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  • A’Rieka, le rappeur-prof de mathématiques qui fait rimer pédagogie et création artistique

    A’Rieka, le rappeur-prof de mathématiques qui fait rimer pédagogie et création artistique

    Derrière le nom de scène A’Rieka se cache Antoine Carrier, professeur de mathématiques et rappeur bordelais. Un double parcours assumé, qu’il résume lui-même avec simplicité : « Je suis moitié prof de maths et moitié rappeur ». Originaire du Médoc, l’artiste a grandi avec le rap, nourri très tôt par l’écoute de groupes et d’auteurs où le texte tient une place centrale, de Passi à NTM, mais aussi Brassens, Renaud ou Gainsbourg.

    Aujourd’hui suivi par plusieurs dizaines de milliers d’abonnés sur les réseaux sociaux, A’Rieka s’est fait connaître auprès du grand public grâce à un concept original : les « rapémathiques », des chansons pédagogiques conçues pour aider les collégiens à réviser.

    Des « rapémathiques » pour redonner envie d’apprendre

    L’idée naît il y a trois à quatre ans, à partir d’un constat de terrain. Face à des classes de troisième en grande difficulté et peu enclines aux révisions, A’Rieka cherche un levier pour remotiver certains élèves. Il imagine alors un format mêlant rap et notions mathématiques, avec tableaux, exemples concrets et paroles structurées autour du programme du collège.

    Tables de multiplication, théorème de Pythagore, Thalès : l’ensemble du socle mathématique est progressivement décliné en musique. L’objectif n’est pas tant de faire comprendre que de faciliter la mémorisation et la révision. « Ce n’est pas une baguette magique, mais ça a marché pour quelques-uns », souligne-t-il.

    Le succès dépasse rapidement le cadre de sa salle de classe. Diffusées sur Instagram, TikTok et YouTube, ces vidéos rencontrent un large écho, devenant un outil pédagogique utilisé par de nombreux enseignants pour dynamiser leurs cours.

    Une réflexion engagée sur l’école et ses évolutions

    Fort de quinze années d’expérience dans l’enseignement, A’Rieka porte également un regard lucide sur l’évolution du système scolaire. Il constate une baisse progressive du niveau en mathématiques et pointe plusieurs facteurs, parmi lesquels l’hétérogénéité croissante des classes et la suppression du redoublement.

    Selon lui, chaque élève devrait pouvoir avancer à son rythme, sans stigmatisation. Il évoque aussi l’impact des réseaux sociaux, d’Internet et désormais de l’intelligence artificielle sur les comportements des jeunes, ainsi qu’un rapport à l’éducation parfois fragilisé dans certaines familles.

    C’est précisément dans ce contexte qu’il voit ses projets artistiques comme des leviers complémentaires, capables de recréer de l’engagement et de la motivation.

    Du rap pédagogique aux projets collaboratifs

    Au-delà des rapémathiques, A’Rieka a développé un second dispositif : les « rapépratiques ». Le principe repose sur des ateliers d’écriture menés avec des élèves, en collaboration avec des enseignants de différentes disciplines. Les jeunes écrivent eux-mêmes des chansons à partir de leurs leçons, apprennent à rapper, enregistrent leurs morceaux et réalisent leurs clips.

    À la fin du processus, ce sont les élèves qui deviennent à leur tour transmetteurs de savoir, leurs productions servant de support de révision pour d’autres classes. Déployé dans de nombreux collèges de Gironde, mais aussi au Pays basque, à Montpellier ou vers Poitiers, le projet compte aujourd’hui près d’une soixantaine de clips en ligne.

    Ces initiatives s’étendent désormais à d’autres structures : établissements spécialisés, hôpitaux de jour, colonies de vacances, collectivités locales, et même entreprises, avec une déclinaison en team building favorisant la cohésion d’équipe à travers la création musicale.

    Une carrière musicale nourrie par l’expérience de terrain

    Parallèlement à ses projets éducatifs, A’Rieka poursuit son travail artistique personnel. Son dernier album, Né entre deux étoiles, illustre sa volonté de ne pas se cantonner à un seul style : rap à texte, morceaux plus sombres, titres légers ou introspectifs s’y côtoient. Une diversité qu’il résume par sa devise : « trop de styles pour en avoir un ».

    Il est également l’auteur de Super Papa, une chanson écrite pour ses trois enfants, dont le clip réunit toute sa famille, et de On échouait, un titre largement relayé pendant la période post-confinement, qui évoque avec humour et lucidité le quotidien des enseignants durant la crise sanitaire. Ce morceau connaît un succès viral, atteignant plusieurs centaines de milliers de vues en quelques jours.

    Sur scène, l’artiste se produit aujourd’hui entouré de musiciens batteur, guitariste, DJ-pianiste, avec un show d’une heure mêlant rap, reggae, rock, piano voix et passages a cappella.

    « Donner une autre dimension au rap »

    Malgré une visibilité importante liée à ses contenus pédagogiques, A’Rieka garde les pieds sur terre. Conscient que ses abonnés le suivent avant tout pour ses rapémathiques, il poursuit néanmoins sa création musicale avec détermination, acceptant les doutes et les écarts de notoriété entre ses différents projets.

    Sa plus grande fierté reste ses enfants. Son combat, lui, est clair : montrer que le rap peut dépasser les clichés et devenir un outil de transmission, de réflexion et de lien social.

    Entre salles de classe, studios d’enregistrement et scènes de concert, A’Rieka trace ainsi un parcours atypique, où l’art et l’éducation se répondent, au service d’une ambition simple : faire voyager le rap et ouvrir de nouveaux horizons d’apprentissage.

  • À Saint-Médard-en-Jalles, Élodie Malavialle fait dialoguer le public avec la nature grâce à sa structure: Les Murmures Sauvages

    À Saint-Médard-en-Jalles, Élodie Malavialle fait dialoguer le public avec la nature grâce à sa structure: Les Murmures Sauvages

    Depuis Saint-Médard-en-Jalles, Élodie Malavialle développe une approche sensible et pédagogique de la nature. À la tête de la micro-entreprise Les Murmures Sauvages, créée il y a environ trois ans, elle propose une large palette d’ateliers dédiés à la découverte du monde végétal : plantes sauvages comestibles, usages traditionnels des plantes à travers les âges, croyances populaires, mais aussi temps de connexion à la nature pour enfants, adultes et tout-petits.

