Auteur/autrice : c6admin

  • Le Pin Galant en pleine mutation

    Le Pin Galant en pleine mutation

    Philippe Prost rappelle une donnée clé : le Pin Galant se porte très bien depuis deux ans, retrouvant son niveau d’activité d’avant la pandémie. La crise sanitaire reste toutefois un marqueur : le Covid a été la seule période en 36 ans où l’établissement a perdu de l’argent, un déficit jamais enregistré auparavant. Mais le public est revenu rapidement, les salles se remplissent de nouveau et l’activité artistique est revenue à 100 %. « On est reparti de plus belle », résume Philippe Prost. Ce rebond local contraste avec la situation nationale. Le monde culturel français demeure fortement sous pression. « On aurait perdu l’année dernière 1 200 représentations en France », alerte le directeur, en raison d’un ralentissement des financements publics, en particulier au niveau communal — « les plus grands pourvoyeurs de fonds pour la culture ». Résultat : moins de spectacles, moins d’intermittents mobilisés, moins d’activité sur l’ensemble du territoire. À cette contraction budgétaire s’ajoute une inflation généralisée : transports, hôtels, restauration, matériel, droits techniques. Organiser un spectacle coûte bien plus cher qu’il y a quelques années. « C’est un vrai Rubik’s Cube », dit-il, rappelant que le Pin Galant doit gérer un budget artistique de 3 millions d’euros pour 85 spectacles et plus de 110 représentations.

    Un des cinq plus grands théâtres de France

    Dans ce contexte difficile, le Pin Galant conserve une stature forte : il fait partie des cinq plus grands théâtres français. Les propositions affluent et Philippe Prost visionne environ 200 spectacles par an pour maintenir une programmation plurielle : théâtre, danse — sa spécialité historique — cirque contemporain, jeune public, magie, concerts ou opéra.

    Certaines créations nécessitent des moyens considérables, comme la venue de Benjamin Millepied pour Roméo et Juliette, avec six jours de montage. « Le résultat était magnifique. »

    Un changement de gestion qui rebat les cartes

    Cet été, la salle a changé de main : après 36 ans sous Mérignac Gestion Équipement, elle est désormais gérée par S-PASS (Fimalac). Philippe Prost précise que des bénéfices étaient déjà réalisés avant S-PASS, partagés pour moitié avec la ville et pour moitié réinvestis. Désormais, les bénéfices remontent intégralement vers la société mère.

    Côté public, la programmation ne change pas. Mais une évolution tarifaire arrive : fin des tarifs uniques, création de catégories selon les zones de la salle, avec des places plus accessibles en haut et plus élevées dans le cœur de salle. Le basculement génère en interne une charge de travail considérable : fermeture comptable de l’ancienne structure, nouveaux outils, nouveaux process, double gestion temporaire. « Une surcharge extrêmement importante », admet le directeur, évoquant un « problème de transition ».

    Investissements et modernisation

    S-PASS a prévu 1,5 million d’euros d’investissements : nouvelle façade acoustique (430 000 €), conversion LED du parc lumière, modernisation numérique, billetterie revue. Le tout concentré dès la première année pour un impact immédiat.

    Un virage renforcé vers le jeune public

    Le Pin Galant accentue enfin sa politique de médiation culturelle. Un nouveau festival destiné aux enfants, aux scolaires et aux centres sociaux se tiendra autour des vacances d’avril, avec ateliers, bords de scène et rencontres artistiques. Un musée virtuel est également en préparation pour ouvrir plus largement le lieu au-delà des spectacles.

  • Artisans : « Certains ne vont pas tenir ! »

    Artisans : « Certains ne vont pas tenir ! »

    Cette reconnaissance arrive pourtant dans une situation économique qu’il juge extrêmement préoccupante. « Mon père est dans la société depuis plus de 42 ans. Il m’a dit que c’est la première fois où c’est autant », confie-t-il, décrivant une crise d’une intensité inédite.

