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  • La nature comme alliée du vivant : Morgane Peyrot décrypte la gemmothérapie et le retour aux savoirs naturels.

    La nature comme alliée du vivant : Morgane Peyrot décrypte la gemmothérapie et le retour aux savoirs naturels.

    Une approche thérapeutique fondée sur le potentiel du vivant.

    Au cœur de l’entretien, la gemmothérapie (parfois encore méconnue du grand public) apparaît comme une branche spécifique de la phytothérapie. Elle repose sur l’utilisation des bourgeons et jeunes tissus embryonnaires des plantes, considérés comme des concentrés de potentiel biologique.

    Selon Morgane Peyrot, ces tissus en croissance contiennent des cellules capables de se différencier en l’ensemble des parties de la plante (feuilles, fleurs, fruits) ce qui leur confère un intérêt particulier dans une logique d’accompagnement de l’organisme.

    Concrètement, les bourgeons fraîchement cueillis sont mis en macération dans un mélange d’eau, d’alcool et de glycérine afin d’en extraire les principes actifs. Le macérat obtenu est ensuite utilisé sous forme de gouttes, généralement dans le cadre de cures, notamment pour soutenir l’équilibre du terrain physiologique ou accompagner des troubles chroniques.

    L’herboriste insiste toutefois sur un point essentiel : la gemmothérapie s’inscrit dans le champ des médecines complémentaires, et non comme une alternative à la médecine conventionnelle. Elle rappelle que le diagnostic et le traitement des pathologies relèvent exclusivement du corps médical, tandis que les pratiques naturelles peuvent intervenir en soutien, notamment pour améliorer la qualité de vie.

    Une philosophie du soin basée sur la complémentarité.

    Au fil de l’échange, Morgane Peyrot défend une approche nuancée et responsable des pratiques naturelles. Elle souligne que les plantes ne prétendent pas guérir toutes les maladies, mais qu’elles peuvent accompagner les patients, par exemple pour atténuer certains effets secondaires de traitements lourds.

    Cette vision, de plus en plus partagée selon elle, se traduit par un intérêt croissant de certains professionnels de santé pour la phytothérapie et ses dérivés. L’objectif : favoriser une prise en charge globale, où chaque discipline intervient dans son champ de compétence.

    Dans un contexte marqué par la prolifération d’informations parfois approximatives sur les réseaux sociaux, elle insiste également sur l’importance de la formation, de la rigueur scientifique et de l’éthique professionnelle.

    Un parcours personnel façonné par la passion du vivant.

    L’engagement de Morgane Peyrot dans le domaine des plantes et de la nature s’enracine dans une fascination ancienne pour le monde du vivant. Enfant déjà, elle observe insectes et écosystèmes, avant de se former en autodidacte puis de publier plusieurs guides naturalistes.

    Son cheminement est aussi marqué par une épreuve personnelle : un trouble du comportement alimentaire qui a menacé sa santé. Elle explique que le retour à la nature, à l’observation et à l’écriture a constitué un point d’ancrage déterminant dans sa reconstruction.

    Cette expérience nourrit aujourd’hui sa démarche, centrée sur la simplicité, l’essentiel et la reconnexion au vivant.

    « Monde de Sens » : transmettre pour mieux protéger.

    En 2019, Morgane Peyrot crée Monde de Sens, une structure dédiée à la sensibilisation à la nature. À travers des balades naturalistes, ateliers ou formations, elle propose au public de redécouvrir les ressources végétales et la biodiversité locale.

    L’objectif est double :

    • transmettre des connaissances pratiques (plantes comestibles, médicinales, reconnaissance botanique),
    • et susciter une prise de conscience écologique.

    « On ne protège que ce que l’on connaît », résume-t-elle, soulignant l’importance de la pédagogie pour encourager la préservation des écosystèmes.

    Ces activités incluent également des ateliers de cuisine sauvage, où les participants apprennent à transformer leurs cueillettes en préparations culinaires, révélant la richesse gustative du monde végétal.

    Retrouver un lien au vivant dans un monde en mutation.

    Au-delà de la dimension thérapeutique, l’intervention de Morgane Peyrot porte un message plus large : celui d’un besoin de rééquilibrage entre l’être humain et son environnement.

    Dans une société qu’elle juge souvent déconnectée de la nature, elle plaide pour un retour à des savoirs simples : reconnaître une plante, comprendre un écosystème, savoir se nourrir autrement, perçus comme des leviers d’autonomie et de résilience.

    Cette démarche s’accompagne d’une réflexion plus globale sur le bien-être, intégrant pratiques corporelles, conscience de soi et rapport au temps, dans une logique de reconnexion progressive à l’essentiel.

    Une rencontre entre science, transmission et expérience.

    À travers son intervention, Morgane Peyrot esquisse le portrait d’une pratique à la croisée de la tradition et de la pédagogie contemporaine. Entre vulgarisation scientifique, expérience de terrain et engagement personnel, elle s’inscrit dans un mouvement plus large de redécouverte des savoirs naturalistes.

    Son intervention rappelle que la gemmothérapie, au-delà de son intérêt thérapeutique potentiel, s’inscrit dans une vision globale du soin et du rapport au vivant : une approche où la connaissance, la prudence et la complémentarité restent les maîtres mots.

  • Inondations en Gironde : lancement d’une procédure accélérée de reconnaissance de catastrophe naturelle

    Inondations en Gironde : lancement d’une procédure accélérée de reconnaissance de catastrophe naturelle

    Une réponse gouvernementale à des crues d’ampleur exceptionnelle.

    Dans un communiqué publié le 20 février, la préfecture annonce la mise en œuvre d’une procédure accélérée de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle en Gironde. Cette décision intervient après plusieurs jours d’inondations majeures liées aux débordements de cours d’eau, qui ont fortement affecté habitants, entreprises et collectivités locales.