    Son activité s’adresse à tous les publics, avec des formats variés : ateliers sensoriels parent-enfant, animations à la demande des collectivités, ou encore interventions centrées sur la sensibilisation à l’environnement.

    Quinze ans d’expérience au service de la transmission

    Animatrice nature depuis une quinzaine d’années, Élodie Malavialle a souhaité faire évoluer son parcours professionnel en y ajoutant une dimension formatrice. « L’idée était de pouvoir proposer des ateliers correspondant davantage à ma vision de la sensibilisation, tout en développant des actions de formation », explique-t-elle.

    Aujourd’hui, elle cumule plusieurs casquettes. En parallèle de ses activités de terrain, elle enseigne dans un campus privé bordelais auprès d’étudiants en Bachelor et Master spécialisés en écologie et éducation à l’environnement. Elle intervient également auprès des professionnels de la petite enfance, notamment sur les enjeux de l’éveil à la nature chez les plus jeunes.

    Une démarche globale qui vise à agir à tous les niveaux, de l’enfant à l’adulte, en passant par les éducateurs.

    « Être médiatrice entre la nature et le public »

    Le nom Les Murmures Sauvages reflète pleinement sa philosophie. Passionnée par les usages des plantes, Élodie Malavialle considère le végétal comme porteur de savoirs souvent méconnus. À travers ses sorties et ateliers, elle se définit comme une « porte-parole » du monde végétal.

    Pour elle, la nature n’est jamais silencieuse : elle s’exprime à qui prend le temps d’observer, d’écouter et de comprendre. Son rôle consiste alors à faire le lien entre cet univers vivant et le public, dans une approche à la fois poétique et pédagogique.

    Si elle peut proposer ponctuellement de l’observation d’oiseaux lors de balades, elle précise ne pas réaliser d’inventaires naturalistes formels : son travail s’inscrit avant tout dans la sensibilisation et la découverte.

    Une éducation à la nature jugée « fondamentale »

    Face aux bouleversements environnementaux actuels, Élodie Malavialle insiste sur l’importance de reconnecter les jeunes générations au vivant. Selon elle, un contact régulier avec la nature dès le plus jeune âge est essentiel au développement global de l’enfant.

    Sans catastrophisme, elle observe néanmoins les transformations déjà à l’œuvre. Si la planète saura, à terme, se régénérer, elle estime que la véritable inquiétude concerne l’humanité et sa capacité à adapter ses comportements.

    Une journée nature dédiée aux oiseaux le 18 février

    Parmi les prochains rendez-vous proposés, une journée nature est programmée le 18 février, de 9h30 à 16h30, dans le bois du Déhès au Haillan. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du club nature Les Graines Buissonnières, fondé avec Antonella Caparello, animatrice de la structure Une Parenthèse Enchantée.

    Destinée aux enfants de 6 à 12 ans, cette journée thématique sera consacrée aux oiseaux : observation, écoute des chants, création d’affûts, fabrication de mangeoires en vannerie sauvage à partir de végétaux trouvés sur place, ainsi que différents jeux de reconnaissance des espèces locales.

    Habituellement basé à Saint-Médard-en-Jalles avec un rendez-vous mensuel le samedi matin, le club propose également, pendant les vacances scolaires, des stages ou journées à thème. Les enfants fidèles reviennent régulièrement, « ils n’en ont en général jamais assez », sourit l’animatrice, tout en espérant accueillir de nouveaux participants grâce au bouche-à-oreille.

    Le tarif de la journée est fixé à 50 euros pour un enfant, et 90 euros pour une fratrie.

    Informations pratiques

    Les inscriptions peuvent se faire par mail à lesgrainesbuissonnieres33@gmail.com ou via Instagram, sur le compte Les Murmures Sauvages, où Élodie Malavialle partage régulièrement ses actualités.

    Entre transmission, immersion et pédagogie active, Les Murmures Sauvages s’imposent ainsi comme un acteur local engagé de l’éducation à l’environnement, offrant aux habitants du territoire des espaces privilégiés pour renouer avec le vivant.

  • Coupe Gambardella : le SAM Football accueillera l’Olympique Lyonnais pour un huitième de finale de prestige

    Coupe Gambardella : le SAM Football accueillera l’Olympique Lyonnais pour un huitième de finale de prestige

    Seule formation de niveau régional encore en lice dans la compétition, le SAM Foot (R1) poursuit son incroyable parcours. Le tirage au sort, effectué jeudi midi, a réservé aux Girondins un défi XXL face à l’OL, référence nationale en matière de formation. En tant que club évoluant à un niveau inférieur, Mérignac recevra cette rencontre historique. Le lieu exact reste toutefois à déterminer, la municipalité et le club travaillant actuellement sur la meilleure option pour accueillir le public attendu en nombre.

    Un nouveau défi après l’exploit contre Dunkerque

    Cette qualification pour les huitièmes de finale fait suite à un succès mémorable contre l’USL Dunkerque (2-1), acquis dans les dernières secondes sur un penalty d’Ethan Escure, auteur d’un doublé. Une victoire symbole de l’état d’esprit de ce groupe, capable de renverser une équipe de niveau national grâce à sa solidarité et sa détermination.

    Face à Lyon, le contexte sera encore différent. Les jeunes Mérignacais s’apprêtent à affronter une formation issue d’un centre professionnel réputé, habitué aux joutes de haut niveau et aux grands rendez-vous de la Gambardella.

    Le petit poucet face à un géant

    Avec ce tirage, le SAM Football endosse pleinement son costume de petit poucet. Aux côtés de clubs comme le PSG, Rennes, Nantes, Reims ou Strasbourg, Mérignac représente à lui seul le football régional à ce stade de la compétition.

    Un engouement grandissant autour du club

    Après l’affluence record observée lors du match contre Dunkerque, l’arrivée de l’Olympique Lyonnais promet une nouvelle fois un stade plein. Dirigeants, bénévoles, familles et supporters se mobilisent déjà pour faire de cet événement une grande fête du football local.

    Cette affiche prestigieuse s’inscrit dans une dynamique globale très positive pour le SAM Football, porté par ses résultats sportifs et par un projet basé sur la formation interne. Pour Jean-Bernard Toulouse et Christophe Lassalle, co-présidents du club, cette aventure en Gambardella est avant tout une récompense du travail accompli par les éducateurs et les joueurs.

    Rendez-vous donc le 28 février ou le 1er mars pour un moment qui s’annonce déjà historique pour le SAM Football. Face à l’Olympique Lyonnais, les jeunes Mérignacais tenteront de prolonger encore un peu plus leur rêve… avec, une nouvelle fois, tout un club derrière eux.