    L’activité chez les particuliers, qui représente l’essentiel des chantiers de Yako Peinture, s’est effondrée : « On travaille à 90 % chez des particuliers… et quand on voit le coût de la vie, les gens font de moins en moins appel à nous. On le sent. » Pour Usseyni Arabaci, le marché est désormais « mou », avec une stagnation qui s’installe. À cela s’ajoute une absence totale de visibilité : « On n’a pas de visu pour les mois, les années à venir. » Le recrutement devient impossible. « Les charges sont lourdes, très lourdes. Si on baissait les charges, nos entreprises seraient à la hausse. »

    Cette conjoncture alimente une inquiétude qu’il partage avec de nombreux artisans du secteur : « Il y en a certains qui ne vont pas tenir. » L’artisan dénonce également une perte de reconnaissance du travail manuel : « L’artisanat, on le perd. Tout est mécanisé maintenant. Mais un pistolet ne remplacera jamais un travail fait à la main. » Il évoque aussi la réalité économique quotidienne : « On travaille douze, quatorze heures par jour, parfois le samedi et le dimanche… et si vous faites le prorata, vous êtes moins payés qu’un SMIC. »

    Face aux débats nationaux sur les très grandes fortunes, l’amertume est palpable : « Nous, on est tout en bas. On n’est pas valorisés. » Malgré tout, il refuse de céder au découragement : « Je ne lâcherai pas », assure-t-il. La transmission reste un pilier central de son engagement : « Une fois qu’on arrive à bien canaliser un jeune et à lui apprendre avec amour, n’importe quel apprenti peut s’investir. »

    Alors qu’il s’apprête à recevoir le label de Maître Artisan, Usseyni Arabaci y voit une fierté, mais reconnaît que cette distinction intervient « dans un moment où tout est compliqué ». Sur l’avenir, il se veut lucide mais combatif : « C’est une passe. Comme toute crise, il y a toujours le beau temps qui revient. Il faut juste patienter et avoir les reins solides. »

  • Le SAM en 32ᵉ de finale de Coupe de France – « Quand on veut, on peut ! »

    Le SAM en 32ᵉ de finale de Coupe de France – « Quand on veut, on peut ! »

    Le stade Robert-Brettes a vibré comme rarement. Le SAM Football a signé un exploit majeur en éliminant un club professionnel et en s’offrant une deuxième qualification consécutive pour les 32ᵉ de finale de la Coupe de France. Une performance rendue possible par un état d’esprit exceptionnel : un groupe solidaire qui n’aime pas perdre et qui joue chaque match pour gagner.

    Le but décisif est marqué par Salif Sané, ancien joueur des Girondins, de Nancy, d’Hanovre et de Schalke 04. À la 50ᵉ minute, sur corner, il place une tête qui déclenche l’explosion du stade.

    Il précise que ce type d’action n’est pas une combinaison travaillée, mais le fruit d’une équipe patiente, disciplinée et très forte sur coups de pied arrêtés.

    Pour Christophe Lassalle, coprésident du SAM, cet exploit offre une exposition rare au club : sollicitations médiatiques, mobilisation des partenaires, reconnaissance générale du travail accompli. Plus d’une cinquantaine de bénévoles ont été essentiels au bon déroulement de ce match.

    Il a également tenu à souligner le geste très fair-play du club palois, qui, malgré la frustration liée à l’élimination, a décidé de laisser l’intégralité de la recette du match au SAM. Un acte apprécié par l’ensemble du club.

    Autre point important abordé : l’envahissement de la pelouse par les supporters.

    Selon Christophe Lassalle, il s’agissait d’un envahissement festif, maîtrisé, non violent, qui n’a pas mis en danger les arbitres ni les joueurs. Le coprésident estime donc qu’il n’y aura probablement pas de sanction, le contexte ayant été parfaitement encadré.

    L’identité du SAM est fortement marquée : une bande de potes compétiteurs, soudée sur et en dehors du terrain, avec une aversion claire pour la défaite.

    Les affinités sont profondes, les joueurs se connaissent depuis longtemps, et cette cohésion se ressent dans leur capacité à se sublimer.

    Salif Sané insiste : chaque joueur veut gagner, peu importe l’adversaire ou le contexte.