    Ce dispositif vise à réduire les délais administratifs afin de permettre une prise en charge plus rapide des dommages par les assureurs au titre de la garantie « Cat. Nat. ». Pour de nombreux sinistrés, cette étape est déterminante pour engager les travaux de remise en état et retrouver une activité normale.

    Deux voies possibles pour les communes.

    Compte tenu de l’ampleur des dégâts, les collectivités disposent d’une procédure simplifiée et encadrée dans le temps. Elles peuvent :

    • déposer directement leur demande en ligne via l’application iCatNat avant dimanche soir ;
    • ou solliciter l’appui des services préfectoraux, qui se chargeront de transmettre le dossier dans les mêmes délais.

    La procédure accélérée concerne exclusivement les dommages liés :

    • aux inondations par débordement de cours d’eau,
    • au ruissellement,
    • ainsi qu’aux coulées de boue associées.

    Les autres phénomènes, comme les remontées de nappes ou les mouvements de terrain, feront l’objet d’un examen ultérieur selon la procédure classique. La préfecture rappelle également que les dégâts causés par le vent relèvent des garanties d’assurance « tempête », distinctes du régime des catastrophes naturelles.

    Un examen prioritaire au niveau national.

    Les premiers dossiers transmis seront étudiés dès la semaine prochaine par une commission interministérielle. Celle-ci s’appuiera sur des expertises techniques pour rendre un avis sur chaque commune.

    À l’issue de cette phase, un arrêté interministériel sera publié au Journal officiel. Ce document officialisera la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle et déclenchera formellement les démarches d’indemnisation auprès des compagnies d’assurance.

    L’État mobilisé pour accompagner les territoires sinistrés.

    La préfecture souligne la mobilisation continue des services de l’État pour soutenir les collectivités touchées et sécuriser l’accès aux dispositifs d’indemnisation. Les communes peuvent obtenir un accompagnement dédié via une adresse électronique et une ligne téléphonique spécialement mises en place, y compris durant le week-end.

    Le préfet Étienne Guyot, également préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, assure de son « plein soutien » les territoires sinistrés, insistant sur la priorité donnée à un traitement rapide des dossiers.

    Une étape clé vers la reconstruction.

    L’ouverture de cette procédure marque une phase essentielle dans la gestion post-crue. Au-delà de l’urgence, elle conditionne la capacité des communes et des habitants à engager la reconstruction et à absorber les conséquences économiques et sociales de l’épisode.

    Alors que les opérations de retour à la normale se poursuivent sur le terrain, la rapidité de reconnaissance administrative apparaît désormais comme un levier central pour accompagner la sortie de crise en Gironde.

  • « La culture, c’est un signe de bonne santé d’une démocratie »

    « La culture, c’est un signe de bonne santé d’une démocratie »

    Une direction de la culture récente pour structurer une politique globale

    Créée en 2022 à l’initiative de la nouvelle mandature municipale, la direction des affaires culturelles de Saint-Médard-en-Jalles incarne la volonté politique de donner une cohérence et une visibilité accrues à l’action culturelle locale.

    « L’idée était d’avoir une vision globale de la politique culturelle, de dissocier la vie associative et de valoriser davantage ce champ d’action », explique Stéphanie Héraud, en poste depuis un an et demi.

    La direction regroupe aujourd’hui plusieurs pôles :

    • l’action culturelle et la programmation,
    • les médiathèques (dont une ludomédiathèque),
    • l’école municipale de musique et de danse.

    Au total, près d’une cinquantaine d’agents participent à cette politique publique, structurée autour d’un équipement central, le Carré des Jalles, qui accueille également le cinéma municipal, la scène nationale et de nombreuses activités associatives.

    La scène nationale Carré-Colonnes : un label d’État au cœur du territoire

    Institution phare du paysage culturel local, la Scène nationale Carré-Colonnes, implantée à Saint-Médard-en-Jalles et Blanquefort, bénéficie d’un label attribué par l’État.

    Ce réseau compte près de 80 structures en France, caractérisées par :

    • une programmation pluridisciplinaire (théâtre, danse, musique),
    • une attention forte à l’éducation artistique et culturelle,
    • un accompagnement à la création et aux artistes.

    « Nous accueillons des compagnies en résidence, nous finançons des projets et nous développons des actions auprès des publics, notamment scolaires », détaille Marion Franquet.

    La structure revendique une ligne artistique contemporaine mais accessible, fondée sur l’ancrage territorial et la médiation.

    Un contexte financier contraint pour l’ensemble du secteur

    Comme partout en France, les politiques culturelles locales évoluent dans un environnement budgétaire tendu. La diminution des financements publics affecte l’ensemble de la chaîne, des collectivités aux compagnies artistiques.

    « Toutes les strates des collectivités sont en difficulté financière et financent moins les politiques publiques, dont la culture. Au final, ce sont souvent les artistes qui en subissent les conséquences », souligne Marion Franquet.

    Du côté de la ville, la contrainte impose de nouvelles stratégies :

    • rechercher des propositions moins coûteuses,
    • développer des partenariats,
    • maintenir la gratuité de certaines actions tout en équilibrant les dépenses.

    Un exemple emblématique reste le partenariat avec l’Opéra National de Bordeaux, qui a permis d’accueillir le Requiem de Mozart dans l’église de la commune à des tarifs accessibles.

    Accessibilité, exigence et médiation : l’équilibre au cœur de la programmation

    La question centrale demeure celle de l’équilibre entre ambition artistique et fréquentation. Les deux responsables rejettent l’opposition entre culture « élitiste » et populaire, préférant parler d’« exigence accessible ».

    La programmation s’appuie sur plusieurs critères :

    • l’adéquation aux lieux et aux jauges,
    • la diversité des publics,
    • la pertinence artistique et sociétale.