  • Jean-Christophe Séverin, courir contre l’invisible « Ce que l’on ne voit pas, il faut le rendre visible »

    Jean-Christophe Séverin, courir contre l’invisible « Ce que l’on ne voit pas, il faut le rendre visible »

    Mis à l’honneur le 30 novembre dernier lors des Trophées des sportifs méritants de Saint-Jean-d’Illac, Jean-Christophe Séverin incarne aujourd’hui un message d’espoir pour toutes celles et ceux qui traversent l’épreuve.

    2008, l’année où tout bascule

    Avant l’accident, Jean-Christophe est manutentionnaire chez Saga Végétal, à Cestas, dans une entreprise de production de légumes. Il travaille en horaires décalés, souvent de nuit, avec des journées à rallonge.

    Un matin de 2008, épuisé par plusieurs heures de travail, il accepte d’effectuer une tâche qu’il juge pourtant dangereuse. Sous la pression hiérarchique, il monte sur une plateforme remplie d’eau, masquant des trous qu’il connaît pourtant. La fatigue, le stress et la colère prennent le dessus.

    Aux commandes d’un Manitou chargé de plus de deux tonnes de sable mouillé, ses roues avant s’enfoncent dans l’un de ces trous. L’engin menace de se renverser. Dans un réflexe salvateur, Jean-Christophe abaisse le godet pour faire contrepoids. Le choc est violent : les roues frappent le sol à plusieurs reprises.

    Le verdict médical tombe rapidement : vertèbres tassées, disque écrasé, lourds traumatismes du dos.

    « Il y a eu pas mal de dégâts sur cet accident-là », résume-t-il sobrement.

    Quatre opérations et une colonne vertébrale immobilisée

    S’ensuit un long parcours médical. Pendant quatre ans, Jean-Christophe subit une opération chaque année. Les chirurgiens interviennent par le dos et par l’abdomen. Des cages en titane sont posées, des tiges vissées dans sa colonne vertébrale.

    Aujourd’hui, plus de la moitié de son rachis est immobilisée, de S1 à T4.

    À un moment, les médecins lui annoncent même qu’il pourrait finir en fauteuil roulant.

    Commence alors une succession de séjours en centres de rééducation : Les Grands Chênes, puis La Tour de Gassies , loin de son foyer, avec un quotidien rythmé par les soins, les corsets, l’impossibilité de se chausser seul, la dépendance pour les gestes les plus simples.

    « On vivait dans un cocon médical… et quand on rentrait à la maison, on prenait une claque. »

    Sur le plan personnel, la période est extrêmement éprouvante. Jean-Christophe prend du poids, frôle les 100 kilos, ne se reconnaît plus dans le miroir. Le couple traverse des turbulences. Lui-même doute de sa place, se sent inutile, incapable d’assumer les tâches du quotidien.

    « Je disais à ma femme : qu’est-ce que tu fais avec moi ? Va avec quelqu’un d’autre… »

    Le déclic : se relever par le sport

    Puis un matin, tout change.

    Face à son reflet, Jean-Christophe refuse de continuer ainsi. Il décide de bouger. D’abord timidement : une sortie, puis deux, puis trois. Contre toute attente, courir ne lui fait pas plus mal que rester sur le canapé.

    Le sport devient progressivement son moteur.

    Il commence par le running, s’aligne sur des 10 km, avant de ressentir une certaine lassitude. Un ami de Brive-la-Gaillarde l’entraîne alors sur un premier trail de 26 kilomètres.

    Ce sera une révélation.

    Jean-Christophe découvre une autre mentalité : l’entraide, le partage, les paysages, les pauses, l’esprit collectif. Très vite, il bascule vers le trail, puis l’ultra-trail, ces épreuves de très longue distance avec un fort dénivelé positif.

    « Dans le trail, on ne fait pas que courir. On marche, on s’entraide, on vit quelque chose ensemble. »

    L’ultra-trail malgré le handicap

    Comment courir avec une colonne vertébrale en partie immobilisée ? Jean-Christophe lui-même peine à l’expliquer. Les douleurs sont présentes, permanentes. Mais la volonté prend le dessus.

    Il enchaîne des courses exigeantes :

    – les Templiers (80 km, à deux reprises),

    – le Grand Raid des Pyrénées,

    – le 4×1800 dans le Cantal,

    – de multiples trails longue distance.

    Jusqu’à l’an dernier, où il connaît son premier abandon, au Grand Raid des Pyrénées, après plus de 50 kilomètres et 4 500 D+ . Trop de douleurs, trop de fatigue.

    « J’avais encore plus de 30 kilomètres. Là, j’ai dit stop. »

    Un abandon vécu avec lucidité, entouré de son épouse, présente à chaque course comme assistante.

    Car derrière chaque défi, il y a aussi le stress : nuits blanches avant le départ, perte d’appétit, doutes constants.

    « La semaine avant, je me demande toujours pourquoi je me suis lancé dans ce défi. Puis quand on franchit la ligne, c’est l’adrénaline. »

    Une famille pilier de sa reconstruction

    Dans ce parcours, Jean-Christophe n’est pas seul. Son épouse, restée à ses côtés malgré les épreuves, ses deux filles, aujourd’hui adultes, et ses trois petits-enfants constituent son socle.

    Il évoque aussi Selfie, sa chienne berger allemand malinois de quatre ans, devenue une véritable compagne de route. Elle court avec lui, partage son quotidien, l’apaise après les journées difficiles. Ensemble, ils ont même participé à une course de canicross, terminée à la deuxième place masculine.

    « Avec elle, c’est fusionnel. Elle est toujours là pour te faire la fête. »

    Mais le handicap a aussi révélé une autre réalité : certains amis se sont éloignés.

    « Quand tout va bien, les gens sont là. Quand ça va mal, beaucoup tournent le dos. Le handicap fait peur. »

    Porter la voix du handicap invisible

    Aujourd’hui agent chez TBM, Jean-Christophe se bat surtout pour faire reconnaître le handicap invisible. Car extérieurement, rien ne trahit ses lourdes séquelles.

    Et pourtant, il subit régulièrement les regards ou remarques lorsqu’il se gare sur une place réservée, malgré sa carte officielle.