    La formation est un élément clé : plus de la moitié de l’effectif est issue des équipes jeunes de Mérignac.

    Pour Christophe Lassalle, c’est un marqueur fort de l’identité du club.

    Le staff, emmené par Clément Tapy, joue un rôle fondamental : rigueur, pédagogie, proximité avec les joueurs.

    Selon Salif Sané, l’encadrement quotidien rivalise avec celui de certaines structures professionnelles.

    Pour la suite de la compétition, dirigeants et joueurs espèrent tirer une équipe du top 5 de Ligue 1. Plusieurs stades sont envisageables : Chaban-Delmas, le Stade Atlantique, Sainte-Germaine, ou Libourne, selon les contraintes de sécurité et de capacité.

    Malgré l’euphorie, retour immédiat au réel : le championnat et le déplacement à Marmande.

    Le SAM sait aussi qu’il porte désormais un statut nouveau : celui d’un club amateur capable de faire tomber une Ligue 2.

    Christophe Lassalle regrette que Mérignac ne se mobilise pas encore entièrement autour du club, même si un tirage prestigieux pourrait être un déclencheur.

    Le mot de la fin est revenu à Salif Sané, qui résume parfaitement l’esprit de cette équipe :

    « C’est normal, c’est le foot. Personne n’aime perdre, mais dans la Coupe, tout est possible. Personne n’est petit, tout le monde est grand, et quand on veut, on peut. »

  • SAM Football : « On veut faire rêver la ville ! »

    SAM Football : « On veut faire rêver la ville ! »

    Le SAM a renversé Pau au stade Robert-Brettes, porté par un groupe soudé et une génération de joueurs qui se côtoient depuis leurs années de formation. Dès l’entame, les Mérignacais doivent s’adapter à une blessure précoce et à l’intensité paloise, mais ils restent solides : « Ils se créaient peu d’occasions », note Paul Clément, convaincu dès la pause que le match est prenable.

    Le tournant survient sur un corner préparé la veille : une tête plongeante, Robert-Brettes qui explose, et un groupe transcendé. La seconde période devient un combat où la solidarité prime : duels gagnés, intensité, anciens qui encouragent sur le bord du terrain, jeunes du club qui poussent depuis la tribune.

    Sur la pelouse, le président Jean-Bernard Toulouse laisse éclater son émotion : « Incroyable… On mérite cette victoire. »

    Cette qualification reflète l’identité profonde du club : treize joueurs formés au SAM sur la feuille de match, un collectif qui se connaît par cœur, un mélange assumé d’anciens et de jeunes. Dans les studios, les joueurs résument leur force en une phrase simple : « On est une bande de potes. » Une proximité qui se ressent partout, du vestiaire aux moments de tension sur le terrain.

    L’un des cadres, passé par les Girondins, la Ligue des champions et la Coupe du monde, savourait d’ailleurs intensément : « On joue pour ces moments-là. Avec les petits d’ici, c’est encore plus kiffant. »

    Les joueurs rappellent aussi la philosophie qui les guide : prendre du plaisir, oui, mais pour gagner. « C’est que du kiff, mais on ne joue jamais pour participer. On joue pour gagner », martèlent-ils. À l’entraînement comme en match, la grinta reste la norme : « Dès qu’une équipe perd, tout le monde fait la gueule. On ne veut pas perdre. »

    Ils décrivent une aventure vécue sans pression, avec un vestiaire rythmé par les musiques, les rituels et la joie de se retrouver : « On a zéro pression. C’est juste du kiff. »

    Dans les têtes, un seul souhait pour le tirage : « On ne veut pas un petit. On veut un gros. PSG, Marseille… On veut un stade plein et faire rêver la ville. »

  • Coupe de France : « Le SAM ne va pas changer sa philosophie. »

    Coupe de France : « Le SAM ne va pas changer sa philosophie. »