    La scène nationale revendique notamment un théâtre engagé, capable d’aborder des sujets contemporains parfois sensibles, tout en développant un important travail de médiation pour accompagner les spectateurs.

    Cette logique s’incarne aussi dans des croisements artistiques, comme l’accueil de spectacles de danse urbaine portés par des figures reconnues, à l’image d’une chorégraphe ayant collaboré avec Aya Nakamura aux côtés de compagnies locales.

    Une identité culturelle en construction

    Pour la municipalité, l’enjeu dépasse la seule programmation : il s’agit de construire une identité culturelle propre à la ville.

    Plusieurs axes émergent :

    • la place de la poésie et de la littérature,
    • le développement d’événements populaires (carnaval, bals, concerts),
    • la notion de « prendre soin » par la culture.

    Cette dernière s’inspire notamment des travaux de la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury, et se traduit par des propositions artistiques visant l’apaisement, la rencontre et le bien-être collectif.

    Des équipements culturels multiples et complémentaires

    Le Carré des Jalles constitue le cœur névralgique de l’offre culturelle, mais d’autres lieux complètent le maillage :

    • la salle Georges-Brassens, dédiée notamment au jeune public,
    • les médiathèques, qui proposent ateliers, rencontres et soirées jeux,
    • l’espace public et la forêt, investis par certaines créations.

    La scène nationale développe même un « jardin secret », espace hybride mêlant création artistique, médiation et pratiques écologiques, illustrant l’élargissement des formes culturelles au-delà du spectacle vivant.

    Partenariats et gouvernance partagée

    Ville et scène nationale fonctionnent selon un modèle de coopération formalisé par conventions.

    La municipalité met à disposition les équipements tandis que la structure conserve son indépendance artistique.

    Cette articulation permet la cohabitation de multiples usages : spectacles, cinéma, pratiques amateurs ou événements municipaux, dans un même ensemble culturel.

    Une culture du quotidien, entre grands rendez-vous et pratiques locales

    Au-delà des grandes dates, la politique culturelle s’inscrit dans un rythme régulier d’activités : ateliers, rencontres, événements en médiathèque ou actions éducatives.

    La ville revendique ainsi une approche large de la culture, intégrant aussi bien les spectacles professionnels que les pratiques amateurs, les loisirs créatifs ou les projets participatifs.

    « Le succès, c’est quand les salles sont pleines et que les habitants demandent le prochain rendez-vous », résume Stéphanie Héraud, soulignant la curiosité et l’engagement du public local.

    Culture et démocratie : un levier de participation citoyenne

    Au cours de l’entretien, Stéphanie Héraud insiste sur le lien étroit entre culture et démocratie locale. « La culture, c’est un signe de bonne santé d’une démocratie », rappelle-t-elle, soulignant que l’action culturelle ne se limite pas à proposer des spectacles, mais constitue un véritable outil de participation et d’expression pour les habitants. En favorisant la rencontre, le débat et la diversité des points de vue, la programmation contribue à faire vivre un espace public plus ouvert et inclusif. La culture devient ainsi un vecteur de compréhension du monde et de dialogue, permettant à chacun de trouver sa place dans la vie de la cité.

    Une ambition culturelle territoriale entre service public et projet de société

    Au croisement des politiques publiques, de la création artistique et de la participation citoyenne, la stratégie culturelle de Saint-Médard-en-Jalles illustre les enjeux actuels du secteur : maintenir l’ambition dans un contexte contraint, élargir les publics sans renoncer à l’exigence et faire de la culture un levier de cohésion territoriale.

    À travers la coopération entre la ville et la scène nationale, c’est une vision de la culture comme bien commun qui se dessine — un espace de rencontre, de réflexion et de partage, au cœur du projet municipal.

  • Un monstre du cinéma français à Mérignac le 12 mars !

    Un monstre du cinéma français à Mérignac le 12 mars !

    Après avoir marqué plusieurs générations avec ses rôles cultes et ses réalisations légendaires, Jugnot revient derrière la caméra pour une comédie explosive, pleine de quiproquos et de situations hilarantes.

    MAUVAISE PIOCHE raconte l’histoire de Serge Martin, un paisible retraité qui se retrouve arrêté par erreur et confondu avec l’homme le plus recherché de France. Devenu la cible des médias, il va tout tenter pour prouver son innocence et retrouver sa vie… si c’est encore possible !

    Le film réunit une distribution de choc, avec Gérard Jugnot lui-même, Philippe Lacheau, Thierry Lhermitte, François Bureloup et Jean-Pierre Darroussin. Une rencontre qui promet des scènes mémorables et des éclats de rire garantis.

    Cette avant-première sera l’occasion rare pour le public de rencontrer Gérard Jugnot et d’échanger avec lui après la projection, sur son film et sa carrière riche de plusieurs décennies.

    Pour les amateurs de comédie française, cet événement s’annonce comme un moment incontournable à Mérignac, mêlant humour, cinéma et passion pour le septième art.

    Pour réserver vos places: Réservation au Ciné Merignac

  • Le Taillan-Médoc : une politique culturelle de proximité qui fait de la rencontre son moteur

    Le Taillan-Médoc : une politique culturelle de proximité qui fait de la rencontre son moteur

    Une culture conçue comme un service public du quotidien.

    Au Taillan-Médoc, la culture n’est ni un supplément d’âme ni un simple programme de spectacles. Elle constitue un axe structurant de la politique municipale.

    Pour l’adjointe à la culture, Céline Le Gac, l’objectif est clair : faire de la culture un espace de rassemblement. La municipalité revendique une approche fédératrice, où la complémentarité entre acteurs et équipements prime sur la logique événementielle.