    « Parce qu’on marche, on nous dit qu’on n’est pas handicapé. Même au travail, certains me disent : tu cours des ultras, donc tu n’es pas handicapé. »

    Il rappelle que le handicap invisible recouvre de nombreuses réalités : cancers, maladies chroniques, sclérose en plaques, troubles psychiques, autisme…

    Son combat est simple : expliquer, dialoguer, faire comprendre.

    « Ce n’est pas parce qu’on est debout sur ses deux pieds qu’on n’a pas un handicap. »

    Courir pour les autres

    Jean-Christophe ne court pas seulement pour lui. Il est ambassadeur de plusieurs associations qu’il représente lors de ses courses, en portant leurs couleurs.

    Chaque saison, il soutient trois à quatre structures engagées contre le handicap ou la maladie : lutte contre la sclérose en plaques, contre le cancer, ou encore d’autres causes qui le touchent personnellement.

    Son engagement est nourri par des drames intimes : son père adoptif, sa belle-sœur, son frère adoptif et son meilleur ami Lucas sont tous décédés d’un cancer.

    « Dans une course, quand on veut abandonner, il y a aussi cette motivation-là. Est-ce que ça vaut le coup de souffrir pour une cause ? Moi, j’ai ma réponse. »

    Une reconnaissance municipale forte

    Le 30 novembre dernier, la Ville de Saint-Jean-d’Illac l’a mis à l’honneur lors des Trophées des sportifs méritants, aux côtés des pompiers engagés pour le Téléthon.

    Prévenu à l’avance, Jean-Christophe n’en a pas moins ressenti une immense émotion en montant sur scène devant des centaines de personnes.

    « De la fierté… et de la peur. C’était la première fois qu’une ville me mettait à l’honneur. »

    Cette reconnaissance publique vient saluer à la fois ses performances sportives et son combat pour le handicap visible et invisible.

    « Je suis handicapé, et fier de l’être »

    Jean-Christophe assume pleinement son parcours.

    « Oui, je suis handicapé, et fier de l’être. Je le vis bien. Quand je termine un semi-marathon de Bordeaux compliqué, je ne suis pas le dernier. »

    Son message à ceux qui traversent une épreuve invisible est clair :

    Ne perdez pas courage. Ne perdez pas la force. Croyez en vous. Ce n’est pas parce que vous êtes handicapé que vous êtes fini.

    Il invite aussi chacun à regarder au-delà des apparences :

    « C’est plus facile de juger que de comprendre. Regardez ce que les gens ont dans le cœur. Ils ont peut-être vécu tellement de combats qu’ils peuvent vous faire avancer. »

    Et demain ?

    Aucune course n’est programmée pour le moment. Mais Jean-Christophe prépare déjà un projet qui lui tient particulièrement à cœur : participer au Pays basque à une action solidaire consistant à tracter une personne en situation de handicap, afin de lui faire vivre une expérience sportive qu’elle ne pourrait pas réaliser seule.

    Une nouvelle manière de transmettre.

    Quand on lui demande de compléter cette phrase  Je continue à avancer parce que…  sa réponse résume tout :

    « Parce que la vie est belle, parce que ça vaut le coup, et parce que dans un combat, il y a toujours une victoire. Ce que l’on ne voit pas, il faut le rendre visible. »

  • Coupe Gambardella : Mérignac crée l’exploit face à Dunkerque et rêve plus grand

    Coupe Gambardella : Mérignac crée l’exploit face à Dunkerque et rêve plus grand

    Dimanche, le stade du Jard avait des allures de grand soir. Devant un public venu en nombre, les jeunes du SAM Football ont renversé l’USL Dunkerque (2-1), formation évoluant au niveau national, validant ainsi leur billet pour les huitièmes de finale de la Coupe Gambardella. Une victoire acquise dans les toutes dernières minutes, symbole de la détermination et de l’état d’esprit d’un groupe qui ne cesse de surprendre.

    Une préparation millimétrée, sans bouleverser les habitudes

    Dès le matin du match, Lucas Serra, entraîneur des U18, avait un objectif clair : faire de cette journée « un beau souvenir pour les joueurs et pour le club ». Malgré l’événement, le staff a tenu à conserver un cadre familier. Les joueurs se sont retrouvés deux heures avant le coup d’envoi pour une causerie d’abord technico-tactique, puis motivationnelle, afin de faire monter la pression progressivement.

    Une semaine particulière avait précédé la rencontre, Lucas Serra se trouvant en formation… aux côtés même du coach dunkerquois. L’occasion d’échanger autour du match à venir, tout en restant concentré sur son propre groupe. Informé du long déplacement des Nordistes, onze heures de bus le staff mérignacais savait aussi que l’adversaire arriverait prêt.

    Sur le plan mental, le groupe a impressionné. Malgré le stress inhérent à un seizième de finale, les joueurs sont restés soudés, multipliant les échanges dans le vestiaire. Plusieurs cadres ont pris la parole, pour fédérer l’équipe.

    Menés, mais jamais résignés

    La rencontre démarre difficilement pour les Girondins, bousculés d’entrée par une formation dunkerquoise très agressive. Reculés dans leur camp durant le premier quart d’heure, les Mérignacais concèdent l’ouverture du score à la 23e minute.

    Mais fidèle à ce qu’il observe depuis le début de saison, Lucas Serra voit ses joueurs refuser de céder. « Ils n’ont rien lâché », souligne-t-il, saluant leur maturité. Peu à peu, le SAM rééquilibre les débats, se crée plusieurs situations et envoie ses premiers signaux.

    Juste avant la pause, Ethan Escure remet les deux équipes à égalité, récompensant les efforts collectifs.

    À la mi-temps, le discours est simple : regarder les joueurs droit dans les yeux et rappeler que face à une structure professionnelle, le meilleur atout d’un club amateur reste le dépassement de soi. « Avec ce petit truc en plus, on peut bouger n’importe quel adversaire », martèle le coach, tout en insistant sur l’humilité.

    Une deuxième période engagée, un scénario cruel pour Dunkerque

    La seconde mi-temps reste équilibrée. Dunkerque affiche davantage de maîtrise collective, logique au vu de son niveau, mais Mérignac répond présent dans l’engagement et l’état d’esprit. Les occasions s’enchaînent de part et d’autre, laissant présager une séance de tirs au but.

    Puis vient la 90e minute.

    Sur une ultime action, Ethan Escure provoque dans la surface et obtient un penalty incontestable. Une décision courageuse de l’arbitre dans un contexte brûlant, saluée par les deux camps.