    Réunions de sécurité obligatoires, coordination police–gendarmerie, parcage pour d’éventuels ultras palois : « On n’est pas habitués à ça, mais tout est maîtrisé », assure Jean-Bernard Toulouse, qui espère une tribune pleine au stade Robert-Brettes comme lors du 32ᵉ de finale face à Laval. Sportivement, pas question de renier l’identité mérignacaise : « On ne mettra pas les barbelés. Ce n’est pas la maison. On va jouer notre football », explique-t-il, évoquant une équipe surmotivée après son exploit contre Colomiers, mais parfaitement lucide : « On ne se prend pas pour plus que ce qu’on est. Et si on perd, ce serait logique : Pau est une Ligue 2. »

    La pelouse, critiquée l’an dernier, ne sera pas un sujet cette année : « À l’époque, il pleuvait énormément. Mais cette saison, la mairie a fait le nécessaire : pas de rugby pendant quinze jours et un vrai travail d’entretien. Aujourd’hui, la pelouse est à 80–90 %. » Samedi, le protocole sera légèrement adapté, notamment avec un repas collectif avant la rencontre, mais « ce sera un match presque comme les autres ».

    Sur les ambitions du club, Jean-Bernard Toulouse se montre transparent : oui, le SAM souhaite monter d’un cran, mais sans entrer dans une logique financière démesurée. « On ne rémunère pas à tout va les joueurs. Il y a des primes de match uniquement s’ils gagnent. » Une philosophie assumée, partagée par tout son comité, qui peut rebuter certains joueurs davantage sensibles aux salaires qu’au projet sportif.

    Et puis Jean-Bernard Toulouse a révélé une anecdote plutôt cocasse :il est l’un des gardiens qui ont marqué le plus de buts ! Première licence en 1966, gardien « dans la bonne moyenne », il part travailler à Paris et décide d’abandonner les cages. À Meudon, il se présente comme avant-centre sans dire qu’il était portier… et enchaîne les buts. À son retour à Mérignac, l’entraîneur se réjouit de récupérer un gardien ; il le détrompe : « Non, je suis avant-centre maintenant. » Après un passage en réserve, il devient l’un des meilleurs buteurs du club.

    De joueur à éducateur puis président depuis quinze ans, Jean-Bernard Toulouse a traversé toutes les grandes épopées du SAM, du 32ᵉ de finale de 1969 aux performances récentes : « Le SAM a toujours été un club performant », résume-t-il.

    À la veille de défier Pau, Mérignac avance fidèle à sa philosophie : calme, humble, structuré, ambitieux à sa manière. Un club qui n’a « rien à perdre »… et qui, comme souvent en Coupe de France, peut donc tout

  • Gymnastique : le “Prat 2” bientôt validé ?

    Gymnastique : le “Prat 2” bientôt validé ?

    À seulement 15 ans, la jeune Mérignacaise revient sur une expérience qu’elle a pleinement mesurée seulement une fois rentrée en France : « Au début, je réalisais pas trop. Maintenant oui, j’ai compris que j’étais championne du monde. »

    Pour son coach, la prestation française a été particulièrement solide : « Elles ont fait une compétition exceptionnelle. »

    Dans cette réussite, la relation entre Maïana et son entraîneur est centrale. La gymnaste l’affirme sans hésiter : elle n’envisage absolument pas une compétition sans son coach à ses côtés.

    Elle précise : « Je me vois pas faire une compétition sans lui. Les autres n’ont pas les mêmes mots, je ne suis pas rassurée. »

    Mickaël Pallarés décrit une athlète unique, capable de transformer la pression en plaisir : « Elle rayonne, elle prend du plaisir, c’est ce qui fait sa force. »

    Ambitieuse, Maïana affiche clairement son objectif : « Les Jeux Olympiques 2028, j’aimerais bien. »

    Son parcours impressionne : baby-gym à 2 ans et demi, entraînements quotidiens dès le CE1, deux fois par jour ensuite. En 2023, elle passe un cap, multiplie les podiums nationaux et intègre l’équipe de France.

    À Manille, elle a également présenté un élément original au sol : un pivot de trois tours surnommé “Prat 2”, destiné à enrichir une figure déjà existante, le “Prat 1”.

    Un privilège rarissime pour son âge : très peu de gymnastes juniors dans le monde peuvent se vanter d’avoir un élément référencé — ou en passe de l’être — à leur nom.