    Cette orientation se traduit par une organisation fortement collaborative entre élus, services municipaux et partenaires locaux. La culture irrigue ainsi l’ensemble des politiques publiques, en lien avec l’enfance, la jeunesse, le scolaire ou encore l’action sociale.

    « Plus on est nombreux, plus on construit des projets qui parlent à tous », résume l’élue, illustrant une vision collective de l’action culturelle.

    Le Pôle culturel et artistique : un écosystème intégré.

    Au cœur du dispositif se trouve le Pôle culturel et artistique (Polca), véritable colonne vertébrale de la vie culturelle locale.

    Ce lieu regroupe trois entités complémentaires :

    • l’école municipale de musique, ouverte à une grande diversité d’instruments
    • la ludomédiathèque, espace hybride mêlant lecture, jeux et médiation
    • un auditorium d’environ 120 places, dédié aux spectacles, conférences et rencontres

    À ces équipements s’ajoute un espace central polyvalent, conçu comme un lieu de convivialité pouvant accueillir associations, temps festifs ou rencontres informelles.

    Pour Romain Tacciari, responsable du service culturel et vie locale, cette configuration favorise une programmation décloisonnée, où les projets sont pensés collectivement et au plus près des usages des habitants.

    La transversalité comme méthode.

    La singularité de la politique culturelle taillanaise réside dans sa logique de transversalité. Les projets associent régulièrement plusieurs services municipaux, qu’il s’agisse des écoles, du périscolaire ou du CCAS.

    Cette approche permet d’intégrer la culture dans des domaines variés : soutien à la parentalité, médiation numérique, éducation artistique ou encore bien-être.

    La ludomédiathèque illustre particulièrement cette philosophie. Conçue comme un lieu de vie intergénérationnel, elle propose aussi bien des espaces de jeu pour les tout-petits que des actions de lecture ou de médiation pour les familles.

    Pour la directrice culture, vie associative et sport Marianne Carayon, le jeu constitue une forme à part entière de culture populaire, capable de toucher des publics qui ne fréquentent pas spontanément les équipements culturels.

    Une culture accessible et décomplexée.

    La municipalité assume une conception élargie et inclusive de la culture. L’enjeu consiste à lever les barrières symboliques qui peuvent éloigner certains publics.

    En multipliant les formats (cabaret engagé, médiation artistique, événements participatifs ou rencontres conviviales), la commune cherche à démontrer que la culture peut être vécue sans prérequis.

    Cette démarche s’accompagne d’un choix fort : la gratuité de la saison culturelle municipale. Un levier d’accessibilité qui permet d’élargir les publics et d’encourager la curiosité.

    La commune accueille également des artistes en résidence, contribuant ainsi à la création et à l’accompagnement de projets émergents.

    Une programmation participative et ancrée dans le territoire.

    Parmi les initiatives emblématiques figure le Projet Optimiste Partagé (POP), dispositif participatif lancé en 2018.

    Chaque édition associe artistes et habitants autour d’ateliers, de rencontres et de créations collectives. L’objectif : faire de la culture un espace d’expression citoyenne et de co-construction.

    La restitution finale, prévue au printemps, symbolise ce travail de longue haleine, mêlant médiation artistique, éducation culturelle et participation locale.

    Au-delà du POP, la programmation s’appuie sur une diversité d’événements : carnaval, festival musical, fête du court-métrage, actions numériques ou rencontres intergénérationnelles. Autant de rendez-vous qui structurent le calendrier culturel de la commune.

    S’ouvrir au territoire métropolitain.

    Consciente des limites liées à la taille de ses équipements, la municipalité a mis en place un dispositif original : la « chouette navette ».

    Ce service permet aux habitants d’assister à des spectacles dans la métropole bordelaise, avec transport pris en charge par la ville et tarifs négociés.

    Une manière d’élargir l’offre culturelle sans renoncer à l’ancrage local, tout en favorisant la découverte de lieux et d’esthétiques variés.

    Fédérer plutôt que programmer.

    Interrogées sur la dimension politique de leur démarche, les responsables culturelles revendiquent avant tout une ambition de cohésion sociale.

    La culture est envisagée comme un outil de rencontre et de dialogue, plus que comme une vitrine artistique. Une philosophie qui privilégie la proximité, la participation et la convivialité.

    La saison se clôt notamment par des propositions mêlant spectacle vivant et temps festifs, à l’image d’événements en plein air ou de veillées musicales participatives.

    Une identité culturelle singulière.

    Au Taillan-Médoc, la culture se construit moins autour de grandes affiches que d’une dynamique collective et quotidienne.

    Cette stratégie, assumée, repose sur trois piliers :

    • accessibilité
    • participation
    • diversité des pratiques

    Elle dessine une identité culturelle locale où l’expérimentation et la convivialité tiennent une place centrale, et où la culture se vit comme un bien commun.

    À travers cette politique culturelle de proximité, la commune affirme une conviction : la culture n’est pas seulement un spectacle à regarder, mais une expérience à partager.

  • Aurélien Alberge, l’architecte de l’émotion scénique, présente un spectacle total à Martignas-sur-Jalle

    Aurélien Alberge, l’architecte de l’émotion scénique, présente un spectacle total à Martignas-sur-Jalle

    Un parcours façonné par la vocation précoce.

    Chez Aurélien Alberge, la danse n’est pas un choix tardif mais une évidence. Il découvre la scène à seulement cinq ans, lors d’un spectacle auquel participe sa sœur, future danseuse professionnelle. « En sortant, j’ai dit à mes parents que je voulais faire ça toute ma vie », confie-t-il. Quelques mois plus tard, il commence les cours, enchaîne les concours dès l’âge de sept ans et se fait rapidement remarquer.