    Escure prend ses responsabilités. Le gardien touche le ballon, mais celui-ci termine sa course au fond des filets. 2-1 pour Mérignac.

    Le stade explose.

    « Toutes les cases étaient cochées pour que ce moment soit réussi », confie Lucas Serra. Le jeune attaquant, déjà buteur avant la pause, s’offre un doublé décisif après avoir changé de côté au dernier moment sur son penalty.

    Une explosion d’émotions

    Au coup de sifflet final, l’émotion submerge joueurs, staff et dirigeants. L’entraîneur se souvient du premier joueur venu se jeter dans ses bras, avant une vague collective de joie. Certains membres du staff, les larmes aux yeux, savourent ce moment rare.

    En tribune, Jean-Bernard Toulouse, co-président du SAM Football, vit la rencontre avec passion. « C’est magique », résume-t-il. Lui qui préfère laisser le vestiaire au staff reconnaît avoir été happé par le scénario. Menés, puis revenus au score, ses joueurs ont su faire jeu égal avec une équipe nationale.

    Le président souligne également la cruauté du sort pour le gardien adverse, effondré après le match, rappelant combien ce poste peut être impitoyable lors des grandes échéances.

    Christophe Lassalle, co-président du SAM Football, était également présent et a partagé l’émotion collective, tout comme de nombreux membres du club, les familles et les supporters.

    Une dynamique globale pour le club

    Cette qualification s’inscrit dans une saison déjà remarquable pour le SAM Football. L’équipe première a récemment battu les Girondins de Bordeaux (3-1) et occupe la tête du championnat de Régional 1, avec une montée en ligne de mire.

    Pour Jean-Bernard Toulouse, cette réussite repose sur un choix assumé : faire confiance aux éducateurs formés au club. « On n’est pas allés chercher ailleurs. On a de très bons éducateurs chez nous », explique-t-il, saluant l’émulation interne et le travail de formation.

    Chez les U18, cette génération prometteuse pourrait alimenter à terme l’équipe senior. Une projection essentielle pour l’avenir du club.

    Mérignac parmi les grandes villes du football français

    Avec cette qualification, Mérignac se retrouve désormais aux côtés de clubs prestigieux comme le Paris Saint-Germain, Lyon, Nice, Toulouse, Reims, Nantes, Rennes ou Strasbourg. Le SAM est même la seule formation de niveau régional encore en lice, endossant le rôle de petit poucet.

    Le tirage au sort des huitièmes de finale aura lieu jeudi midi. Une chose est sûre : quel que soit l’adversaire, l’affluence promet d’être importante. La question du lieu de la rencontre est désormais à l’étude avec la municipalité, tant l’engouement populaire grandit.

    Le maire était d’ailleurs présent dimanche au stade du Jard, preuve du soutien institutionnel autour du projet sportif.

    Garder le cap sur le championnat

    Si la Coupe Gambardella fait rêver, Lucas Serra insiste : la priorité reste le championnat. Plusieurs rencontres attendent encore les U18, et le défi du staff sera de maintenir les joueurs concentrés, malgré l’excitation liée à la Coupe.

    Heureusement, l’encadrement peut s’appuyer sur un collectif solide, des matchs filmés grâce à des partenariats techniques, et une organisation bien huilée.

    « Le SAM Football, c’est une grande famille »

    Dimanche, ils étaient nombreux autour du terrain : parents, proches, bénévoles, dirigeants. Une atmosphère que Jean-Bernard Toulouse résume simplement : « Le SAM Football, c’est une grande famille. »

    Un esprit qui transparaît dans chaque mot des dirigeants comme du staff, et qui semble porter cette équipe U18 vers des sommets inattendus.

    Rendez-vous désormais après le tirage au sort, avec un objectif partagé par tous : poursuivre l’aventure, sans rien changer à ce qui fait la force du groupe.

  • Saint-Médard-en-Jalles : leader de Fédérale 1, le SMRC construit son avenir entre performance sportive et projet collectif

    Saint-Médard-en-Jalles : leader de Fédérale 1, le SMRC construit son avenir entre performance sportive et projet collectif

    Un club historique ancré dans son territoire

    Fondé il y a près de 120 ans, le SMRC tire son identité de la poudrerie de Saint-Médard-en-Jalles. « L’ADN du club est resté le même depuis sa création », rappelle Hervé Dubès. Longtemps habitué aux niveaux Fédérale 2 et Fédérale 1, le club évolue aujourd’hui à son plus haut niveau amateur, porté par une politique centrée sur la formation et la jeunesse.

    Avec plus de 810 licenciés, le SMRC s’impose désormais comme un pôle d’attractivité régional, accueillant des joueurs venus de Pauillac à Lacanau, en passant par Saint-Aubin-de-Médoc ou le Haut Médoc. Une reconnaissance qui dépasse la seule rive gauche bordelaise.

    Une victoire précieuse dans des conditions difficiles

    Le week-end dernier, les Poudriers ont conservé leur place de leader grâce à une victoire serrée face à Beauvais (27-23). Un match maîtrisé dans son entame, avant un relâchement coupable.

    « À 20-3, on s’est vu gagner trop vite. On ne doit jamais sous-estimer l’adversaire », analyse Hervé Dubès. Sur un terrain gras et sous la pluie, le SMRC, habituellement porté sur le jeu de mouvement, a eu du mal à s’adapter à un rugby plus fermé. Beauvais en a profité pour revenir au score, faisant planer le suspense jusqu’au coup de sifflet final.

    Malgré cette frayeur, le co-président retient la série positive :six victoires consécutives et la capacité du groupe à rester solide dans l’adversité.

    Un mois de février décisif

    Premiers avec 58 points, devant le Bassin d’Arcachon et Floirac (53 points chacun, avec un match de retard), les Saint-Médardais abordent désormais un tournant majeur de leur saison. Deux déplacements consécutifs attendent le SMRC, précisément chez ses deux principaux concurrents.

    « Le mois de février va être très important. On entre dans le dur », reconnaît Hervé Dubès. Battus à l’aller par ces deux formations, les Poudriers nourrissent un esprit de revanche, tout en gardant la tête froide. L’objectif initial du club était une place dans le haut du tableau. Désormais, l’ambition est claire : jouer les premières places, sans brûler les étapes.

    La patte Bertrand Cazamayou

    Arrivé cette saison, l’entraîneur Bertrand Cazamayou a rapidement imprimé sa marque. Rigueur, professionnalisme et intensification du rythme d’entraînement quatre séances hebdomadaires ont permis au groupe de franchir un cap.