    La validation internationale du “Prat 2” est toujours en attente, mais les signaux sont encourageants.

    Au quotidien, Maïana jongle entre cours, entraînements intensifs et sacrifices personnels. Sa famille la suit partout : « Mes parents et mes grands-parents viennent presque à toutes mes compétitions. »

    Prochaine étape : le 6 décembre à Mérignac dans le championnat de France Top 12 face à Meaux, l’une des équipes les plus expérimentées du pays. Après cette rencontre, elle se concentrera sur de nouvelles difficultés techniques.

    Toujours souriante et sereine, Maïana résume sa philosophie :

    « Quand je souris, ça marche mieux que quand je stresse. »

    Championne du monde à 15 ans, soutenue indéfectiblement par son coach, déjà liée à deux éléments techniques qui portent son nom, et déterminée à viser les JO 2028… Maïana Prat n’a pas fini de marquer la gymnastique mondiale.

  • Mérignac: « Les avions les moins bruyants atterriront à l’aéroport »

    Mérignac: « Les avions les moins bruyants atterriront à l’aéroport »

    Pour commencer, un symbole qui fait réagir : la disparition de l’appellation « Aéroport de Bordeaux–Mérignac, désormais remplacée par Bordeaux Aéroport. Beaucoup d’habitants y voient une forme d’effacement. Thierry Trijoulet relativise : « Mérignac ne disparaît pas. C’est un très très très vieux débat. »

    Il rappelle surtout le rôle fondateur de la commune : « L’aéronautique a commencé ici en 1910 », un héritage qui, selon lui, reste pleinement identifié malgré le changement de nom, décidé pour renforcer le rayonnement international.

    Le maire a ensuite détaillé le projet de testeur de moteurs de fusée, qui suscite interrogations et inquiétudes. Il s’agit d’une start-up issue de l’incubateur Cockpit, à Mérignac, qui s’apprête à franchir une nouvelle étape industrielle. Le projet se déploie en deux volets : une implantation principale au Haillan, où une enquête publique va être lancée, et un site de tests situé directement sur l’emprise aéroportuaire, dans des hangars existants. Autrement dit, les essais ne seront pas réalisés en plein air, mais dans des installations confinées, sécurisées et adaptées.

    Thierry Trijoulet précise : « Un test de fusée, ça peut faire beaucoup de bruit. Mais toutes les conditions seront posées pour éviter les nuisances. » Il assure que les collectivités ne valideront le projet que si toutes les garanties techniques, sonores et environnementales sont réunies. Il dénonce également une « utilisation démagogique » du sujet par certains, alors que les nuisances réelles sont, selon lui, bien moins problématiques que celles générées par l’aéroport lui-même.

    Sur les nuisances aériennes, et notamment la sécante, il rappelle que « c’est l’État qui a la main ». Le préfet a transmis sa feuille de route et des efforts supplémentaires sont attendus des compagnies aériennes pour privilégier les avions les moins bruyants.

    La question de l’emploi occupe une place majeure. La filière aéronautique et spatiale fait face à 2500 postes vacants, un chiffre qui inquiète l’élu. Il mise sur le projet Tarmaq pour susciter des vocations locales : « Ce ne sont pas forcément des métiers qui nécessitent un bac +4 ou +5. Beaucoup de métiers techniques sont accessibles avec la bonne formation », insiste-t-il.

    Sur sa succession à Alain Anziani, Thierry Trijoulet assume un passage de témoin naturel : « J’ai travaillé auprès d’Alain Anziani pendant deux mandats. Je ne suis pas surpris par les dossiers. » Il concède néanmoins « un costume particulier » à porter après deux figures politiques emblématiques.