    À huit ans, il réussit l’audition de l’Opéra de Paris, où il effectue l’intégralité de sa formation. Une expérience exigeante, marquée par la discipline et la rigueur, mais qu’il considère aujourd’hui comme fondatrice : « C’était difficile, mais ça m’a ouvert énormément de portes. » La passion de la scène et l’admiration pour les danseurs étoiles l’aident à surmonter la pression physique et mentale.

    Des grandes compagnies à la consécration internationale.

    À la sortie de l’école, le danseur choisit d’élargir son horizon artistique vers le néo-classique et le contemporain. Après un passage en Espagne, il intègre le Ballet Biarritz, où il reste trois ans, avant de rejoindre les Ballets de Monte-Carlo.

    Ces cinq années à Monaco constituent, selon lui, « la plus belle expérience ». Sous la direction du chorégraphe Jean-Christophe Maillot, il devient soliste, participe à de nombreuses créations et part en tournée à travers le monde. Cette période renforce sa maturité artistique et sa capacité d’interprétation.

    Le virage du cabaret : retrouver le plaisir de la scène.

    Après les grandes compagnies, Aurélien Alberge fait un choix surprenant : rejoindre le Lido de Paris. Loin d’y voir une régression, il y trouve un nouveau souffle. Le rythme y est intense (jusqu’à douze spectacles par semaine) mais la répétition du même show lui permet de retrouver un plaisir immédiat et plus instinctif.

    Cette immersion dans l’univers du cabaret nourrit aussi un projet plus personnel : créer un lieu artistique à son image. Dès 2015, alors qu’il est encore à Monaco, il signe sa première création de cabaret en tant que directeur artistique. L’idée d’une structure indépendante commence alors à s’imposer.

    L’aventure entrepreneuriale de « L’Exception ».

    En 2020, il concrétise ce rêve en ouvrant son cabaret à Saint-Médard-en-Jalles. Pensé comme un lieu hybride, l’établissement mêle spectacles, piano-bar, comédie-club et soirées festives. L’objectif : dépoussiérer l’image du cabaret et attirer un public de particuliers, souvent éloigné de ce type de spectacle.

    Aurélien Alberge y revendique une esthétique mêlant technique classique, modernité visuelle et influences contemporaines, avec des costumes qu’il dessine lui-même. L’expérience rencontre le succès, jusqu’à l’arrêt contraint de l’activité en raison du non-renouvellement du bail. « C’était mon bébé », confie-t-il, évoquant une période « très dure » mais aussi formatrice.

    « Minuit ou l’innocence du jour » : un spectacle sensoriel.

    Aujourd’hui, l’artiste se consacre pleinement à la création avec sa structure Exception Productions. Sa nouvelle œuvre, présentée le 7 mars à Martignas-sur-Jalle, explore l’univers du sommeil et de l’inconscient.

    Composé d’une quinzaine de tableaux interprétés par cinq artistes : danseurs, chanteur et circassiens,  le spectacle aborde insomnie, rêves, cauchemars ou encore fantasmes nocturnes. Sur scène, danse contemporaine et classique se mêlent aux codes du cabaret, entre plumes, univers visuel travaillé et musiques actuelles.

    Aurélien Alberge revendique une approche accessible : « Je veux que chacun y trouve son compte, même sans connaître les codes de la danse. » Une feuille présentant les grands thèmes est parfois proposée, mais le chorégraphe préfère laisser place à l’interprétation personnelle du public.

    Une signature artistique : l’émotion et le partage.

    Au cœur de son travail, une conviction : l’émotion naît du partage. L’artiste cherche à valoriser la personnalité de chaque interprète plutôt que l’uniformité, héritée selon lui de la rigueur des grandes compagnies. « Le plus important, c’est ce que quelqu’un dégage et partage », explique-t-il.

    Cette philosophie se prolonge après la représentation : à Martignas, le spectacle se conclura par un DJ set et un moment de rencontre avec les artistes, fidèle à l’esprit festif du cabaret.

    Un créateur en mouvement permanent.

    À 36 ans, Aurélien Alberge ne cache pas réfléchir à l’ouverture d’un nouveau lieu, peut-être en centre-ville bordelais, même si le projet reste pour l’instant à l’état d’idée. Une constante demeure : la volonté de créer des expériences artistiques totales, où danse, musique et scénographie dialoguent.

    Avec Minuit ou l’innocence du jour, il poursuit ainsi un parcours singulier, entre exigence technique et liberté créative, fidèle à son ambition : faire du spectacle vivant un espace d’émotions partagées, où chaque spectateur peut, le temps d’une soirée, devenir acteur de son propre imaginaire.

  • Crues en Gironde : décrue lente mais vigilance maintenue face aux conditions défavorables

    Crues en Gironde : décrue lente mais vigilance maintenue face aux conditions défavorables

    La Gironde reste sous haute surveillance ce mardi 17 février 2026, alors que les crues amorcent une décrue lente sur l’ensemble des tronçons du département. Dans un point de situation publié ce matin à 10h30, la préfecture rappelle que plusieurs facteurs défavorables pourraient compliquer l’évolution hydrologique dans les prochaines heures, notamment des vents forts prévus cette nuit jusqu’à 110 km/h sur le littoral, le retour de pluies dès jeudi et des coefficients de marée élevés susceptibles de ralentir l’écoulement des eaux.

    Vigilances et niveaux d’eau.

    Les vigilances restent différenciées selon les bassins :

    • Estuaire de la Gironde : vigilance jaune depuis 10h, avec des débordements possibles aux prochaines pleines mers, notamment sur Pauillac.
    • Garonne girondine : vigilance rouge. Les secteurs de La Réole et de Cadillac-sur-Garonne connaissent des débordements importants. La décrue amorcée depuis hier se poursuit lentement, mais un rebond des niveaux n’est pas exclu.
    • Isle aval et Dronne aval : vigilance orange. Les niveaux planchers ont été atteints, et après une légère décrue, ils restent stables.
    • Confluence Garonne-Dordogne : vigilance orange, avec des débordements toujours significatifs sur le secteur du Libournais.
    • Dordogne aval : vigilance jaune, avec une décrue amorcée mais une remontée des eaux encore observée.