    « Si on est premiers, ce n’est pas pour rien », souligne Hervé Dubès. L’expérience du technicien apporte une nouvelle exigence collective, dans un effectif largement renouvelé à l’intersaison.

    Une formation au cœur du projet

    Depuis la reconstruction engagée en 2020, le SMRC s’appuie sur un modèle clair : bâtir durablement grâce à la formation. Le club dispose aujourd’hui d’une école de rugby labellisée trois étoiles, d’un centre d’entraînement reconnu et d’un pôle jeunes particulièrement dynamique.

    Avec 330 enfants à l’école de rugby, 52 éducateurs, deux équipes cadets, deux équipes juniors et des formations nationales dans ces catégories, la relève est solidement installée. À tel point que le club doit parfois refuser des inscriptions.

    « On a reconstruit le club sur ces bases là », insiste Hervé Dubès, attaché aux valeurs de cohésion, de solidarité et de camaraderie transmises dès le plus jeune âge.

    Le rugby féminin en plein essor

    Autre signe de vitalité : l’essor du rugby féminin. Partie de 25 licenciées il y a quatre ans, la section compte désormais plus de 120 joueuses, réparties entre rugby loisir (les salamandres), rugby à 10 (les Jalloises, en entente avec Martignas) et une équipe cadettes forte de 36 jeunes.

    Même si les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous, l’esprit collectif est salué : les joueuses suivent régulièrement l’équipe senior et participent activement à la vie du club.

    « Le principal, c’est le plaisir d’être ensemble », résume le co-président.

    Plus de cent bénévoles, pilier du SMRC

    Impossible d’évoquer le SMRC sans parler de ses bénévoles. Ils sont plus de 110 à faire vivre le club au quotidien : restauration, logistique les jours de match, boutique, encadrement des jeunes…

    « Ils se sentent en famille ici », souligne Hervé Dubès. Une organisation quasi professionnelle a été mise en place, avec une répartition précise des rôles, indispensable pour accompagner la croissance rapide du club, passé de 450 à plus de 800 licenciés en cinq ans.

    Un hommage appuyé a également été rendu à Charles, surnommé « Papi Cacahuète », figure emblématique des tribunes girondines, disparu récemment. Une minute d’applaudissements lui a été dédiée lors du match contre Beauvais.

    Partenaires et projets structurants

    Le développement du SMRC repose aussi sur ses partenaires, véritables piliers économiques du club. Des événements réguliers leur sont dédiés, comme l’opération « XV/20 », organisée prochainement à l’Hippodrome du Bouscat avec le chef Jorick Dorignac et une vente aux enchères de vins prestigieux.

    À moyen terme, plusieurs projets sont à l’étude : création d’un nouvel espace partenaires, amélioration des infrastructures, réflexion autour d’un terrain synthétique et adaptation du stade pour un éventuel échelon supérieur.

    Un nouveau projet stratégique, baptisé « Consolider pour propulser », doit succéder au plan lancé en 2020. Objectif : stabiliser les acquis avant d’envisager une montée, sans perdre l’identité du club.

    Un cap assumé, sans précipitation

    Si l’accession à l’étage supérieur n’était pas un objectif initial, le SMRC se prépare désormais à toutes les éventualités.

    « Si l’occasion se présente, on ne la refusera pas. Mais on veut d’abord consolider ce que nous avons construit », conclut Hervé Dubès.

    En attendant, les Poudriers poursuivent leur parcours en tête de la Fédérale 1, avec deux déplacements décisifs à Floirac puis sur le Bassin d’Arcachon, avant un retour à domicile le 1er mars face à Barbezieux-Saint-Hilaire.

  • Alerte météorologique : vigilance ORANGE crues pour la confluence Garonne et Dordogne et l’estuaire de la Gironde

    Alerte météorologique : vigilance ORANGE crues pour la confluence Garonne et Dordogne et l’estuaire de la Gironde

    Un épisode de fortes marées est en cours, avec des coefficients en progression (97 lundi après-midi et un maximun de 99 mardi et mercredi). Associé à une surcote, et à la propagation des débits sur la Garonne et la Dordogne, des débordements modérés à importants sont attendus dans les secteurs de Bordeaux et Libourne et dans les secteurs du Verdon et de Pauillac lors des pleines mers de mardi et mercredi matin.

    Les débordements les plus importants sont attendus lors de la pleine mer de mardi matin. Le préfet de la Gironde appelle chacune et chacun à la plus grande vigilance. Il rappelle par ailleurs que le département de la Gironde reste placé en vigilance jaune crues pour les tronçons Garonne girondine et Dronne aval et en vigilance JAUNE pour les risques d’orage, de vent et de vagues submersion.

    CONSEILS DE COMPORTEMENT

    Tenez-vous informé de la situation et suivez l’évolution de la crue sur www.vigicrues.gouv.fr :

    – Soyez vigilants si vous vous situez à proximité d’un cours d’eau ou d’une zone habituellement inondable

    – Conformez-vous à la signalisation routière et ne vous engagez pas sur une route immergée, même partiellement

    Évitez de pratiquer des activités nautiques

  • Saint-Jean-d’Illac : Bernard Monblanc, président des Abeilles Girondines, revient sur la saison de volley et les ambitions du club

    Saint-Jean-d’Illac : Bernard Monblanc, président des Abeilles Girondines, revient sur la saison de volley et les ambitions du club

    Une défaite frustrante mais riche d’enseignements

    Le week-end dernier, les Abeilles recevaient Saint-Quentin, un match crucial pour le classement de Ligue B. Malgré une série de six victoires consécutives, l’équipe s’est inclinée 3-2 après un tie-break serré à 15-13. « Ça s’est joué à quelques points près », explique Bernard Monblanc, déçu mais pas en colère. Les joueurs, poursuit-il, ont tout donné, et l’entrée de jeunes talents dans le quatrième set a permis de maintenir l’espoir jusqu’au bout.

    Cette défaite met en lumière la nature imprévisible du volley, où un match peut basculer sur quelques échanges. Pour le président, ces moments sont autant d’enseignements pour renforcer le mental et l’expérience des joueurs.

    Un président par circonstances, mais passionné par le sport

    Bernard Monblanc confie ne pas avoir de passé de joueur de volley. « Je n’ai pas joué, mais j’apprends et je suis très motivé par l’esprit club et l’aspect relationnel », explique-t-il. Ancien dirigeant de l’entreprise familiale MonBlanc Traiteur, partenaire historique du club, il a repris la présidence à la suite de Stéphane Hassoun, qui avait dirigé le club pendant près de dix ans.