    En matière de circulation, le maire reconnaît un défi quotidien. L’attractivité de Mérignac génère d’importants flux, avec des bouchons aux heures de pointe. Thierry Trijoulet dit travailler « quasi quotidiennement » avec Bordeaux Métropole sur les aménagements, le covoiturage ou l’usage du tramway, mais rappelle la réalité des chantiers :

    « Modifier une voirie, ça ne se fait pas en 48 heures. Il y a des procédures, et il faut les accepter. »

    En matière d’urbanisme, Thierry Trijoulet défend la transformation de Marne Soleil en quartier mixte, mêlant logements, services et transports. Une mutation d’envergure qui, selon lui, préserve les zones pavillonnaires et attire même l’attention de plusieurs médias nationaux venus observer cette démarche « vertueuse ». Le secteur, longtemps considéré comme une simple zone commerciale, est présenté comme l’un des premiers projets européens à opérer une telle reconversion.

    Côté culture, les travaux du Krakatoa avancent pour une réouverture en 2026. Le Pin Galant, en revanche, suscite plus de questions depuis la nouvelle délégation de service public confiée à un opérateur privé. Thierry Trijoulet clarifie : « La collectivité fixe les règles. »

    Il insiste sur le fait que la mairie garde la main, que les tarifs et la politique culturelle restent encadrés, et que ce nouveau fonctionnement doit rapprocher la salle de son territoire, en renforçant le travail avec les centres sociaux, les centres d’animation et les associations locales.

    Le sport reste une fierté locale : le Sam Football poursuit sa belle aventure en Coupe de France, le rugby se porte bien, et la jeune gymnaste Maïana Prat, championne du monde junior, incarne l’excellence individuelle.

    « Le sport est ancré à Mérignac depuis les années 70 », rappelle Thierry Trijoulet.

    Enfin, sur la situation nationale, il confie son inquiétude face au ralentissement économique et aux contraintes imposées aux collectivités. Les chefs d’entreprise du territoire sont préoccupés. « Demain, il serait préférable que la France ait un budget », estime le maire.

  • Saint-Médard-en-Jalles : Stéphane Delpeyrat-Vincent alerte sur les emplois, les blocages administratifs et une France “hors-sol”

    Saint-Médard-en-Jalles : Stéphane Delpeyrat-Vincent alerte sur les emplois, les blocages administratifs et une France “hors-sol”

    Lors de la matinale de C6radio, le maire de Saint-Médard-en-Jalles est revenu sur du sommet aéronautique et spatial qui s’est tenu à Mérignac, la tension sur l’emploi est apparue clairement. « Il y a 2500 emplois vacants dans l’ensemble de la filière », rappelle Stéphane Delpeyrat-Vincent. Pour lui, l’attractivité des métiers souffre d’un préjugé persistant :

    « Il y a parfois l’idée, notamment chez les jeunes, que ce sont des métiers forcément de très très très haut niveau et que c’est inaccessible pour eux. »

    Une perception fausse, insiste-t-il, puisque des entreprises comme Sabena peuvent former des mécaniciens ou des électriciens venus d’autres secteurs.

    Cette inquiétude des industriels s’ajoute à un contexte international instable. Le maire souligne que « l’Europe a pris conscience avec retard qu’elle n’était plus forcément protégée par les États-Unis », ce qui impose selon lui une souveraineté renforcée et « la reconstitution d’une filière totalement autonome ».

    Mais sur le terrain, la croissance de l’emploi se heurte à un système administratif qu’il juge incapable de suivre. L’ouverture de la déviation du Taillan Médoc a provoqué un « plus 38 % sur la route de Lacanau », saturant encore davantage Saint-Médard-en-Jalles et les communes voisines. Stéphane Delpeyrat-Vincent dénonce des années de blocages :

    « On nous a demandé sans cesse de refaire des études, des enquêtes, des compléments. On a perdu un temps pas possible. »

    Pour lui, l’enjeu dépasse la circulation : ces lenteurs affaiblissent l’attractivité du territoire.

    « On ne peut plus vivre dans un pays où l’on attend sans cesse la tutelle de l’État pour faire une piste cyclable. »

    Il rappelle que d’autres pays construisent infrastructures et développement économique simultanément, là où la France exige validations successives et procédures interminables. Exemple marquant : à Blanquefort, il a fallu plus de onze ans pour réaliser 200 mètres de piste cyclable.