    Réseaux et services impactés.

    Les infrastructures restent partiellement perturbées :

    • Téléphonie mobile : 24 000 personnes toujours sans réseau
    • Téléphonie fixe : 10 000 personnes impactées
    • Électricité : 9 500 foyers restent privés de courant, toutes les communes étant désormais alimentées à plus de 50 %
    • Eau potable : des problèmes persistent sur l’arrondissement de Langon, notamment dans les communes desservies par le syndicat SOGEDO (Sainte-Croix-du-Mont, Gabarnac, Loupiac, Monprimblanc, Saint-Maixant, Semens, Verdelais) ainsi que à Langon, Saint-Macaire et Caudrot. Une distribution de bouteilles d’eau est organisée par l’exploitant en coordination avec les mairies.

    Circulation et mise à l’abri

    La circulation reste fortement perturbée :

    • 96 routes départementales sont fermées et 38 soumises à restrictions, principalement à cause d’inondations ou de chutes d’arbres
    • Le pont de Langon (D1113) reste interdit à la circulation
    • Une déviation via la rocade bordelaise au niveau de l’échangeur 24 est mise en place pour les véhicules légers et poids lourds en direction du Réolais

    Aucune nouvelle mise à l’abri n’a été signalée cette nuit. Les habitants souhaitant bénéficier d’un hébergement temporaire sont invités à se signaler auprès de leur mairie ou à contacter les services de secours au 18.

    Appel à la prudence

    Le préfet de la Gironde, Étienne Guyot, insiste sur la prudence maximale et rappelle les consignes essentielles :

    • Installer impérativement les groupes électrogènes à l’extérieur des habitations
    • Ne pas s’engager sur des routes inondées ou barrées
    • Ne pas s’approcher des fils électriques tombés au sol
    • Se tenir informé via les canaux officiels (www.gironde.gouv.fr) et les médias
    • Suivre strictement les consignes des autorités

    Mobilisation des services de l’État

    La gestion de la situation mobilise pleinement les forces de sécurité et de secours : gendarmes, sapeurs-pompiers et militaires, ainsi que les collectivités territoriales et les opérateurs publics et privés. La préfecture rappelle que la sécurité des habitants demeure la priorité absolue.

  • Laurent Perron « Ce qu’on qualifie aujourd’hui d’exceptionnel sera la norme en 2100. »

    Laurent Perron « Ce qu’on qualifie aujourd’hui d’exceptionnel sera la norme en 2100. »

    Une pluviométrie record et des phénomènes météo hors norme

    Le sud-ouest de la France traverse une période météorologique particulièrement exceptionnelle. Invité sur C6 Radio, Laurent Perron, directeur interrégional de Météo France, a dressé un état des lieux précis de la situation. Selon lui, janvier a été “remarquable” avec des précipitations 1,5 fois supérieures à la normale, tandis que février dépasse déjà trois à quatre fois les valeurs habituelles. Certaines pluies ont même battu des records historiques datant de 1877 à 1920, soulignant l’ampleur de l’épisode.

    Installé à Mérignac, sur le domaine de l’aéroport, Laurent Perron supervise l’inter-région couvrant la Nouvelle-Aquitaine et l’ex-région Midi-Pyrénées. Il rappelle que l’aviation, historiquement premier utilisateur des données météorologiques, bénéficie directement de ces prévisions pour la sécurité et l’optimisation des vols.

    La science derrière la prévision

    Pour expliquer la complexité des prévisions, le directeur souligne que l’atmosphère est un système dynamique, composé de gaz et d’eau sous différentes formes. “Ce n’est pas aussi simple que de prévoir le déplacement d’une boule de billard”, précise-t-il. Les équations de la mécanique des fluides, formulées par Claude-Louis Navier en 1785, restent fondamentales pour la modélisation, même si leur résolution exacte est impossible. Grâce aux supercalculateurs Belenos et Taranis, Météo France peut approcher des résultats fiables, avec 21 milliards d’opérations par seconde, et prévoit un renforcement de ces capacités d’ici 2027 pour multiplier par six la puissance de calcul, ce qui pourrait générer 1,4 milliard d’euros d’économies grâce à la prévention des dégâts.

    Les prévisions sont désormais possibles jusqu’à 15 jours, mais leur fiabilité varie selon l’échéance : “À 24 heures, on peut anticiper la neige ou les orages ; à 15 jours, on a une bonne idée des températures,” explique Laurent Perron. Les radars Doppler permettent également des prévisions ultra-courtes, comme pour les matches de Roland-Garros, où l’on peut anticiper une averse à quelques minutes près.

    Une vigilance renforcée face aux phénomènes extrêmes.

    Météo France est régulièrement critiquée pour ses prévisions, mais Laurent Perron insiste sur le rôle vital des alertes météorologiques : “On ne peut pas crier au loup tout le temps, sinon nos vigilances perdraient en crédibilité. Chaque vigilance, jaune ou orange, a sa raison d’être.” Depuis la création des systèmes d’alerte, la palette s’est étendue des tempêtes et orages aux canicules et grands froids, reflétant une fréquence croissante de phénomènes remarquables.

    Réchauffement climatique et adaptation.

    Interrogé sur le lien entre les événements récents et le réchauffement climatique, Laurent Perron se montre prudent : “On ne peut pas tout attribuer au climat, mais ce qui est clair, c’est qu’il y a un réchauffement accéléré qui n’est pas naturel.” Les gaz à effet de serre produits depuis l’ère industrielle expliquent l’accélération actuelle, tandis que les épisodes de pluie ou d’inondations sont cohérents avec les projections pour les décennies à venir : hivers plus humides, étés plus secs et canicules plus fréquentes.