    Cette expérience combine gestion professionnelle et engagement bénévole. Bernard Monblanc souligne les différences entre gérer une entreprise et un club semi-professionnel : « Le club implique des bénévoles, des comptes vérifiés par la DNACG, et une assise financière à construire pour envisager la montée en Ligue A. »

    Assises financières et ambitions sportives

    Actuellement sixième de Ligue B, les Abeilles Girondines poursuivent un double objectif : consolider leur santé financière et préparer sportivement une éventuelle montée dans les prochaines années. « La Ligue B, c’est bien, mais pour viser la Ligue A, il faut des bases solides, des partenaires et un plan de trésorerie adapté », insiste le président.

    Sportivement, le club mise sur la formation et l’intégration de jeunes talents, tout en renforçant l’équipe par quelques joueurs expérimentés. Bernard Monblanc insiste sur l’importance de trouver l’équilibre entre expérience et jeunesse pour résister aux moments critiques des matchs.

    L’esprit d’équipe et le rôle des bénévoles

    Le président tient également à saluer l’investissement des bénévoles. Une trentaine de personnes, dont une vingtaine présentes à chaque match, assurent la logistique et le soutien quotidien du club. « Un club sans bénévoles ne peut pas fonctionner », souligne-t-il. Cette mobilisation permet de maintenir un esprit convivial et performant, essentiel pour un club semi-professionnel.

    Une identité forte et un symbole fédérateur

    Le nom et le logo des Abeilles, utilisés depuis plus de 50 ans, représentent plus qu’une mascotte : « C’est un symbole du vivre-ensemble, de l’organisation et de la répartition des tâches », explique le président Monblanc. Ce symbole fédérateur reflète la philosophie du club, centrée sur le respect et la collaboration de tous ses membres.

    Vers une saison ambitieuse malgré le classement

    Malgré quelques écarts au classement, avec Martigues en tête, les Abeilles restent ambitieuses. Le championnat prévoit que les clubs s’affrontent trois fois, alternant matchs à domicile et en déplacement. La prochaine rencontre à domicile contre Martigues, le 24 février, sera un moment clé pour relancer les ambitions.

    Bernard Monblanc conclut : « Le championnat n’est pas fini, nous restons ambitieux et concentrés sur la consolidation du club pour viser la Ligue A dans quelques années. »

  • Mérignac d’antan : « Mérignac-Soleil, Le temple de la civilisation du congélateur! »

    Mérignac d’antan : « Mérignac-Soleil, Le temple de la civilisation du congélateur! »

    Dans ce dernier épisode, gros plan sur un autre équipement majeur de la ville : Mérignac-Soleil. Véritable révolution à la fin des années 80, le centre commercial et sa galerie marchande ont profondément transformé la ville et la vie.

    L’inspiration américaine des centres commerciaux périphériques

    Pour comprendre Mérignac Soleil, Michel Pétuaud-Létang remonte à une logique importée des États-Unis.

    « Il y a un phénomène qui se passe dans ces années-là : Monsieur Fournier, de la société Carrefour, va aux États-Unis et s’aperçoit que les centres commerciaux se développent près des autoroutes. » Une logique liée à l’étalement urbain et à la voiture omniprésente : « Ils prennent leur voiture tout le temps, ils vont dans un endroit où le parking est gratuit et où ils trouvent tout ce dont ils ont besoin. »

    À Mérignac, tous les ingrédients sont réunis pour importer ce modèle :« La rocade n’est pas loin, il y a une sortie, c’est à côté de Bordeaux, c’est une ville en plein développement. »

    La naissance d’un modèle commercial puissant… mais destructeur

    Le premier hypermarché s’installe près de la rocade, sur un grand terrain privé. « Ils n’en ont eu rien à foutre des cèdres magnifiques qu’il y avait, et ils ont construit une grande boîte rectangulaire avec un bardage blanc et écrit “Carrefour”. » L’objectif est clair : attirer toute l’agglomération. « Faire venir aussi bien les Bordelais que toute l’agglomération, avec un parking gratuit. » Mais pour l’urbaniste, ce modèle porte en lui une dérive profonde. « Moi, j’appelle ça la civilisation du congélateur. On vient le samedi, on remplit le coffre, on remplit le congélateur, on rentre chez soi et on reste enfermé toute la semaine. »

    Et conclut sans détour :« Moi, j’appelle ces établissements des “tue-la-ville”. »

    Des galeries marchandes à la ville artificielle

    Le succès attire de nouvelles activités : restauration, boutiques, puis galeries marchandes.« Ils se rendent compte qu’il y a tellement de monde qu’ils peuvent faire venir des marques, et ils développent des rues intérieures. » Même l’idée d’y ajouter des cinémas est évoquée.Une erreur supplémentaire selon lui :« Si tout ce qui est ludique et commercial est en périphérie, qu’est-ce qu’il reste dans les villes ? Plus rien. »

    Michel Pétuaud-Létang assume sa position :« Je me bats contre ça. Je n’ai jamais fait de centres commerciaux de périphérie. »

    Mérignac, modèle… et contre-modèle

    Mérignac Soleil devient pourtant une référence nationale.« Ça a été un succès considérable dans toutes les grandes villes de France. » Mais aussi un précédent : « Bordeaux a râlé, puis ils ont fait Bordeaux-Lac. Ensuite Bouliac, Bègles… »

    Avec le recul, il parle de « blessures urbaines » :« Au lieu de reprendre le mal à l’origine, on met des pansements autour de ces blessures. »

    Pour lui, une ville ne peut pas fonctionner sans continuité piétonne. « Ce n’est pas ça une ville. Si on ne peut pas circuler à pied en sécurité, ce n’est pas une ville. »

    Mérignac: attractivité indéniable

    Malgré ces critiques, Michel Pétuaud-Létang reconnaît le rôle moteur de ces infrastructures. « L’aéroport fait venir des entreprises, Mérignac Soleil fait venir des voitures, donc des routes, donc des immeubles. ». À cela s’ajoutent des atouts géographiques forts :

    « Le bassin d’Arcachon à 20 minutes, la côte Atlantique, les Pyrénées, les hôpitaux, l’université. »

    Un ensemble qui explique la puissance économique de la commune. « Si l’aéroport avait été sur la rive droite, Mérignac n’aurait pas eu le même développement. »

    Retrouver l’esprit des quartiers

    En conclusion, Michel Pétuaud-Létang plaide pour un retour à l’esprit originel de Mérignac.

