscriptions sur le site [Chœur des Talents].