    Sur l’environnement, il note que Saint-Médard-en-Jalles a été labellisée “Capitale française de la biodiversité”, preuve de la compétence locale. « J’ai des ingénieurs, des écologues, des gens extrêmement compétents. Je n’ai pas besoin d’un comité à Paris pour me dire si tel point est possible », soutient-il, plaidant pour une autonomie décisionnelle bien plus grande au niveau local.

    La crise du logement, qu’il décrit comme « sociale, économique et écologique », renforce selon lui l’urgence d’agir autrement. Avec seulement 10 000 logements neufs livrés au dernier trimestre, il accuse l’État d’absence de planification et de normes contreproductives qui « raréfient encore les possibilités foncières ».

    Enfin, sa critique du pouvoir central est particulièrement tranchante. Pour le maire de Saint-Médard-en-Jalles, « une administration parisienne a quasiment fusionné avec le monde économique du CAC 40 », ce qui provoque une politique économique déconnectée des PME, des TPE et des territoires. Il estime que ce modèle hypercentralisé nourrit un profond ressentiment et contribue à la montée du vote extrême.

    S’il se dit « inquiet comme tout le monde », il rappelle que le territoire regorge « de compétences, de volonté et d’énergie ». Et il conclut en réaffirmant que le véritable changement passe par un transfert massif du pouvoir vers les territoires :

    « Ce qui étouffe aujourd’hui, c’est un système hyper centralisé. Les solutions, nous les avons ici. Il faut nous laisser prendre en main ces sujets. »

  • Restos du Cœur : « Que ceux qui dénoncent l’assistanat viennent passer une journée avec nous ! »

    Restos du Cœur : « Que ceux qui dénoncent l’assistanat viennent passer une journée avec nous ! »

    Un seuil psychologique encore puissant

    De nombreuses personnes sont orientées par les services sociaux, mais une part grandissante franchit la porte spontanément, incapables de couvrir leurs dépenses essentielles. « Ce n’est jamais facile de pousser la porte, même 40 ans après », rappelle Françoise Casadebaig. Cette honte persistante rend l’accueil central : écoute, réassurance, absence de jugement. Pour certains, ce moment constitue le seul échange humain de leur semaine, un élément devenu aussi essentiel que l’aide alimentaire.

    Une précarité élargie : étudiants, travailleurs pauvres… et de plus en plus de retraités

    Les Restos du Cœur Gironde constatent une hausse nette des étudiants en difficulté, mais aussi des travailleurs pauvres dont certains, malgré un emploi,dorment dans leur voiture faute de pouvoir se loger. L’évolution la plus marquante demeure toutefois l’arrivée croissante de retraités. Souvent seuls et disposant de pensions trop faibles pour faire face à la hausse générale des prix, ils représentent une part de plus en plus visible du public accueilli. « Pour eux, la situation ne s’améliorera pas », indique Françoise Casadebaig. Les centres voient également affluer davantage de personnes seules et de familles monoparentales.

    Isolement, fragilité et rôle crucial de l’écoute

    L’arrivée croissante de retraités isolés et de personnes vivant seules souligne une dimension essentielle du travail des Restos : rompre la solitude autant que la précarité alimentaire. Pour certains, venir au centre constitue autant un soutien matériel qu’un soutien humain. « Beaucoup de personnes viennent et c’est le seul moment où elles parlent avec quelqu’un de la semaine», explique la responsable. Pour les bénévoles, l’accueil et l’écoute sont donc des missions premières, indissociables des paniers distribués.

    L’assistanat, un discours en décalage complet avec le terrain

    Les critiques récurrentes sur « l’assistanat » ne correspondent en rien au fonctionnement réel observé dans les centres. La grande majorité des bénéficiaires vient par nécessité, non par confort. Les chiffres sont explicites : 64 % des familles reçues l’an dernier venaient pour la première fois, et seules 14 % reviennent l’année suivante. Les Restos du Cœur constituent un coup de pouce ponctuel, qui permet à la plupart des personnes de rebondir. D’où la réaction ferme de Françoise Casadebaig : « Que ceux qui dénoncent l’assistanat viennent passer une journée avec nous ! »

    2,5 millions de repas distribués en 2024

    En Gironde, 2 500 000 repas ont été distribués l’an dernier, auxquels s’ajoutent 68 000 repas destinés aux personnes vivant dans la rue. Les besoins restent constants : dons financiers, produits alimentaires, hygiène et fournitures pour enfants.