    Face à ces défis, il existe déjà des efforts d’adaptation : urbanisme vert, dé-bétonnage, lutte contre les îlots de chaleur, gestion des risques littoraux et des niveaux de mer en hausse. Selon Laurent Perron, les températures moyennes estivales pourraient passer de 20 à 24 °C d’ici 2100, avec des pics pouvant atteindre 48 à 50 °C à Bordeaux. “On peut s’y adapter, mais il faut renouveler nos infrastructures dès maintenant.”

    Météo, prévention et économie.

    Au-delà de la science, Laurent Perron rappelle l’impact économique et social des prévisions : agriculture, aviation, transport routier ou sécurité civile dépendent quotidiennement de ces informations. Chaque euro investi dans la météorologie génère 5 à 10 fois sa valeur en dommages évités, grâce à la prévention. L’amélioration continue des supercalculateurs et des modèles permet une meilleure anticipation des tempêtes, cyclones et événements extrêmes, essentielle dans un contexte climatique de plus en plus instable.

    Pour Laurent Perron, la météorologie est bien plus qu’un indicateur du temps à venir : elle est un outil stratégique de prévention et d’adaptation aux changements climatiques. Alors que le sud-ouest enregistre des records pluviométriques et que le climat global continue de se réchauffer, Météo France joue un rôle crucial pour sécuriser la population, protéger l’économie et préparer l’avenir.

  • Le rugby féminin du Saint Médard Rugby Club : un pôle en pleine expansion qui redessine les lignes

    Le rugby féminin du Saint Médard Rugby Club : un pôle en pleine expansion qui redessine les lignes

    D’une idée simple à une dynamique structurante.

    L’histoire commence presque par hasard. Au départ, l’objectif était de faire descendre les mamans du bord du terrain pour qu’elles passent « de l’autre côté de la barrière ».

    En 2023, quelques séances d’essai sont organisées. Le succès dépasse rapidement les attentes :

    • 25 licenciées à la création,
    • près de 120 aujourd’hui.

    « On voulait partager la passion de nos enfants et faire du sport ensemble », expliquent les dirigeantes. Très vite, le projet dépasse le cercle des parents pour attirer des femmes de tous horizons, de 15 à 70 ans.

    Une offre sportive complète, du loisir à la compétition.

    La force du pôle féminin réside dans la diversité des pratiques proposées, permettant à chacune de trouver sa place.

    Les cadettes : l’avenir du club

    Créée cette saison, l’équipe des 15-18 ans évolue en rugby à XV plaqué. Pour une première année, les résultats sont déjà prometteurs, avec une 4e place sur 9, signe d’un potentiel réel.

    Les Jalloises : l’entente et la progression

    L’équipe senior à X, montée en entente avec le club de Martignas-sur-Jalle, illustre la structuration progressive du projet. Après une première saison sans forfait (un indicateur clé de stabilité), les joueuses enregistrent leurs premières victoires et travaillent désormais sur la préparation physique pour limiter les blessures.

    Les Salamandres : le rugby accessible

    En rugby à 5 « touch », sans plaquage, la pratique se veut plus accessible mais tout aussi exigeante physiquement. L’équipe participe régulièrement aux tournois et parvient à aligner deux formations, preuve d’un vivier solide.

    Une transformation culturelle au sein du club.

    Au-delà du terrain, l’impact du pôle féminin se mesure aussi dans la vie quotidienne du club.

    Le co-président Hervé Dubès souligne son rôle structurant : le groupe attire du public, renforce le bénévolat et participe activement au fonctionnement : boutique, buvette, encadrement des jeunes ou soins.

    En quelques saisons, les joueuses sont passées d’un « petit groupe de mamans » à un acteur pleinement intégré. Les repas communs, les entraînements partagés et la convivialité ont progressivement fait tomber les barrières entre sections masculines et féminines.

    Bienveillance, sororité et dépassement de soi.

    Le discours des trois dirigeantes converge : la réussite repose autant sur l’état d’esprit que sur les résultats.

    Le pôle féminin se veut un espace où l’on vient autant pour progresser sportivement que pour trouver un collectif.

    Le mot revient souvent : sororité.

    Créer du lien, accueillir sans jugement, donner confiance à celles qui n’osaient pas franchir le pas, y compris des femmes se disant « non sportives » constitue le cœur du projet.

    Certaines commencent par le « touch » avant de passer au plaqué ; d’autres découvrent simplement le plaisir de l’effort collectif. Toutes évoquent la même satisfaction : se dépasser « pour la copine d’à côté ».

    Des ambitions réalistes mais affirmées.

    Si les dirigeantes ne prétendent pas rivaliser immédiatement avec les grandes places fortes du rugby féminin, elles affichent des objectifs clairs :

    • stabiliser les effectifs,
    • poursuivre la progression sportive,
    • inscrire durablement le club parmi les références locales.

    La progression est déjà tangible : montée en compétences, structuration des entraînements, développement de la préparation physique et résultats encourageants chez les jeunes.

    Un projet sportif… et humain.

    Le pôle féminin du SMRC s’inscrit dans une vision plus large du sport : un outil d’émancipation, de santé et de lien social.

    Voyages pour assister à des compétitions internationales, week-ends d’intégration, supporters fidèles : la pratique dépasse largement le cadre du match.

    La philosophie est simple : laisser à chacune le choix.

    Faire du rugby, ou non, mais ne jamais se sentir empêchée.

    Plus qu’une section, un symbole d’évolution.