    « Il faudrait retrouver ses quartiers, recréer des lieux où les gens ont envie de se retrouver. »

    Bistrots, terrasses, cheminements doux :

    « Faire un maillage très serré piétons-vélos et retrouver des points riches, des points de vie. »

  • À Saint-Jean-d’Illac, une saison culturelle engagée pour faire de l’Espace Quérandeau un véritable cœur de village

    À Saint-Jean-d’Illac, une saison culturelle engagée pour faire de l’Espace Quérandeau un véritable cœur de village

    Un équipement modulable au service de toutes les esthétiques.

    Salle de spectacle, scène ouverte sur le jardin, parvis conçu comme une place publique : l’Espace Quérandeau se distingue par sa modularité. Le fond de scène peut s’ouvrir vers l’extérieur, permettant aux artistes de jouer face au jardin, tandis que les gradins amovibles autorisent aussi bien des concerts festifs que des formes plus intimistes.

    Au-delà de l’outil technique, l’architecture participe à une stratégie urbaine assumée. Situé en plein centre-ville, à proximité de la mairie, de la bibliothèque et du tout récent centre associatif Joséphine Baker, le lieu s’inscrit dans un ensemble cohérent pensé pour favoriser les rencontres. « On traverse le jardin, on passe par le parvis, on entre dans la salle : cela crée une vraie place de village », résume Annabel Zanota-Carbonell. Une centralité qui change le rapport des habitants à la culture, désormais intégrée au quotidien.

    Une programmation artistique à la fois exigeante et accessible.

    À Saint-Jean-d’Illac, la culture se veut résolument inclusive. La saison compte une trentaine de spectacles, mêlant théâtre, musique, danse, humour, marionnettes ou encore propositions jeune public. Parmi les temps forts à venir : Malaka, duo de sœurs en résidence dès le 30 janvier, la compagnie Liquidambar et son théâtre de marionnettes le 6 février, ou encore Marion Mezadorian et son one-woman-show salué par Le Monde le 27 février.

    Le 13 mars, les jeunes talents du Conservatoire de Bordeaux investiront la scène, avant le lancement du festival En voiture Simone, du 15 au 30 avril : un rendez-vous pluridisciplinaire dédié à l’enfance et à la jeunesse, associant musique, contes, danse et théâtre, en partenariat notamment avec Martignas-sur-Jalle. Ce festival irrigue aussi l’espace public, avec parcours poétiques, ateliers, journée carnavalesque et créations collectives menées avec les écoles, la crèche et les structures périscolaires.

    La saison s’achèvera le 29 mai avec Guiz, membre du groupe Tryo, lors d’un concert debout festif, devenu un rituel de clôture à Saint-Jean-d’Illac. L’été prendra ensuite le relais avec Les Itinérantes, dont une grande soirée familiale prévue le 3 juillet dans le quartier du Las, mêlant tremplin musical, jeux pour enfants et interventions artistiques.

    Une culture engagée sur les enjeux contemporains.

    Fil conducteur de cette programmation : l’attention portée aux problématiques actuelles, notamment environnementales. Plusieurs spectacles abordent directement la nature et l’écologie, mais l’engagement dépasse le seul contenu artistique.

    La Ville agit également sur l’organisation même des événements : incitation aux mobilités douces via une tarification préférentielle pour les spectateurs utilisant des moyens de transport à faible impact, catering écoresponsable pour les artistes, réduction des impressions papier au profit d’une communication numérique. « On cherche des économies sur le fonctionnement, pas sur la qualité de l’offre », précise Annabel Zanota-Carbonell, dans un contexte budgétaire tendu pour les collectivités.

    Cette approche globale traduit une volonté municipale claire : maintenir une politique culturelle ambitieuse malgré les contraintes financières, en arbitrant autrement plutôt qu’en réduisant la programmation.

    Médiation culturelle et lutte contre les idées reçues.

    Autre pilier du projet illacais : l’accessibilité. L’Espace Quérandeau a été conçu pour accueillir tous les publics, y compris les personnes à mobilité réduite ou les publics dits « empêchés ». Mais l’inclusion passe aussi par un important travail de médiation.

    Rencontres avec les artistes à la bibliothèque, ateliers dans les écoles, visites de la salle, masterclass avec les associations locales : tout est mis en œuvre pour combattre l’idée selon laquelle la culture serait élitiste ou réservée à certains. « Les spectacles sont de grande qualité, mais ils sont pour tous », insiste la directrice.

    Pour la municipalité, la culture est à la fois divertissement, outil de réflexion et vecteur de cohésion sociale. Un levier d’émancipation, particulièrement auprès des plus jeunes, avec un travail régulier mené tout au long de l’année dans les établissements scolaires.

    Un maillage territorial fondé sur les partenariats.

    Commune de l’ouest bordelais, Saint-Jean-d’Illac revendique aussi son rôle de trait d’union entre l’agglomération et le Bassin d’Arcachon. La programmation s’appuie sur de nombreux partenariats : communes voisines (Cestas, Canéjan, Martignas), Théâtre Olympia d’Arcachon pour un parcours chorégraphique à l’échelle du Bassin, Conservatoire de Bordeaux, mais aussi réseaux professionnels et institutions culturelles comme l’IDDAC ou l’OARA.

    Cette coopération permet à la fois de mutualiser les coûts, de limiter les transports des artistes et d’offrir au public une diversité d’esthétiques sans concurrence entre territoires. « Il faut être en complémentarité, pas en rivalité », souligne Annabel Zanota-Carbonell.

    Un lieu désormais pleinement approprié par les habitants.

    Trois ans après son ouverture, l’Espace Quérandeau semble avoir trouvé sa place. Festivals, carnaval, temps forts participatifs : les habitants s’approprient progressivement ce nouvel espace, devenu un point de convergence pour les familles comme pour les amateurs de spectacle vivant.

    Pensé dès l’origine comme un équipement de proximité, au cœur du village, le site incarne aujourd’hui une ambition plus large : faire de la culture un moteur de dynamisme local et un espace de rencontre intergénérationnel.

    À travers cette saison 2025-2026, Saint-Jean-d’Illac affirme ainsi une vision de la culture à la fois exigeante, engagée et profondément ancrée dans son territoire.