    Une organisation sous tension mais qui tient

    Malgré quelques pénuries ponctuelles, notamment sur les œufs, l’association parvient à suivre la hausse de fréquentation. La grande collecte annuelle aura lieu en mars.

    Une aide élargie aux démarches administratives

    Les Restos déploient désormais un véhicule aménagé en bureaux pour accompagner les familles dans leurs démarches sociales, juridiques ou administratives. Il se rendra dans les 40 centres girondins afin d’aider ceux qui peinent à s’orienter dans des procédures complexes.

    Bénévoles mobilisés, mais disponibilité réduite

    L’esprit de Coluche – respect, convivialité, solidarité – demeure, mais les bénévoles disposent de moins de temps qu’autrefois. Les Restos recherchent notamment des chauffeurs et des bénévoles qualifiés pour leur service RH. L’ouverture d’un nouveau centre à Saint-Augustin permettra de soulager celui de Mérignac, saturé avec 600 familles accueillies.

    Épilogue amer

    À peine son entretien terminé, Françoise Casadebaig a appris que le centre des Restos du Cœur de Talence venait d’être vandalisé. C’est la deuxième fois en quelques mois. La première fois, les visiteurs étaient repartis avec… un peu de chocolat.

  • Martignas : Le maire dénonce les lourdeurs administratives

    Martignas : Le maire dénonce les lourdeurs administratives

    À 28 ans lors de son élection, Jérôme Pescina rappelle que son engagement n’est pas issu du militantisme politique. Il s’est construit autour du territoire où il a grandi, de l’environnement et du cadre de vie. Après une participation en 2014, une défaite puis un mandat d’opposition, il accède à la mairie en 2020. Sa jeunesse, affirme-t-il, n’a pas été un obstacle : « Plutôt de la bienveillance. »

    La circulation demeure l’un des sujets les plus sensibles dans la commune. Pour Jérôme Pescina, les collectivités savent faire mais se retrouvent paralysées par les procédures imposées par l’État.

    Il résume ainsi la situation :

    « Faire une route, on sait faire. Ce sont les temps administratifs et toutes les études nécessaires qui bloquent nos actions. »

    Le cas le plus emblématique reste le doublement de l’avenue Marcel-Dassault, avec voie bus, covoiturage et piste cyclable. Dossier ouvert en 2014, toujours aucun travaux. Le maire regrette aussi que les études environnementales se focalisent sur les impacts négatifs, sans intégrer les bénéfices : baisse de pollution, mobilités douces, qualité de l’air.

    Martignas atteint 16 % de logements sociaux. Jérôme Pescina rappelle le mécanisme défavorable des communes périurbaines : chaque logement social construit peut être compensé par une division parcellaire qui augmente le nombre total de résidences principales. Pour contrer cette tendance, la municipalité impose désormais 30 % de logements sociaux dans chaque nouvelle résidence.

    La future zone d’activité Bassin Avenue, longtemps ralentie par des avis administratifs contradictoires, est désormais validée. Elle accueillera artisans et petites industries dans un cadre pensé pour les mobilités actives.

    Martignas accueille également Dassault Aviation, où sont fabriquées toutes les ailes du Rafale. Les perspectives liées aux nouvelles commandes impliqueront un besoin accru de sous-traitance, que la commune anticipe en développant ses capacités d’accueil.

    Face au poids des normes, Jérôme Pescina plaide pour une décentralisation effective, une confiance accrue dans les élus locaux et une simplification réelle des procédures.

    La commune accueille le 13ᵉ régiment de Dragons parachutistes. Jérôme Pescina insiste sur la nécessité d’une armée modernisée et se dit favorable au service militaire volontaire pour renforcer la cohésion nationale.

    À l’échelle métropolitaine, il supervise le Parc des Jalles, 6 000 hectares mêlant milieux naturels, agriculture et zones humides. L’action porte sur la protection, la régulation et la découverte de ce territoire essentiel.