    En quatre ans, le rugby féminin du SMRC est passé d’une initiative conviviale à un projet structuré, capable d’attirer, de former et de fidéliser.

    Il témoigne aussi d’une évolution plus large : celle d’un sport qui s’ouvre, se diversifie et se nourrit de nouvelles énergies.

    Au bord du terrain, les encouragements ont changé de visage.

    Derrière la balustrade, certaines regardent encore.

    Mais de plus en plus nombreuses sont celles qui ont choisi de passer de l’autre côté.

  • Transporter Ma Voiture : la start-up bordelaise qui veut simplifier la logistique automobile à l’échelle européenne

    Transporter Ma Voiture : la start-up bordelaise qui veut simplifier la logistique automobile à l’échelle européenne

    Une plateforme numérique pour un besoin universel

    Créée en 2025, Transporter Ma Voiture (souvent abrégée TMV) se positionne comme une plateforme digitale de mise en relation dédiée au déplacement de véhicules partout en Europe.

    Le principe : permettre à un utilisateur d’organiser un transport automobile depuis son smartphone, avec un suivi, un devis transparent et une gestion centralisée.

    L’idée est née d’un constat simple : jusqu’ici, déplacer un véhicule impliquait de contacter plusieurs transporteurs, sans visibilité claire sur les coûts ou les délais. TMV ambitionne de rendre ce processus aussi fluide qu’une réservation en ligne.

    Une aventure entrepreneuriale née de l’expérience terrain

    Avant de lancer leur structure, les fondateurs travaillaient déjà ensemble dans le secteur du transport.

    Cette expérience commune leur a permis d’identifier les failles du marché et d’imaginer une solution plus efficace.

    Autour de Nicolas Derouet, l’équipe réunit notamment :

    • Romain, en charge du développement technique de l’application
    • Yoann, responsable commercial et communication
    • Romain, un alternant marketing dédié à la stratégie digitale

    Malgré un écart d’âge et d’expérience, tous partagent un objectif commun : faire émerger une solution capable de s’imposer sur un marché européen.

    Le parcours du combattant du financement

    Comme pour de nombreuses start-up, la transformation de l’idée en projet concret a nécessité plusieurs étapes structurantes :

    • élaboration d’un business plan
    • construction d’un prévisionnel financier
    • recherche de partenaires bancaires

    Le projet, très digital et sans actifs physiques, a d’abord suscité des réticences.

    Après plusieurs refus, un accompagnement par un réseau d’experts et un prêt d’honneur ont permis de déclencher le financement bancaire et de lancer le développement de la plateforme.

    Les débuts : prospection intensive et premiers clients

    Installée dans un bureau de 27 m² à Blanquefort en mars 2025, l’équipe a démarré avec une réalité classique des jeunes entreprises :

    téléphone silencieux, prospection massive et incertitudes.

    Plus de 500 emails ont été envoyés la première semaine pour un seul retour.

    Le premier client : une société spécialisée dans les quads électriques a marqué le véritable point de départ, avant un effet boule de neige porté par le réseau professionnel et le bouche-à-oreille.

    Aujourd’hui, TMV réalise entre 150 et 300 transports par mois, un volume qui confirme un démarrage solide.

    Une approche technologique du transport

    Contrairement aux transporteurs traditionnels, TMV ne possède pas de flotte.

    La société fonctionne comme une plateforme technologique qui référence et contrôle des partenaires transporteurs.

    Chaque prestataire est validé via un système de scoring et la centralisation des documents réglementaires (assurances, licences, obligations sociales).

    Un outil d’intelligence artificielle permet également de vérifier l’état des véhicules avant et après transport en cas de litige.

    Entre liberté et pression : la réalité de l’entrepreneuriat

    Durant l’entretien, Nicolas Derouet a insisté sur la dimension humaine de l’aventure.

    Passer du salariat à l’entrepreneuriat a impliqué une perte de stabilité financière et une prise de risque importante.

    Il évoque sans détour les débuts sans rémunération et la nécessité d’accepter l’incertitude, tout en soulignant que la motivation principale reste la liberté de construire son projet.

    Une ambition clairement européenne

    Pour 2026, la priorité affichée est l’expansion géographique.

    La plateforme reçoit déjà des demandes depuis plusieurs pays :Espagne, Italie, Allemagne ou Royaume-Uni et vise un déploiement progressif à l’international, avec des perspectives jusqu’au Moyen-Orient.

    L’objectif à trois ans est assumé : devenir une référence européenne du transport de véhicules, aussi naturelle pour les utilisateurs que les grandes plateformes de petites annonces pour l’achat automobile.

    Une stratégie de croissance maîtrisée

    Fait notable dans l’écosystème start-up, TMV ne prévoit pas de levée de fonds à court terme.

    Les fondateurs souhaitent conserver le contrôle de leur développement et privilégier une croissance organique, en s’appuyant sur la montée en puissance du service.

    Une vision long terme portée par la passion

    Au-delà de la technologie, le projet s’inscrit dans une logique durable.

    La société ne vise pas une revente rapide mais la construction d’un acteur pérenne, né de la passion commune pour l’automobile et la logistique.

    Une jeune entreprise déjà bien lancée

    En quelques mois d’activité, Transporter Ma Voiture illustre les dynamiques actuelles de l’économie numérique :

    • digitalisation d’un secteur traditionnel
    • modèle plateforme
    • croissance progressive fondée sur l’usage

    L’histoire reste à écrire, mais la trajectoire est claire : transformer un service complexe en solution simple et accessible.

    Comme l’a résumé Nicolas Derouet au micro de C6 Radio, l’entrepreneuriat est avant tout « une exécution faite de décisions imparfaites, d’ajustements permanents et de détermination ».

    Une définition qui reflète parfaitement l’état d’esprit d’une start-up encore jeune, mais déjà tournée vers l’Europe.